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– C’est ici que vous vous installerez, me dit Monsieur Floche; – et, comme je me récriais:

– Non, non; moi, je suis accoutumé au réduit; à dire vrai, je m’y sens mieux; il me semble que ma pensée s’y concentre. Occupez la grande table sans vergogne; et, si vous y tenez, pour que nous ne nous dérangions pas, nous pourrons baisser le rideau.

– Oh! pas pour moi, protestai-je; jusqu’à présent, si pour travailler j’avais eu besoin de solitude, je ne…

– Eh bien! reprit-il en m’interrompant, nous le laisserons donc relevé. J’aurai, pour ma part, grand plaisir à vous apercevoir du coin de l’œil. (Et, de fait, les jours suivants, je ne levais point la tête de dessus mon travail sans rencontrer le regard du bonhomme, qui me souriait en hochant la tête, ou qui, vite, par crainte de m’importuner, détournait les yeux et feignait d’être plongé dans sa lecture.)

Il s’occupa tout aussitôt de mettre à ma facile disposition les livres et les manuscrits qui pouvaient m’intéresser; la plupart se trouvaient serrés dans le carto

– J’ai bien entrepris, continua-t-il, un mémoire à son sujet; et je me félicite aujourd’hui de n’en avoir encore do

Je me défendis de nouveau:

– Tout le mérite de ma thèse, c’est à votre obligeance que je le devrai. Au moins en accepterez-vous la dédicace, Monsieur Floche, comme une faible marque de ma reco

Il sourit un peu tristement:

– Quand on est si près de quitter la terre, on sourit volontiers à tout ce qui promet quelque survie.

Je crus malséant de surenchérir à mon tour.

– À présent, reprit-il, vous allez prendre possession de la bibliothèque, et vous ne vous souviendrez de ma présence que si vous avez quelque renseignement à me demander. Emportez les papiers qu’il vous faut… Au revoir!… et comme en descendant les trois marches, je retournais vers lui mon sourire, il agita sa main devant ses yeux: – À tantôt!

J’emportai dans la grande pièce les quelques papiers qui devaient faire l’objet de mon premier travail. Sans m’écarter de la table devant laquelle j’étais assis, je pouvais distinguer Monsieur Floche dans sa portioncule: il s’agita quelques instants; ouvrant et refermant des tiroirs, sortant des papiers, les rentrant, faisant mine d’homme affairé… Je soupço

De mon côté je feignais de m’absorber dans mon travail; mais j’avais grand-peine à tenir en laisse ma pensée; et je n’y tâchais même pas; elle tournait autour de la Quartfourche, ma pensée, comme autour d’un donjon dont il faut découvrir l’entrée. Que je fusse subtil, c’est ce dont il m’importait de me convaincre. Romancier, mon ami, me disais-je, nous allons donc te voir à l’œuvre. Décrire! Ah, fi! ce n’est pas de cela qu’il s’agit, mais bien de découvrir la réalité sous l’aspect… En ce court laps de temps qu’il t’est permis de séjourner à la Quartfourche, si tu laisses passer un geste, un tic sans t’en pouvoir do

Alors je reportais mes yeux sur Monsieur Floche; il s’offrait à moi de profil; je voyais un grand nez mou, inexpressif, des sourcils buisso

La cloche du second déjeuner me surprit au milieu de ces réflexions.

III

C’est à ce déjeuner que, sans précaution oratoire, brusquement, Monsieur Floche m’amena en présence du ménage Saint-Auréol. L’abbé du moins, la veille au soir, aurait bien pu m’avertir. Je me souviens d’avoir éprouvé la même stupeur, jadis, quand, pour la première fois, au Jardin des Plantes, je fis co

Le baron Narcisse de Saint-Auréol portait culottes courtes, souliers à boucle très apparente, cravate de mousseline et jabot. Une pomme d’Adam, aussi proéminente que le menton, sortait de l’échancrure du col et se dissimulait de son mieux sous un bouillon de mousseline; le menton, au moindre mouvement de la mâchoire faisait un extraordinaire effort pour rejoindre le nez qui, de son côté, y mettait de la complaisance. Un œil restait hermétiquement clos; l’autre, vers qui remontait le coin de la lèvre et tendaient tous les plis du visage, brillait clair, embusqué derrière la pommette et semblait dire: Attention! je suis seul, mais rien ne m’échappe.

Madame de Saint-Auréol disparaissait toute dans un flot de fausses dentelles. Tapies au fond des manches frisso

– Il y eut un temps, ma sœur, où l’on témoignait au nom de Saint-Auréol plus d’égards…

À qui en avait-elle? Sans doute tenait-elle à me faire sentir, et à faire sentir à sa sœur, que je n’étais pas ici chez les Floche; car elle continua, inclinant la tête de côté, minaudière, et levant vers moi sa main droite:

– Le baron et moi, nous sommes heureux, Monsieur, de vous recevoir à notre table.

Je do

[1] Gérard fait erreur: phoenicopterus antiquorum n’a pas le bec en spatule.