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Elle s’arrêta quelques instants.

– Vous savez à présent ce que vous désiriez savoir. Si je continuais mon histoire, ce serait celle d’une autre femme où vous ne reco

Déjà je reco

À présent je ramassais les menus objets de la corbeille renversée, qui s’étaient éparpillés sur le sol. Je ne me sentais plus aucun désir de la questio

– Je chercherai à do

– Ah! vous chantez?

– Oui; et je joue du piano. Dans le temps j’ai beaucoup travaillé. J’étais élève de Thalberg… J’aime aussi beaucoup la poésie.

Et comme je ne trouvais rien à lui dire:

– Je suis sûre que vous en savez par cœur! Vous ne voudriez pas m’en réciter?

Le dégoût, l’écœurement de cette trivialité poétique achevait de chasser l’amour de mon âme. Je me levai pour prendre congé d’elle.

– Quoi! vous partez déjà?

– Hélas! vous sentez bien vous aussi qu’il vaut mieux maintenant que je vous quitte. Figurez-vous qu’auprès de vos parents, à l’automne dernier, dans la torpeur de la Quartfourche, je m’étais endormi, que je m’étais épris d’un rêve, et que je viens de m’éveiller. Adieu.

Une petite forme claudicante apparut à l’extrémité tournante de l’allée.

– Je crois que j’aperçois Casimir, qui sera content de me revoir.

– Il vient. Attendez-le.

L’enfant se rapprochait à petits bonds; il portait un râteau sur l’épaule.

– Permettez-moi d’aller à sa rencontre. Il serait peut-être gêné de me retrouver près de vous. Excusez-moi… Et brusquant mon adieu de la manière la plus gauche, je saluai respectueusement et partis.

Je ne revis plus Isabelle de Saint-Auréol et n’appris rien de plus sur elle. Si pourtant: lorsque je retournai à la Quartfourche l’automne suivant, Gratien me dit que, la veille de la saisie du mobilier, abando

– Voyez-vous, Monsieur Lacase, ajoutait-il sentencieusement, – elle n’a jamais pu rester seule; il lui en a toujours fallu un.

La bibliothèque de la Quartfourche fut vendue au milieu de l’été. Malgré les instructions que j’avais laissées, je ne fus point averti; et je crois que le libraire de Caen qui fut appelé à présider la vente se souciait fort peu de m’y inviter non plus qu’aucun autre sérieux amateur. J’appris ensuite avec une stupeur indignée que la Bible fameuse s’était vendu 70 fr. à un bouquiniste du pays; puis revendue 300 fr. aussitôt après, je ne pus savoir à qui. Quant aux manuscrits du XVIIe siècle, ils n’étaient même pas mentio

J’eusse voulu du moins assister à la vente du mobilier, car je me proposais d’acheter quelques menus objets en souvenir des Floche; mais prévenu trop tard je ne pus arriver à Pont-l’Évêque que pour la vente des fermes et de la propriété. La Quartfourche fut acquise à vil prix par le marchand de biens Moser-Schmidt, qui se disposait à convertir le parc en prairies, lorsqu’un amateur américain la lui racheta; je ne sais trop pourquoi, car il n’est pas revenu dans le pays, et laisse parc et château dans l’état que vous avez pu voir.

Peu fortuné comme j’étais alors, je pensais n’assister à la vente qu’en curieux, mais, dans la matinée, j’avais revu Casimir, et, tandis que j’écoutais les enchères, une telle angoisse me prit à songer à la détresse de ce petit que, soudain, je résolus de lui assurer l’existence sur la ferme que souhaitait occuper Gratien. Vous ne saviez pas que j’en étais devenu propriétaire? Presque sans m’en rendre compte j’avais poussé l’enchère; c’était folie; mais combien me récompensa la triste joie du pauvre enfant…

J’allai passer les vacances de Pâques et celles de l’été suivant dans cette petite ferme, chez Gratien, près de Casimir. La vieille Saint-Auréol vivait encore; nous nous étions arrangés tant bien que mal pour lui laisser la meilleure chambre; elle était tombée en enfance, mais pourtant elle me reco

– Que c’est aimable, Monsieur de Las Cases! Que c’est aimable à vous, répétait-elle quand elle me revit d’abord. Car elle s’était flatteusement persuadée que j’étais revenu dans le pays uniquement pour lui rendre visite.

– Ils font des réparations au château. Cela sera très beau! me disait-elle confidentiellement, comme pour m’expliquer son dénuement, ou se l’expliquer à elle-même.

Le jour de la vente du mobilier, on l’avait d’abord sortie sur le perron du salon, dans son grand fauteuil à oreillettes; l’huissier lui fut présenté comme un célèbre architecte venu de Paris tout exprès pour surveiller les travaux à entreprendre (elle croyait sans peine à tout ce qui la flattait), puis Gratien, Casimir et Delphine l’avaient transportée jusque dans cette chambre qu’elle ne devait plus quitter, mais où elle vécut encore près de trois ans.

C’est pendant ce premier été de villégiature sur ma ferme, que je fis co

La nuit était bien avancée lorsque Gérard acheva son récit. C’est pourtant cette même nuit que Jammes, avant de s’endormir, écrivit sa quatrième élégie:

Quand tu m’as demandé de faire une élégie sur ce domaine abando

Fin.

(1911)


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