Добавить в цитаты Настройки чтения

Страница 35 из 91

En effet, Fernande, comme nous l’avons dit, n’avait adopté cette vie de bruit et d’agitation que pour échapper à elle-même, et, tant qu’elle volait emportée par deux vigoureux chevaux, tant qu’elle se laissait aller à l’enivrement de la voix de Duprez ou de Rubini, tant qu’elle souriait du délicieux sourire de mademoiselle Mars dans l’ancie

Et alors c’était quelque chose d’effrayant que l’abattement de Fernande, et elle-même craignait si fort la solitude, qu’elle retenait autour d’elle même les plus e

C’était pendant ces courts instants de calme que Fernande s’interrogeait sur ce qu’elle avait fait, et se demandait si elle avait fait ce qu’elle devait faire; c’était alors qu’elle essayait de s’expliquer une conduite que l’instinct seul lui avait suggérée; c’était alors qu’elle cherchait à se rendre compte du passé.

– Pourquoi l’avoir chassé? disait-elle. Quel était son crime? De m’aimer, de m’avoir caché qu’il était marié, parce qu’il m’aimait, de me préférer, par conséquent, à sa femme, à celle que l’orgueil et les conventions sociales lui avaient imposée avant qu’il me co

Et Maurice souffrait effectivement, comme le disait Fernande. Chaque jour, depuis le jour où elle l’avait consigné à sa porte, il était revenu à l’heure où il avait l’habitude de venir. Alors il y avait pour Fernande un moment de douloureuse satisfaction; Maurice, pâle et tremblant, venait s’assurer que l’ordre qui le proscrivait subsistait toujours, et chaque jour elle voyait s’éloigner Maurice plus pâle et plus tremblant que la veille; cependant aucune plainte ne s’échappait de sa bouche: il remontait en voiture, la voiture disparaissait à l’angle de la rue, et tout était dit. Fernande, cachée derrière un rideau, la main sur son cœur, qui tantôt se resserrait comme s’il avait cessé de battre, tantôt se dilatait comme s’il allait lui briser la poitrine, ne perdait pas un de ses mouvements, et, s’approchant de la porte de l’antichambre, aspirait le son de sa voix. Puis, lui parti, la voiture disparue, elle tombait sur un fauteuil, l’appelant du fond de son cœur, et cependant ne cédant pas. Pourquoi? Parce que la vue de Maurice avait fait naître un autre ordre d’idées dans son esprit, en y éveillant les mystères les plus secrets de la jalousie. En effet, si, avec la co

Mais bientôt un tourment plus affreux attendait Fernande. Un matin, à l’heure où Maurice avait l’habitude de venir s’assurer que son malheur était toujours le même, Maurice ne parut pas. Alors une jalousie inouïe, inco

Alors ce fut au tour de Fernande, sous un long châle, sous un voile épais, d’aller errer autour de l’hôtel de la rue de Vare

Et cependant Fernande continuait la même existence; les mêmes plaisirs apparents revenaient aux heures qui leur étaient consacrées; par une réaction terrible sur elle-même, Fernande avait la force de vivre au milieu de ses frivoles adorateurs; elle souriait courageusement à M. de Montgiroux, sa toilette dénonçait les mêmes soins. Le soir, on voyait ses chevaux gris piaffer à la porte des théâtres; le jour, on voyait sa voiture traverser rapidement les allées du Bois. À l’Opéra, elle semblait attentive à la voix des chanteurs; au Théâtre-Français elle continuait d’applaudir Célimène ou Hortense; l’encens de la flatterie formait un nuage vaporeux autour de sa tête resplendissante de jeunesse, étincelante de diamants; elle vivait enfin dans une atmosphère où la beauté, promptement étiolée, laisse un corps sans charme, une âme froide, un cœur vide, un esprit épuisé, et, pour la première fois, comprenant l’importance de la richesse, elle y attachait du prix. Fernande avait de fréquentes entrevues avec son notaire; elle achetait des terres.