Страница 11 из 91
– Eh bien, ce jour-là est aujourd’hui, et je ne vous ai pas envoyé chercher à d’autre fin que de vous avoir près de nous, au contraire, dans cette grave circonstance.
– Mais, madame, s’écria le comte, songez donc qu’il m’est impossible; avec mon caractère… justiciable comme je le suis de l’opinion publique…
– Silence! dit la baro
En effet, en ce moment même, la jeune femme ouvrait la porte du salon.
CHAPITRE IV
Clotilde venait a
En apprenant la cause secrète de la maladie de Maurice, madame de Barthèle et Clotilde, l’une dans un premier mouvement d’amour maternel, l’autre dans un élan de dévouement conjugal, avaient pris la résolution que nous avons dite, résolution que, dans l’inflexibilité de son devoir, qui veut d’abord qu’à quelque prix que ce soit le médecin sauve le malade, le docteur leur avait suggérée. Cette résolution était l’effet d’un sentiment trop naturel et trop légitime pour qu’elles songeassent un seul instant, l’une ou l’autre, au ridicule de la situation dans laquelle la présence d’une femme qui avait été la maîtresse de Maurice allait les placer. Mais M. de Montgiroux, qui, comme on a dû le remarquer, n’était pas l’homme du premier mouvement, avait entrevu tout de suite ce que l’admission d’une femme galante dans la maison de sa nièce avait d’irrégulier et de choquant; en outre, je ne sais quelle inquiétude le préoccupait à l’endroit de cette femme, et lui faisait désirer de ne pas se rencontrer avec elle en présence de la baro
Elle venait, comme nous l’avons dit, a
Madame de Barthèle et M. de Montgiroux se levèrent aussitôt et suivirent Clotilde.
Le comte montait l’escalier en cherchant dans son esprit par quel moyen il pourrait sortir d’embarras, lorsque tout à coup, dirigeant au travers d’une fenêtre, ses regards sur la cour, madame de Barthèle s’écria:
– Ah! voici M. Fabien de Rieulle; nous allons savoir quelque chose de nouveau.
– En effet, Fabien entrait dans la cour, à pic sur un tilbury.
– En ce cas, ma chère enfant, dit M. de Montgiroux en s’arrêtant sous l’impression spontanée d’une terreur dont il ne pouvait pas se rendre compte, retourne auprès de ton mari; dans un instant je suis près de toi; mais, comme madame de Barthèle, j’ai hâte de savoir quelle nouvelle nous apporte ce monsieur.
Et il s’élança après la baro
Ce nouveau venu, sur lequel force nous est de jeter les yeux, tandis qu’il saute légèrement de son tilbury et qu’il monte les marches du perron en rajustant le léger désordre qu’une course rapide avait amené dans sa toilette, était un jeune homme de vingt-sept à vingt-huit ans, beau garçon dans toute l’acception du mot, et qui, à des yeux superficiels, pouvait passer pour un homme d’une suprême élégance. C’était, comme nous l’avons dit, l’ami ou plutôt le compagnon de Maurice; car, lorsque nous aurons à mettre ce dernier en scène, nous essayerons de démontrer quelle nuance imperceptible aux regards vulgaires creusait cependant un abîme entre ces deux hommes.
Grâce à l’empressement de M. de Montgiroux, et à sa co
– Eh bien, mon cher monsieur de Rieulle, dit la mère de Maurice, que venez-vous nous apprendre? Parlez, parlez!
Mais, comme le jeune homme ouvrait la bouche pour répondre, il reco
Madame de Barthèle s’aperçut qu’à cette vue une légère hésitation se peignait sur la figure de Fabien.
– Oh! cela ne fait rien, dit-elle; parlez, parlez! M. de Montgiroux est du complot.
Fabien regarda M. de Montgiroux, et son hésitation parut se changer en éto
– Eh bien, madame, répondit Fabien, tout a réussi selon vos désirs et selon nos espérances: la perso
– Et quand l’entrevue doit-elle avoir lieu? demanda madame de Barthèle avec une sorte d’anxiété. N’oublions pas que chaque moment de retard peut compromettre la vie de Maurice.
– Le rendez-vous est do
Et Fabien jeta un regard sur le comte, pour voir quel effet produirait sur lui l’a
– Elle n’a point fait de difficultés? demanda madame de Barthèle.
– Il n’a été question, répondit le jeune homme, que d’une simple visite à la campagne; une maison à vendre a été le prétexte dont Léon de Vaux s’est servi pour déterminer la perso
– Mais alors ne craignez-vous pas qu’elle ne refuse d’aller plus loin?
– Quand elle saura la situation dans laquelle se trouve Maurice, j’espère que le souvenir d’une ancie
– Oui, et j’espère comme vous, dit madame de Barthèle enchantée.
– Mais, monsieur, demanda le comte d’une voix qui, malgré toute la puissance de l’homme d’État sur lui-même, n’était pas exempte d’émotion, comment s’appelle cette perso
– Comment! vous ne savez pas de qui il est question? demanda Fabien.
– Aucunement. Je sais qu’il est question d’une femme jeune et jolie; mais vous n’avez pas encore prononcé son nom.
– Alors, vous l’ignorez?
– Complètement.
– Elle se nomme madame Ducoudray, répondit Fabien de Rieulle en s’inclinant avec le plus grand sang-froid.
– Madame Ducoudray? répéta M. de Montgiroux avec un sentiment visible de joie. Je ne la co