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– Non, monsieur le comte, reprit le docteur, pas dans une amourette, mais dans une passion.
– Mais éprouve-t-on une passion véritable pour une femme qui en paraît aussi indigne que l’est celle dont parle madame de Barthèle?
– Il y a être et paraître, dit le docteur.
– Mais, à votre avis, cette femme n’est donc point telle qu’on la dépeint?
– D’abord, je ne la co
– Tout cela n’est pas ce qui m’éto
– Et quelle chose vous éto
– Ce qui m’éto
– Mais véritablement, ma chère baro
– Ah! Clotilde a été sublime de dévouement, n’est-ce pas, docteur? Elle s’est jetée dans mes bras en me disant: «Oh! nous le sauverons, n’est-ce pas, nous le sauverons?» C’est que les femmes seules savent aimer, voyez vous.
– Malade d’amour! reprit le Comte ne pouvant revenir de sa surprise.
– Oui, malade d’amour, répéta madame de Barthèle avec une espèce d’enthousiasme maternel moitié sérieux, moitié comique; qu’y a-t-il d’éto
– Malheureusement, reprit le comte d’un ton sec, Maurice ne peut pas épouser, lui, puisqu’il est déjà marié. Il n’a donc, si sa passion est aussi forte que celle de la perso
– Voilà donc ce que vous feriez, vous, monsieur, pour Maurice, pour votre…?
Un regard du comte l’arrêta.
– Eh bien, nous ferons mieux, sa femme et moi: nous le sauverons.
– D’abord, la situation était-elle bien aussi grave que vous le dites?
– Très-grave, monsieur le comte, dit le docteur; si grave, qu’hier, je n’eusse pas osé répondre des jours du malade.
– Mais c’est incroyable!
– Non, monsieur le comte, rien n’est incroyable pour nous autres qui voyons la médecine au point de vue de la philosophie. Pourquoi voulez-vous qu’une violente commotion morale ne produise pas, surtout dans une organisation aussi nerveuse que celle de Maurice, un désordre égal à celui que peut produire la pointe d’une épée ou la balle d’un pistolet? Vous dites que vous avez quelque co
– Et quel est ce remède dont vous allez essayer?
– Oh! mon Dieu, il n’est pas nouveau, monsieur le comte, car il date de deux mille cinq cents ans. Vous co
– Oui.
– Eh bien, nous ferons passer devant le malade l’objet de sa passion, et, comme, à ce qu’on assure, la dame n’est pas d’une vertu farouche, nous serons bien malheureux si elle ne guérit point le mal qu’elle a fait.
– Mais cette femme, cette femme, continua M. de Montgiroux, comment l’appelle-t-on?
– Oh! mon Dieu, reprit madame de Barthèle, je crois que ces messieurs me l’ont dit; mais je vous avoue que je ne me le rappelle plus.
– Maintenant de quelle façon opérerez-vous cette cure? Maurice, d’après ce que vous me dites, est trop faible pour aller chez elle.
– Eh bien, dit madame de Barthèle, elle viendra ici, voilà tout.
– Quoi! cette femme dont vous ne co
– Elle peut s’appeler comme il lui plaira, pourvu qu’elle rende la vie à mon fils, voilà tout ce que je lui demande.
– Mais que dira le monde en vous voyant recevoir chez vous une demoiselle de cette espèce?
– Le monde dira ce qu’il voudra; d’ailleurs, est-ce que le monde lit les ordo
– Mais, au contraire, cela ne répond à rien, reprit le comte. Encore une fois, songez à ce qu’on peut penser, à ce qu’on va dire.
– On ne dira rien, on ne pensera rien du moment que je suis là, moi. J’ai, Dieu merci, quelque autorité. Mon fils est mourant, on respectera ma douleur.
– Les mauvais plaisants ne respectent rien.
– Je leur imposerai silence.
– Ainsi, c’est une résolution prise?
– Irrévocablement.
– Et que le docteur approuve?
– Non-seulement je l’approuve, dit celui-ci, mais je la conseille, et, au besoin, je l’ordo
– Alors je n’ai plus rien à dire, reprit le comte, si ce n’est qu’il faut éloigner Clotilde.
– Malheureusement, Clotilde s’est déjà prononcée là-dessus; elle consent à tout, mais à la condition qu’elle restera.
– Ainsi, ma nièce se trouvera sous le même toit que cette femme?
– Je m’y trouve bien, moi, monsieur!
– Alors, n’en parlons plus, puisqu’il faut toujours faire ce que vous voulez; seulement, quel jour cette scène dramatique doit-elle avoir lieu?
– Dans quel but me faites-vous cette question?
– Dans le but de rester à Paris ce jour-là, voilà tout.