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– Pourquoi donc songez-vous à acheter ces brochures, lui dis-je, elles sont dépourvues d'intérêt.
– Mais non, mais non, répondit-il; regardez donc! Il y a là d'excellents petits livres, de très gentils petits livres!
Il traînait si pitoyablement ces derniers mots d'une voix chantante que j'eus l'impression qu'il était sur le point de pleurer de chagrin parce que les beaux livres coûtaient si cher. Je croyais voir déjà une larme perler à ses yeux pour glisser le long de ses joues pâles et de son nez rouge. Je lui demandai combien il avait d'argent. «Voici», expliqua le malheureux en sortant toutes les pièces de mo
Je l'entraînai aussitôt vers mon bouquiniste. «Ces onze volumes ne coûtent ensemble, lui dis-je, que trente-deux roubles et demi en assignats. J'ai déjà trente roubles, ajoutez deux roubles et demi et nous achèterons tous ces livres pour en faire cadeau en commun à Petinka.»
Le vieux était fou de joie; il versa sur la table toutes les pièces de mo
– Écoutez-moi, commença-t-il timidement d'une voix mal assurée. Écoutez-moi, Varvara Alexéievna… Savez-vous quoi, Varvara Alexéievna?…
Il paraissait tout à fait bouleversé.
– Voici quoi: Quand viendra son a
Ici le vieux se troubla et se tut. Je le regardai: il attendait ma décision avec une timidité anxieuse.
– Pourquoi donc renoncez-vous à lui faire un cadeau en commun avec moi, Zahar Petrovitch?
– C'est que, Varvara Alexéievna, c'est que… Je pensais… je… parce que…
Bref, il acheva de se troubler, rougit, s'embarrassa dans sa phrase et parut tout à coup cloué sur place.
– Voyez-vous, m'expliqua-t-il finalement, voyez-vous, Varvara Alexéievna, il m'arrive parfois de prendre le mauvais chemin… c'est-à-dire que je crois devoir vous informer que je prends presque toujours le mauvais chemin, que je recommence constamment… je suis priso
Une immense pitié me vint pour le vieux. Je ne fus pas longue à me décider. Il continuait à me regarder avec inquiétude.
– Écoutez-moi, Zahar Petrovitch, lui dis-je, vous lui do
– Comment ça, tous? Lui do
– Mais oui, tous.
– Les do
– Oui, de votre part.
– C'est-à-dire, comme si cela venait de moi?
– Mais oui, de vous, de vous…
Je le lui avais dit assez clairement, semble-t-il, mais il lui fallut du temps pour comprendre.
– Soit, reprit-il d'un air songeur, soit! Ce serait très bien, ce serait vraiment bien, mais vous, Varvara Alexéievna, que ferez-vous en ce cas?
– Moi, c'est simple, je ne do
– Comment?! s'écria le vieux, qui parut s'effrayer soudain, comment? vous ne do
Il était consterné, et aurait été prêt à cet instant, je crois, à renoncer à son projet, afin que je puisse, moi aussi, do
Le grand jour arriva, et le vieux se présenta à onze heures précises, tout de suite après la messe. Il était en habit décemment rapiécé, et portait effectivement un nouveau gilet ainsi que des souliers neufs. Il tenait dans chaque main un paquet de livres. Nous nous trouvions tous, à ce moment, chez A