Добавить в цитаты Настройки чтения

Страница 9 из 53

Je m'assis sur ma couchette, en m'agrippant à son bord comme si j'étais perché sur la corniche d'un abîme. Et cette corniche penchait de plus en plus en me faisant perdre la notion du haut et du bas. C'est après avoir imploré que je saisis le sens de mon chuchotement:

«Il faut faire quelque chose, je ne veux pas mourir! Pas maintenant…»

Je ne savais pas si le conseiller m'avait entendu. Mais c'est du fond de cet abîme, me sembla-t-il, qu'une minute après retentit sa voix. Il parlait d'un ton monocorde comme s'il s'adressait à lui-même et comme si son récit se poursuivait déjà depuis un moment. Éto

… C'était une ville, ou plutôt quelques rues surgies au milieu d'un désert d'Asie centrale. Des maisons de quatre étages, toutes identiques, aux fenêtres vides, aux embrasures de portes béantes, comme si les constructeurs avaient interrompu leurs travaux juste avant les finitions. Cependant, les habitants se montraient déjà – on voyait tantôt un visage dans l'ouverture d'une fenêtre, tantôt, quand le soleil inondait l'intérieur d'une pièce, une silhouette humaine tout entière. Dehors, dans des enclos protégés du soleil par de la tôle ondulée, des animaux dormaient ou traînaient le long de la clôture. Un troupeau de moutons, quelques chameaux, des chevaux, des chiens. Une seule route menait dans cette ville et, après avoir relié ces trois ou quatre rues, s'enlisait dans le sable. Sur le carrefour central se dressait un énorme cube formé de planches bien ajustées qui faisait songer au coffrage d'une statue qu'on se serait apprêté à exhiber devant le public lors d'une célébration toute proche…

La violence de la vague qui s'abattit sur le cargo fut telle que tous les bruits cessèrent pendant quelques secondes. Il était impossible de comprendre si c'était les machines qui s'étaient arrêtées brusquement ou bien la terreur qui paralysait tous mes sens. Le bateau gîtait, glissant de plus en plus vite sur une pente liquide, et semblait ne plus pouvoir interrompre cette fuite. Et c'est dans ce silence, comme pour briser son envoûtement et relancer la marche des machines, que réso

«Le cube sur la place centrale, c'était notre première bombe atomique. Et les habitants, des priso

Il se tut et je devinai que son silence guettait. Il semblait évaluer le tambourinement des pas au-dessus de nos têtes, les associer aux cris qui se répondaient derrière la porte, mesurer ces bruits au déchaînement de la tempête. Sa voix qui reprenait le récit do

«Moins d'un an après, il ne restait rien de cet orgueil. Je sillo