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Catherine vit la reine Yolande descendre vivement les marches du perron et s'avancer, les deux mains tendues, un rayo

D'où elle était, Catherine ne pouvait entendre ce qui disait, mais elle remarqua qu'entre la duchesse-reine et le chef de guerre l'entente semblait complète, absolue et en tira un profond réconfort. Elle se souvenait de la sympathie que Richemont avait toujours montrée à Arnaud et de l'obstination avec laquelle cet homme de fer menait ses affaires. Yolande, Richemont, c'étaient les deux indestructibles piliers sur lesquels elle comptait bâtir l'avenir de son petit Michel.

Une demi-heure plus tard, enfouie dans un grand cuveau plein d'eau chaude et parfumée, elle avait presque oublié et sa misère des derniers jours et sa fatigue. Les yeux clos, le cou appuyé au rebord habillé de draps, Catherine se laissait aller, corps abando

Oui, elle était toujours aussi belle et c'était bon de le savoir !

Sara dormait dans le réduit où on l'avait portée plutôt que conduite.

C'était tout juste si elle avait ouvert un œil entre la galerie du bord de l'eau et son lit, mais, pour une fois, Catherine pouvait se passer d'elle.

Maintenant, le lit était prêt, l'eau du bain couverte de plaques grisâtres qui en disaient long sur le degré de crasse que Catherine avait apportée d'Auvergne et l'une des caméristes tendait déjà un drap chauffé au feu pour en envelopper la baigneuse. Celle-ci se leva et demeura un instant debout dans la cuve, chassant, de ses deux paumes, les gouttelettes qui roulaient sur ses hanches. Au même instant, les dalles de l'étroite galerie, au- dehors, claquèrent sous un pas rapide chaussé de fer, la porte s'ouvrit sous la poussée d'une main péremptoire et un homme entra dans la chambre.

Son exclamation de stupeur fit écho au cri horrifié de Catherine. De l'homme si soudainement apparu, ses yeux agrandis ne détaillèrent rien, ils virent seulement que c'était presque un géant et qu'il était blond. D'un geste brusque, elle arracha le drap des mains de la servante et s'en drapa sans se soucier de le tremper à moitié.

— Comment osez-vous ? Sortez ! Sortez immédiatement ! s'écria-t-elle.

Le spectacle qui s'était offert à lui, joint à l'apostrophe furieuse de Catherine, avait plongé l'arrivant dans une complète stupeur. Il arrondit les yeux, ouvrit la bouche sans parvenir à articuler une seule parole tandis que Catherine, outrée, hurlait :

— Eh bien, qu'attendez-vous ? Je vous ai déjà dit de sortir ! Vous devriez être loin !

Apparemment, il était changé en pierre et, quand enfin il retrouva l'usage de la parole, ce fut pour bredouiller :

— Qui... qui êtes-vous ?

— Cela ne vous regarde pas ! Et quant à vous, je peux vous dire ce que vous êtes : un malappris ! Allez- vous-en !

— Mais..., commença le malheureux.

— Pas de mais ! Vous êtes encore là ?

Folle de colère, Catherine ramassa dans la cuve une grosse éponge et la projeta vigoureusement, toute gonflée d'eau, sur l'e

— Eh bien ? fit-elle d'un ton sec.

— Est-ce que la noble dame sait qui elle vient de traiter comme voilà ? articula enfin l'une d'elles. C'était monseigneur Pierre de Brézé

! Il tient de fort près à Madame la Reine dont il est très écouté. De plus...

— Cela suffit ! coupa Catherine. Eût-il été le Roi en perso

Catherine avait chassé de sa pensée, avec quelque humeur, l'indiscret visiteur et souhaitait surtout ne plus le rencontrer car elle avait conscience de la position ridicule où il l'avait mise. Ce fut pourtant lui qu'elle vit le premier quand, le lendemain matin, elle pénétra dans la grande salle du château où la duchesse-reine l'avait fait appeler, mais, chose bizarre, elle en fut moins affectée qu'elle ne l'eût cru. Une bo

Yolande, devant son évident dénuement, lui avait envoyé quelques robes à choisir. Celle que Catherine avait revêtue était de lourd brocart noir sous un surcot de drap d'argent ourlé de zibeline. Le grand he

Il n'y avait là, hormis la reine et elle-même, que des hommes, en petit nombre d'ailleurs, sept ou huit, dont le plus grand était Pierre de Brézé et le plus imposant le co

La salle était immense et Catherine dut vaincre une soudaine timidité pour s'y engager. Des ba

En la rejoignant, Arthur de Richemont s'inclina devant elle, et, offrant son poing fermé pour qu'elle y posât sa main, dit doucement :

— La bienvenue parmi nous, Madame de Montsalvy ! Plus que quiconque nous sommes heureux de vous voir, vous qui avez tant souffert pour une cause qui est nôtre ! Votre époux était encore bien jeune lorsqu'il combattit à mes côtés, à Azincourt, mais sa vaillance le faisait déjà remarquer. Je l'aimais profondément et j'ai le cœur navré de sa mort !

Débarrassé du heaume, le visage volontaire du prince breton - il devait succéder à son père comme duc de Bretagne - ravagé de balafres ancie