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— Mon enfant, dit-elle doucement, vous voici enfin ! Il y a si longtemps que je désire vous voir.
Une profonde émotion s'empara de Catherine. Elle avait tant souhaité se retrouver là, à cette place de suppliante aux pieds de la seule femme en qui elle eût confiance dans l'entourage du Roi, de tendre vers la reine de Sicile ses mains désarmées et implorantes, d'attendre d'elle aide et secours, qu'elle fut incapable de répondre.
Cachant son visage dans ses mains tremblantes, elle éclata en sanglots.
Un instant, Yolande contempla la mince forme écroulée devant elle dans ses vêtements usagés. Elle aussi avait noté la lassitude du ravissant visage, le désespoir des yeux violets, toute cette douleur que chaque trait de Catherine, chacun de ses gestes proclamaient. Puis, avec une exclamation de pitié, elle se leva, saisit la jeune femme dans ses bras et, comme l'eût fait l'humble Sara, appuya maternellement contre son épaule le doux visage en larmes.
— Pleurez, mon petit, murmura-t-elle, pleurez ! Les larmes soulagent.
Sans lâcher Catherine, elle se détourna légèrement, éleva la voix.
1 Le futur et célèbre roi René.
— Laissez-nous, Madame de Chaumont ! Vous reviendrez dans un moment. Jusque-là, faites préparer une chambre pour Madame de Montsalvy.
La dame d'ho
— Causons entre femmes, si vous voulez bien, Catherine ! Si j'ai envoyé Frère Étie
— Nous avons été traqués, poursuivis, proscrits comme des criminels, ruinés et privés de tout. Nous serions morts à l'heure qu'il est si le comte de Pardiac n'était venu à notre aide. Mon fils n'a plus de nom, plus de terre... et mon époux est lépreux ! fit Catherine sombrement. Que pourrait-il nous arriver de pire ?
Il peut toujours arriver quelque chose de pire, rectifia doucement la Reine, mais ce qu'il importe de faire, maintenant, c'est de rendre au nom de Montsalvy son ancien éclat et de préparer à votre fils l'avenir qui convient. Voyez-vous... j'aimais beaucoup votre époux. Sous des dehors rudes, c'était un parfait gentilhomme et l'un des plus vaillants de ce pays. Les victimes de La Trémoille sont de trop haute valeur pour ne pas les venger comme il convient. Voulez-vous nous aider ?
— Je ne suis venue que pour cela, fit Catherine farouchement, j'attends de Votre Majesté qu'elle veuille bien me guider.
Yolande allait répondre quand un bruyant appel de trompette retentit à l'extérieur du château, déclenchant un immédiat remue-ménage dans l'immense demeure. La duchesse-reine, elle-même, s'était levée et se dirigeait vers la fenêtre qui do
Cependant Yolande d'Aragon frappait du pied avec impatience.
— Pourquoi tout ce vacarme ? Que signifie cette agitation ? Qui donc nous arrive là ?
Comme pour répondre à ses questions, la porte s'ouvrit et Madame de Chaumont reparut, souriante, salua.
— Madame ! C'est Monsieur le Co
L'exclamation de joie de la Reine lui coupa la parole.
— Richemont ! C'est le ciel qui l'envoie ! Je vais l'accueillir.
Elle se tourna vers Catherine avec un geste qui invitait à la suivre, mais se ravisa devant la mine défaite de la jeune femme.
— Allez vous reposer, ma chère, dit-elle avec bonté. Madame de Chaumont va vous conduire. Demain, je vous ferai mander et nous tirerons nos plans.
Silencieusement, Catherine s'inclina et suivit la dame d'ho
Docilement, elle se laissa mener, sans un mot, à une chambre située à l'étage supérieur et dont les deux fenêtres do
Visiblement, elle avait très envie de bavarder, mais, non moins visiblement, Catherine avait surtout besoin de repos et de calme. La petite Madame de Chaumont se contenta donc de lui décocher un sourire éclatant.
— Vous voici chez vous, Madame de Montsalvy. Je vais vous envoyer d'abord votre suivante et ensuite deux caméristes pour vous aider à vous installer. Aimeriez- vous un bain ?
Les yeux de Catherine brillèrent à l'évocation de ce délice oublié.
Un bain ! Il y avait des mois qu'elle n'en avait pris. Dès l'automne il avait fait trop froid dans les rudimentaires étuves de Carlat et, depuis qu'elle avait quitté l'Auvergne, son voyage ne lui avait pas offert pareil confort.
— J'aimerais bien ! fit-elle, rendant son sourire à la jeune femme.
Il me semble que je porte sur moi toutes les boues du royaume !
— C'est l'affaire de quelques instants !
Et A
En bas, une véritable armée de serviteurs en livrée, de pages, d'écuyers, de soldats, de dames et de gentilshommes entouraient un groupe de cavaliers bardés de fer, impressio