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– Oui, s’écria Maurice, oui, je sais tout cela; mais Clotilde est une statue; Clotilde est une enfant sans passions, Clotilde n’aime pas.
Il sembla à Fernande qu’elle entendait un second gémissement. Elle regarda de nouveau autour d’elle, mais, comme elle ne vit perso
– Tout cela était vrai hier, Maurice, tout cela est faux aujourd’hui.
– Que voulez-vous dire? s’écria le jeune homme.
– Que depuis hier, la statue s’est animée; que depuis hier l’enfant est devenue femme, et que la femme est devenue jalouse.
– Jalouse! Clotilde, jalouse! reprit Maurice avec un accent qui n’était pas exempt d’amertume, tant l’amour-propre est un sentiment profondément enraciné dans le cœur de l’homme! Certes, si Clotilde est jalouse, ce n’est point de moi.
– Vous vous trompez, Maurice, c’est de vous, et remerciez Dieu que ce sentiment soit né chez elle d’hier seulement; car qui sait, Maurice, si son cœur eût ressenti depuis trois mois ce qu’il éprouve depuis hier, quels malheurs irréparables pouvaient en résulter pour vous?
– Que voulez-vous dire? demanda Maurice. Expliquez vous, Fernande, car je ne vous comprends pas.
– Mon Dieu! dit Fernande, quel étrange aveuglement est celui des hommes! Vous ne comprenez pas, Maurice, qu’une femme jeune, belle et délaissée…
– Fernande, s’écria Maurice, soupço
– Non, certes, et Dieu m’en garde, répondit la jeune fille.
Puis, comme Maurice demeurait le sourcil froncé.
– Écoutez-moi bien, mon ami, dit-elle, ce que j’ai à vous dire touche un point délicat à traiter; mais on m’a fait pénétrer malgré moi dans votre maison, j’y suis pour y apporter le calme, et, si je le puis, le bonheur à tout le monde. Laissez-moi donc entrer jusque dans le sanctuaire de votre famille. Maurice, votre ho
Le jeune homme releva la tête à ces paroles, et son regard étincela. Fernande avait visé au cœur et avait touché juste; elle le vit et s’en félicita en elle-même.
– Fernande, dit Maurice, que signifie ce langage? Parlez. Aviez-vous quelque chose à m’apprendre? Vous parliez de Clotilde; songez-y, vous parliez de la femme qui porte mon nom.
– Oui, je vous parlais d’elle, Maurice, et je me hâte de vous le dire, l’ombre d’une mauvaise pensée n’a pas encore obscurci son front. Mais savez-vous si votre délaissement n’eût pas altéré bientôt la pureté de son âme, si peu à peu ce nuage d’i
– Oh! de pareilles idées ne seraient jamais venues à Clotilde, s’écria Maurice.
– Oui; mais quand ces idées ne vie
– Fernande! Fernande! s’écria Maurice, prenez garde! je jette en ce moment les yeux autour de moi, et je cherche l’homme que vous voulez dire.
– Vous vous trompez, Maurice, reprit vivement Fernande qui craignait que Maurice ne se laissât emporter plus loin qu’elle ne voulait le conduire. Je n’ai eu l’intention de désigner perso
– Oh! reprit Maurice, malheur à celui qui aurait conçu même une espérance! car je vous jure, Fernande, que cette espérance, s’il ne l’avait pas renfermée au plus profond de son cœur, il la payerait de sa vie.
– Mais vous l’oubliez, Maurice, l’homme que vous menacez, c’est vous-même; le coupable, c’est vous et pas un autre. Il en sera donc toujours ainsi, et votre égoïsme, à vous autres hommes, vous empêchera donc de juger sainement les situations que vous faites. Vous si droit, si loyal, Maurice, est-il possible que dans un seul cas vous ne compreniez pas votre injustice! Comment, vous voulez exiger de votre femme l’observation des lois que vous avez enfreintes, des vertus que vous aviez juré sole
Maurice s’était soulevé sur son coude, et l’on voyait à son poing crispé, à sa respiration haletante, à ses narines dilatées, que l’impression était profonde. Fernande, heureuse d’avoir produit ce résultat et d’avoir jeté dans le cœur qui prétendait n’être plus bon qu’à mourir un nouveau ferment de vie, un principe de crainte inco
– Hélas! Maurice, je vous ai fait rougir tout-à-l’heure de votre égoïsme à vous autres hommes, et cependant nous ne sommes pas meilleures que vous; je vous parle ainsi de votre femme, parce que je l’ai observée avec attention, scrutée avec persévérance. J’avais des raisons pour cela, car si j’avais eu un tort réel à vous signaler, si j’avais reco