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En effet, depuis son arrivée à Fontenay-aux-Roses et la prière que lui avait faite madame de Barthèle de lui consacrer toute sa journée et la matinée du lendemain, le comte paraissait fort préoccupé. Il est vrai que cette préoccupation pouvait aussi bien lui venir de la maladie de Maurice que d’une cause étrangère, mais cela à des yeux étrangers seulement, et il est évident que cette préoccupation, qui n’avait pas tout à fait échappé à madame de Barthèle lui eût été bien autrement visible, sans la préoccupation perso
Arrivée au salon, elle fit donc asseoir le comte, et, revenant aux inquiétudes maternelles qui pour le moment s’étaient emparées de son esprit, sans cependant pouvoir en chasser entièrement la légèreté qui lui était naturelle:
– Je vous disais donc, mon ami, continua-t-elle, que Clotilde est un ange. Nous avons véritablement bien fait de marier ces enfants. Si vous saviez quels soins touchants elle prodigue à son mari! et lui, notre Maurice, comme il est attendri de ces soins! comme sa voix est émue quand il la remercie! avec quel accent profond il lui dit en prenant ses deux mains dans les sie
– Mais, moi, reprit M. de Montgiroux, j’ignore tout, et, comme vous m’avez fait rester pour me l’apprendre, j’espère, chère amie, que vous voudrez bien maîtriser vos émotions et mettre un peu d’ordre dans vos pensées, afin de les suivre jusqu’au bout.
– Oui, vous avez raison, reprit madame de Barthèle; je vais droit au fait. Écoutez-moi donc.
La recommandation était aussi inutile que la promesse était dérisoire.
CHAPITRE III
En effet, madame de Barthèle, comme on a pu s’en apercevoir jusqu’à présent, avait été douée par le ciel d’un excellent cœur mais de l’esprit le moins méthodique qui se puisse trouver. Sa conversation, d’ailleurs pleine de finesse et d’originalité, ne procédait que par sauts et par bonds, et n’arrivait à son but, quand toutefois elle y arrivait, qu’à travers mille écarts. C’était un parti que ses auditeurs devaient prendre de la poursuivre sur les différents terrains où elle se plaçait: sa marche était celle du cavalier dans le jeu d’échecs; ceux qui la co
Ramenée au sujet qui l’intéressait par l’impatience du comte, madame de Barthèle reprit donc:
– Pour Clotilde et moi, vous le savez, mon cher comte, la vie de Maurice, c’est la vie. Nous n’avons de bonheur que le sien, nos yeux ne voient que par ses yeux, et tous nos souvenirs, comme toutes nos prévoyances, sont pour lui. Eh bien donc, vous saurez, vous que cette interminable session cloue au Luxembourg, vous saurez que, depuis notre arrivée ici, nous avions inutilement tout mis en usage pour co
– Je m’en souviens parfaitement. Poursuivez, chère amie.
– Or, qui pouvait causer cette mélancolie chez un homme riche, jeune, beau, supérieur à tous les autres hommes? Et, sur ce point, ne croyez pas que l’amour maternel m’aveugle, comte: Maurice est fort supérieur à tous les jeunes gens de son âge.
– C’est mon avis comme le vôtre, dit le comte, mais ce secret?…
– Eh bien, ce secret, comprenez-vous? c’était pour nous l’énigme du sphinx. En attendant, et tandis que nous nous creusions la tête pour en deviner la cause, le mal faisait des progrès, ses forces s’éteignaient à vue d’œil, et, quoiqu’il ne poussât pas une plainte, quoiqu’il réprimât ses impatiences, il était évident qu’il était menacé de quelque dangereuse maladie.
– Vous vous rappelez que je le remarquai moi-même? Mais continuez.
– En effet, c’est par votre conseil que nous sommes venus à la campagne. Nous avions craint d’abord qu’il ne se refusât à quitter Paris; mais nous nous trompions: le pauvre garçon ne fit aucune difficulté, il se laissa conduire comme un enfant; seulement, en arrivant ici, malgré tous les souvenirs que devait lui rappeler cette maison, il s’enferma dans sa chambre, et, le lendemain, il fut forcé de garder le lit.
– Ah! mais j’ignorais que la chose fût aussi grave, dit le comte.
– Ce n’est pas le tout; le mal dès lors commença à faire d’effrayants progrès. Nous envoyâmes chercher son ami Gaston, ce jeune médecin que vous co
– Et que dit-il?