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En effet, on doit comprendre quelle inquiétude agitait tous les membres du conciliabule devant ce nouveau flux de paroles. D’abord Fernande était restée stupéfaite devant la nouvelle position que lui assignait son ancie

– On ignorait le nom de mon père, dit-elle, c’est un secret qu’il était de mon devoir de garder; vous l’avez divulgué, madame, je ne vous en veux pas, et croyez bien que, dans le bonheur que j’éprouve à vous revoir, je vous pardo

– Ah! dit madame de Neuilly, blessée de la réponse de Fernande, ce n’était pas ce froid accueil, cette réserve dédaigneuse que j’avais droit d’attendre d’une amie de dix ans.

– Il n’y a ni froideur ni dédain dans ma conduite, madame, croyez-le bien, reprit Fernande d’un ton humble et doux, et madame de Barthèle que voici, et à qui vous pouvez vous fier, je l’espère, sous le rapport des convenances, vous dira que je ne puis ni ne dois me comporter vis-à-vis de vous autrement que je le fais.

– Je dirai, ma chère Fernande, s’écria la baro

– Mais, en ce cas, reprit madame de Neuilly, pourquoi ne pas me dire tout de suite, comme je l’ai fait moi-même: «Voilà qui je suis, voilà ce que j’ai fait!»

En ce moment, heureusement pour Fernande qui, attaquée directement et poussée à bout, ne savait plus que répondre, la cloche du déjeuner retentit. Madame de Barthèle saisit avec empressement cette occasion de rompre l’entretien.

– Vous entendez, mesdames? dit-elle, on so

Puis, comme en ce moment le valet entrait a

– Monsieur de Vaux, dit-elle, conduisez madame Ducoudray; monsieur de Montgiroux, do

Quant à Fabien, il s’était déjà emparé du bras de Clotilde.

On passa dans la salle à manger.

Comme il y avait quatre femmes et trois hommes, deux femmes devaient être placées à côté l’une de l’autre. Madame de Barthèle fit asseoir Fernande à sa droite.

M. de Montgiroux se plaça à sa gauche. De l’autre côté de Fernande s’assit Léon de Vaux, puis madame de Neuilly en face de la baro

Le secret de la naissance de Fernande, que l’on venait d’apprendre, grâce à l’indiscrétion de madame de Neuilly, préoccupait fort tout le monde, et surtout la baro

– Ah! c’est une fille de noblesse, pensait madame de Barthèle; eh bien, il était impossible qu’il en fût autrement, et sans doute mon fils, en s’attachant comme il l’a fait à elle, ne l’ignorait pas; tout serait pour le mieux si madame de Neuilly n’était point là. Envieuse et méchante, cette femme a véritablement un mauvais génie qui la pousse partout où l’on ne voudrait pas la voir.

Ce secret n’avait pas, comme on le devine bien, produit une moindre impression sur M. de Montgiroux que sur la baro

Léon, de son côté, loin de renoncer désormais à ses espérances à l’égard de Fernande, n’avait fait que concevoir un désir plus vif d’atteindre au but qu’il poursuivait depuis trois mois; une nuance de sentiment venait, en effet, se mêler désormais à ses désirs: le mystère dont Fernande s’était entourée devant tout le monde, lui prouvait qu’elle tenait à ménager sa famille, et cette pudeur qu’un cœur délicat eût respectée, lui devenait un moyen de triompher de sa résistance en l’effrayant, s’il ne pouvait y parvenir d’une manière plus digne.

Quant à Fabien, tout entier en apparence à son amour pour Clotilde, il semblait indifférent à tout ce qui n’était pas en rapport direct avec elle, et celle-ci, de son côté, sans se rendre compte du sentiment qu’elle éprouvait, écoutait Fabien avec un vague plaisir. On ne craignait plus pour les jours de Maurice, le cœur de la jeune femme s’ouvrait à l’espérance ou à un sentiment qui lui do

Madame de Neuilly, sous l’influence de la jalousie secrète qu’elle ressentait toujours pour quiconque l’emportait sur elle, soit en beauté, soit en fortune, soit en grâce, c’est-à-dire pour le plus grand nombre, cherchait à s’expliquer quel intérêt son ancie