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En effet, un mauvais génie semblait s’attacher à Fabien chaque fois qu’il voulait entrer en lutte avec Maurice; car, en toutes choses, Maurice avait l’avantage sur lui. Fabien, mécontent de son tailleur, l’avait quitté et avait pris celui de Maurice, croyant que cette nuance de perfection qu’il avait remarquée dans la tournure de son ami, venait de la coupe particulière que Huma
Comme on le voit, Maurice, en toutes choses, avait donc toujours conservé l’avantage sur Fabien. Aussi ce dernier avait-il juré de se venger un jour, d’une façon éclatante, de sa longue infériorité, et, dans son espoir, le moment était enfin arrivé de prendre sa revanche.
En effet, l’embarras extrême qui se manifesta dans le maintien de Clotilde aussitôt qu’elle sa trouva en tête-à-tête avec lui parut à Fabien d’un favorable augure. En homme habile et accoutumé à mettre en usage tous les moyens qui mènent à bien une intrigue amoureuse, il avait envisagé du premier coup les avantages que lui do
Il se fit d’abord de part et d’autre un profond silence; mais il y a des moments où le silence impressio
Mais évidement Clotilde était émue, et la présence de Fabien était pour beaucoup dans cette émotion-là. Ce fut elle cependant, peut-être même à cause de ce secret embarras qu’elle sentait peser sur son cœur, qui rompit ce muet préambule. Quant à Fabien, il était trop habile pour ne pas lui laisser remplir jusqu’au bout son rôle de maîtresse de maison, et pour faire cesser un silence plus expressif à ses yeux que toutes les conversations du monde.
– Monsieur, dit-elle, en attendant le retour de madame de Barthèle, je vous propose de jeter avec moi un regard sur des fleurs que l’on dit fort rares, que je trouve fort belles, et que notre jardinier cultive avec beaucoup de soin.
– Je suis à vos ordres, madame, répondit Fabien en s’inclinant avec respect.
Et, à ces mots, comme pour échapper à elle-même par le mouvement, Clotilde sortit du salon, et, suivie de Fabien, traversa la salle de billard et entra dans la serre.
– Voyez, monsieur, dit Clotilde en examinant ces fleurs avec une attention trop affectée pour que cette attention ne cachât point de l’embarras; voyez ces pauvres plantes, elles semblent partager la tristesse de la maison, et elles ont l’air toutes délaissées depuis que Maurice est malade. En effet, je crois que c’est la première fois que j’entre ici depuis huit ou dix jours, et ces fleurs sont trop délicates, j’oserai presque dire trop aristocratiques, pour être abando
Fabien la regarda complaisamment caresser ces plantes insensibles; mais de son côté, il ne rompit pas le silence. Se taire, c’était de sa part provoquer un autre genre de conversation. La jeune femme le comprit. Elle releva la tête; mais alors ses yeux rencontrèrent le regard ardent de Fabien, et elle les laissa retomber de nouveau sur ses fleurs. Alors, se voyant dans l’obligation absolue de montrer de l’assurance, dans le maintien du moins, elle se crut bien forte en continuant à prendre pour texte la maladie de son mari. Seulement, de cette maladie, elle choisit le seul épisode peut-être que, dans la situation présente, elle eût dû laisser de côté.
– Monsieur, dit-elle après s’être assise et avoir fait signe à Fabien de s’asseoir sur de grands divans d’étoffe de Perse qui régnaient tout autour de la serre, dont on pouvait soigner les fleurs du dehors; monsieur, dit-elle avec cet air résolu qui trahit le trouble intérieur, vous avez témoigné beaucoup d’enthousiasme en traçant le portrait de madame Ducoudray. C’est le nom, je crois…