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Plus tard j’ai beaucoup étudié Nicolas Vsévolodovitch, et je sais nombre d’anecdotes sur son compte. Je le comparerais volontiers à certains perso

Mais le nervosisme de la génération actuelle n’admet même plus le besoin de ces sensations franches et immédiates que recherchaient avec une telle ardeur certaines perso

Et néanmoins, dans la circonstance présente, il en fut tout autrement.

La violence du coup l’avait fait chanceler. Dès qu’il eut recouvré l’équilibre, son premier mouvement fut de saisir Chatoff par les épaules, mais, presque au même instant, il retira ses mains, les croisa derrière son dos, et, pâle comme un linge, regarda silencieusement Chatoff. Chose étrange, il n’y avait aucune flamme dans son regard. Au bout de dix secondes, – je suis sûr de ne pas mentir, – ses yeux étaient devenus froids et calmes. Seulement sa pâleur était effrayante. J’ignore, naturellement ce qui se passait au-dedans de lui; je me borne à rapporter le spectacle dont je fus témoin. Un homme qui saisirait une barre de fer rougie au feu et la tiendrait dans sa main durant dix secondes pour essayer sa force d’âme, – cet homme là aurait, je crois, une impression pareille à celle qu’éprouvait alors Nicolas Vsévolodovitch.

Le premier des deux qui baissa les yeux fut Chatoff, évidemment il fut forcé de les baisser. Ensuite il tourna lentement sur ses talons et se retira, mais sa démarche n’était plus la même que tantôt, quand il s’était approché de Nicolas Vsévolodovitch. Il sortit sans bruit, la tête inclinée vers le plancher, tandis qu’un mouvement particulièrement disgracieux soulevait ses épaules. Chemin faisant, il semblait raiso

Saisissant sa mère par l’épaule et Maurice Nikolaïévitch par le bras, Élisabeth Nikolaïevna se mit en devoir de les entraîner à sa suite hors de la chambre, mais tout à coup elle poussa un cri effrayant et tomba évanouie sur le parquet. En ce moment je crois encore entendre le bruit que fit le choc de sa nuque contre le tapis.

DEUXIÈME PARTIE

CHAPITRE PREMIER LA NUIT.

I

Huit jours s’écoulèrent. Maintenant que tout cela est passé et que j’en écris la chronique, nous savons de quoi il s’agissait; mais alors nous en étions réduits aux conjectures, et naturellement nous faisions les suppositions les plus étranges. Pendant les premiers temps, Stépan Trophimovitch et moi, nous restâmes enfermés, attendant avec inquiétude ce qui allait arriver. À vrai dire, je sortais encore un peu, et je rapportais à mon malheureux compagnon les nouvelles sans lesquelles il lui aurait été impossible de vivre.

Comme bien on pense, la ville n’avait pas tardé à apprendre le soufflet do

Tout en craignant de porter un jugement téméraire, Stépan Trophimovitch et moi nous nous arrêtâmes finalement à l’idée que le seul auteur des indiscrétions commises devait être Pierre Stépanovitch; pourtant ce dernier, dans un entretien qu’il eut peu après avec son père, lui assura qu’il avait trouvé l’histoire dans toutes les bouches, notamment au club et que la gouvernante et son mari la co

Nombre de dames (et des plus mondaines) témoignaient aussi quelque curiosité à l’endroit de l’ «énigmatique boiteuse», comme on appelait Marie Timoféievna. Plusieurs même désiraient vivement la voir et entrer en rapports avec elle; les messieurs qui s’étaient hâtés de faire disparaître les Lébiadkine avaient donc agi avec un à-propos incontestable. Mais ce qui tenait le premier rang dans les préoccupations publiques, c’était l’évanouissement d’Élisabeth Nikolaïevna; tout le monde s’y intéressait par cela seul que cette affaire touchait directement Julie Mikhaïlovna en tant que parente et protectrice de mademoiselle Touchine. Et que ne racontait-on pas? Le mystère même faisait la partie belle au bavardage: les deux maisons ne s’ouvraient plus pour perso

[7] Nom do

[8] Les zemstros sont des assemblées provinciales qui correspondent à peu près à nos conseils généraux.