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– Ah! mon Dieu, ce n’est pas du tout de cela que je… quoique, du reste, je sois parfaitement d’accord avec vous sur ce point. Mais la suite, la suite! Que vouliez-vous dire par là? Voyons, vous vouliez certainement dire quelque chose!

– Tout cela n’a aucune importance… D’après toutes les apparences, ce n’est pas une affaire de faux billets qui a motivé, dans le temps, le départ de ce capitaine; il a quitté notre ville simplement pour se mettre en quête de sa sœur; celle-ci, paraît-il, s’était réfugiée dans un endroit inco

– Tout cela est vrai? demanda Stépan Trophimovitch à l’ingénieur.

– Vous êtes fort bavard, Lipoutine, murmura d’un ton fâché M. Kiriloff.

– Des mystères, des secrets! Comment se fait-il qu’il y ait tout à coup chez nous tant de secrets et de mystères! s’écria Stépan Trophimovitch incapable de se contenir.

L’ingénieur fronça le sourcil, rougit, et, avec un haussement d’épaules, sortit de la chambre.

– Alexis Nilitch lui a même arraché son fouet qu’il a brisé et jeté par la fenêtre; ils ont eu une vive altercation ensemble, ajouta Lipoutine.

– À quoi bon ces bavardages, Lipoutine? C’est bête, à quoi bon? dit Alexis Nilitch en faisant un pas en arrière.

– Pourquoi donc cacher, par modestie, les nobles mouvements de son âme, c’est-à-dire de votre âme? je ne parle pas de la mie

– Comme c’est bête… et cela ne sert à rien… Lébiadkine est bête et absolument futile… inutile pour l’action et… tout à fait nuisible. Pourquoi racontez-vous toutes ces choses-là? Je m’en vais.

– Ah! quel dommage! s’écria en souriant Lipoutine, – sans cela, Stépan Trophimovitch, je vous aurais encore amusé avec une petite anecdote. J’étais même venu dans l’intention de vous la raconter, quoique, du reste, vous la co

Mais Stépan Trophimovitch le saisit violemment par l’épaule, le ramena de force dans la chambre et le fit asseoir sur une chaise. Lipoutine eut même peur.

– Mais comment donc? commença-t-il de lui-même, tandis qu’il observait avec une attention inquiète le visage de Stépan Trophimovitch, – elle me fait venir tout à coup chez elle et me demande «confidentiellement» mon opinion perso

– Vous avez perdu l’esprit, grommela Stépan Trophimovitch, et, soudain, comme hors de lui, il ajouta:

– Lipoutine, vous le savez trop bien, vous n’êtes venu que pour me communiquer quelque vilenie de ce genre et… pire encore!

Je me rappelai immédiatement ce qu’il m’avait dit peu de jours auparavant: «Non seulement Lipoutine co

– Allons donc, Stépan Trophimovitch! balbutia Lipoutine qui paraissait fort effrayé, – allons donc!…

– Trêve de dénégations! Commencez! Je vous prie instamment, monsieur Kiriloff, de rentrer aussi dans la chambre, je désire que vous soyez présent! Asseyez-vous. Et vous, Lipoutine, commencez votre récit franchement, simplement… n’essayez pas de recourir à des échappatoires!

– Si j’avais su que cela vous ferait tant d’effet, je n’aurais rien dit… Mais je pensais que Barbara Pétrovna elle-même vous avait déjà mis au courant.

– Vous ne pensiez pas cela du tout! Commencez, commencez donc, vous dit-on!

– Mais, vous aussi, asseyez-vous, je vous prie. Je ne pourrai pas parler si vous continuez à vous agiter ainsi devant moi.

Dominant son émotion, Stépan Trophimovitch s’assit avec dignité sur un fauteuil. L’ingénieur regardait le plancher d’un air sombre. Lipoutine le considéra avec une joie maligne.

– Mais je ne sais comment entrer en matière… vous m’avez tellement troublé…

VI

– Tout à coup, avant-hier, elle m’envoie un de ses domestiques avec prière de l’aller voir le lendemain à midi. Pouvez-vous vous imaginer cela? Toute affaire cessante, hier, à midi précis, je me rends chez elle. On m’introduit immédiatement au salon, où je n’ai à attendre qu’une minute: elle entre, m’offre un siège, et s’assied en face de moi. J’osais à peine y croire; vous savez vous-même quelle a toujours été sa manière d’être à mon égard! Elle aborde la question sans préambule, selon sa coutume. «Vous vous rappelez», me dit-elle, «qu’il y a quatre ans, Nicolas Vsévolodovitch, étant malade, a commis quelques actes étranges, dont perso