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CHAPITRE III LES PÉCHÉS D’AUTRUI.
I
Huit jours s’écoulèrent, et la situation commença à s’éclaircir un peu.
Je noterai en passant que, durant cette malheureuse semaine, j’eus beaucoup d’e
Au bout de huit jours, il ignorait encore s’il était ou non fiancé, et toutes ses démarches pour être fixé à ce sujet étaient restées infructueuses. Il n’avait pas encore vu sa future, et il ne savait même pas s’il était autorisé à lui do
Et pourtant toutes ces grossièretés, toutes ces incertitudes n’étaient rien en comparaison du principal souci qui le tourmentait. Cette inquiétude le harcelait sans relâche, le démoralisait, le faisait dépérir, c’était quelque chose dont il se sentait plus honteux que de tout le reste, et dont il ne pouvait se résoudre à me parler; loin de là, à l’occasion, il mentait et cherchait à m’abuser par des faux-fuyants dignes d’un petit écolier; cependant lui-même me faisait appeler tous les jours, il ne pouvait rester deux heures sans me voir, je lui étais devenu aussi nécessaire que l’air ou l’eau.
Une telle conduite blessait un peu mon amour-propre. Il va sans dire que depuis longtemps j’avais deviné ce grand secret. Dans la profonde conviction où j’étais alors, la révélation du souci qui tourmentait tant Stépan Trophimovitch ne lui aurait pas fait ho
– Oh! est-ce qu’elle était ainsi dans le temps? me disait-il quelquefois en parlant de Barbara Pétrovna. – Est-ce qu’elle était ainsi, jadis, quand nous causions ensemble… Savez-vous qu’alors elle savait encore causer? Pourrez-vous le croire? elle avait alors des idées, des idées à elle. Maintenant elle n’est plus à reco
– Pourquoi donc se fâcherait-elle maintenant que vous avez déféré à son désir? répliquai-je.
Il me regarda d’un air fin.
– Cher ami, si j’avais refusé, elle aurait été furieuse, fu-ri-euse! Moins toutefois qu’elle ne l’est maintenant que j’ai consenti.
Sa phrase lui parut joliment tournée, et nous bûmes ce soir-là une petite bouteille. Mais cette accalmie ne dura guère; le lendemain, il fut plus maussade et plus insupportable que jamais.
Je lui reprochais surtout de ne pouvoir se résoudre à aller faire visite aux dames Drozdoff; elles-mêmes, nous le savions, désiraient renouer co
Dès le début, tous les nôtres avaient été officiellement informés que les réceptions de Stépan Trophimovitch étaient momentanément suspendues. Quoi que je fisse pour l’en dissuader, il tint à leur notifier la chose. Sur sa demande, je passai donc chez toutes nos co