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Votre Makar DIÉVOUCHKINE.

19 septembre.

Chère Madame Varvara Alexéievna!

Je me hâte de vous informer que mon ami Rataziaiev m'a procuré du travail à faire pour un écrivain. C'est un auteur qui est venu lui rendre visite et lui a remis un manuscrit très épais, en sorte que la besogne ne manquera pas, Dieu merci! Malheureusement, l'écriture en est à tel point illisible que je me demande comment je parviendrai à la déchiffrer. D'autre part, on exige que je le recopie dans un délai très bref, car c'est urgent. Il y est question de beaucoup de choses, auxquelles j'ai l'impression de ne rien comprendre… Nous avons convenu d'un prix de quarante kopecks par feuille. Je vous indique tous ces détails, ma chère amie, afin que vous sachiez que j'aurai désormais de l'argent de trop. Pour l'instant, adieu, ma petite mère. Je vais me mettre à la tâche immédiatement.

Votre ami dévoué,

Makar DIÉVOUCHKINE.

23 septembre.

Mon très cher ami Makar Alexéievitch!

Voilà sept jours, mon ami, que je ne vous ai pas écrit et j'ai eu, durant ce temps, pas mal de préoccupations et de sujets d'agitation.

Avant-hier, Bykov est venu me rendre visite. Je me trouvais seule à ce moment, car Fédora était sortie. Je lui ai ouvert la porte, et, en l'apercevant, j'ai été saisie de frayeur, si bien que je fus incapable d'esquisser le moindre mouvement. Je me sentis pâlir. Il est entré, selon son habitude, en faisant réso

J'étais tellement éberluée par cette proposition que, sans savoir pourquoi, je me mis à pleurer. Il crut que je versais des larmes de gratitude; il me dit qu'il m'avait toujours considérée comme une jeune fille bo