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Makar DIÉVOUCHKINE.

25 juin.

Excellent Makar Alexéievitch!

Je vous renvoie le livre que vous m'avez prêté. C'est un livre impossible, on a honte de le tenir en mains. Où donc avez-vous déniché cette perle? Plaisanterie à part, aimez-vous réellement des ouvrages de ce genre, Makar Alexéievitch? On m'a promis ici l'autre jour de me procurer quelque chose à lire. Je vous prêterai ce livre si vous le voulez. Pour l'instant, au revoir. Je n'ai réellement pas le temps d'écrire davantage.

V. D.

26 juin.

Ma chère Varinka!

Le fait est que je n'avais réellement pas lu ce petit livre-là, ma petite mère. J'en ai parcouru quelques lignes, il m'a semblé que c'était amusant, qu'il était écrit pour faire rire les gens, et je me suis dit alors qu'il devait être sans doute très drôle. Peut-être aura-t-il la chance de plaire à Varinka? C'est pour cela que je vous l'ai envoyé.

Il se trouve que Rataziaiev m'a promis de me passer de la littérature intéressante. De cette façon vous aurez des livres, ma petite mère. Rataziaiev s'y entend, c'est un homme savant. Il écrit lui-même, et comment! Il a une plume si vive, si alerte, et quel style! Il a du style dans chaque mot, c'est incroyable. Dans le mot le plus simple, le plus banal, dans un de ces mots que je pourrais dire, moi par exemple, à Faldoni ou à Thérèse, il trouve le moyen, lui, de mettre du style. J'assiste également à ses soirées. Nous fumons la pipe et il nous fait la lecture, parfois jusqu'à cinq heures de suite, tandis que nous écoutons. Vrai, ce n'est même pas de la littérature, c'est une délectation! C'est de la beauté, des fleurs, tout le temps des fleurs. Il y aurait de quoi en faire un bouquet à chaque page. Il est d'ailleurs si prévenant, si bon, si gentil. Que suis-je, moi, devant lui? Rien, absolument rien! C'est un homme avec de la renommée, tandis que moi, que suis-je donc? Rien, je n'existe pas. Et pourtant, il est si bienveillant envers moi. Je copie pour lui certaines choses. Surtout, ne vous imaginez pas, Varinka, qu'il y ait une arrière-pensée dans tout cela, et qu'il se montre gentil envers moi pour que je lui fasse des copies. Ne croyez pas les calomnies, ma petite mère. Ne croyez pas ces viles calomnies! Non, non! Je le fais spontanément, de ma propre volonté, je copie ses travaux pour lui faire plaisir, et s'il se montre bienveillant envers moi, c'est aussi pour me faire plaisir, c'est certain. Je sais apprécier la délicatesse de ce procédé, ma petite mère. C'est un homme bon, très bon, et un écrivain incomparable.

C'est une bo

«… Vladimir tressaillit, et les passions se déchaînèrent en lui furieusement, son sang se mit à bouillo

» – Comtesse! – s'écria-t-il – Oh, comtesse! Vous ne devinez pas à quel point cette passion est terrible, vous ne mesurez pas l'immensité de ma folie. Non, mes rêves ne m'ont point menti. J'aime, j'aime avec fureur, avec extase, avec rage, j'aime comme un insensé! Tout le sang de ton époux ne suffirait pas pour éteindre cet enthousiasme délirant, pour calmer ce feu qui me dévore. De misérables obstacles n'arrêteront pas les vagues tumultueuses et irrésistibles qui soulèvent mon cœur, et ne viendront pas à bout des flammes infernales qui se démènent dans mon âme lasse et inassouvie. Oh, Zénaïde, Zénaïde…

» – Vladimir! – murmura la comtesse, en appuyant la tête sur son épaule.

» – Zénaïde! – s'écria Smielski au comble de la joie.

» Un soupir s'échappa de sa poitrine. L'incendie alluma des lueurs éclatantes sur l'autel de l'amour, et fit tressaillir la poitrine des malheureux amants.

» – Vladimir! – murmura de nouveau la comtesse en extase. Sa poitrine se soulevait, ses joues s'empourpraient, ses yeux brillaient…

» De nouvelles, de monstrueuses épousailles furent consommées!»

«Une demi-heure plus tard, le vieux comte pénétrait dans le boudoir de sa femme.

» – Ne conviendrait-il pas, ma gazelle, de commander un samovar pour notre cher hôte? demanda-t-il en pinçant amicalement la joue de son épouse.»

Eh bien, je vous le demande, ma petite mère, qu'en pensez-vous après cela? C'est un peu osé, je l'admets, on ne peut le nier, mais quelle beauté en revanche, et quel style! Ce qui est bien est bien. Si vous le permettez, je vous transcrirai encore un fragment du récit intitulé: Ermak et Zouleïka.