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– Ne fais pas de nous des malheureux, petit père!

Et les paysans se jetèrent à ses pieds.

– Voyons! pas de bêtises! Prosternez-vous devant Dieu et devant le tsar, mais pas devant moi… Allez; soyez sages, et le reste…

Les paysans partis, il me dit:

– Tu sais, le paysan aime les bo

– Je vois, mon oncle, que vous êtes leur bienfaiteur.

– Ce n’est rien; il n’y a pas moyen de faire autrement. Il y a longtemps que je voulais leur do

– Eh bien, mon cher oncle, me voici arrivé! interrompis-je, pressé d’en venir au point important. Je vous avoue que votre lettre m’a causé une telle surprise que…

– Mon ami, pas un mot de cela! fit mon oncle effrayé et baissant la voix. Tout s’expliquera après! après! Je suis peut-être très coupable envers toi…

– Coupable envers moi, mon oncle?

– Plus tard, mon ami, plus tard! Tout s’expliquera. Mais quel bon garçon tu fais! Comme je t’attendais, mon chéri! Je voulais te confier… tu est un savant… je n’ai que toi… toi et Korovkine. Il faut que tu saches qu’ici, tout le monde est contre toi. Alors, sois prudent; tiens-toi sur tes gardes!

– Contre moi? demandai-je en regardant mon oncle avec surprise, ne pouvant comprendre comment j’avais pu m’aliéner des inco

– Contre toi, mon petit. Qu’y faire? Foma Fomitch est un peu prévenu contre toi… et ma mère aussi. D’une façon générale, sois prudent, respectueux; ne les contredis pas; surtout, sois respectueux…

– Respectueux envers Foma Fomitch, mon oncle?

– Qu’y faire, mon ami? Je ne le défends pas. Il a sans doute des défauts et en ce moment… Ah! mon Sérioja, comme tout cela m’inquiète. Comme tout pourrait s’arranger et comme nous pourrions tous être heureux!… Mais qui n’a ses défauts? Nous ne sommes pas non plus des perfections.

– De grâce, mon oncle, rendez-vous compte de ce qu’il fait.

– Bah! ce ne sont que des chicanes! Ce que je peux te dire, c’est qu’il m’en veut en ce moment, et sais-tu pourquoi?… Du reste c’est peut-être de ma faute. Je te raconterai ça plus tard.

– Vous savez, mon oncle, j’ai là-dessus mes idées perso

– Précisément! précisément! cria mon oncle avec enthousiasme, c’est précisément cela! Tu as une noble pensée! Il serait honteux, indigne de nous de l’accuser! C’est très juste! Ah! mon ami, tu me comprends! Tu m’apportes la joie. Pourvu que tout s’arrange, là-bas, dans la salle! Tu sais, j’ai peur d’y faire mon entrée. Te voilà arrivé; je vais être bien arrangé!

– Mon cher oncle, s’il en est ainsi… fis-je, très confus de son aveu.

– Non! non! non! Pour rien au monde! s’écria-t-il en me prenant les mains. Tu es mon hôte et tu resteras!

Mon éto

– Mon oncle, insistai-je, dites-moi pourquoi vous m’avez fait venir. Que voulez-vous de moi et en quoi pouvez-vous être coupable à mon égard?

– Ne me demande pas cela, mon ami! Après! Après! Tout s’expliquera après. Je suis peut-être très coupable, mais je voulais agir en ho

– Voyons, mon oncle, qui avez-vous là-bas? Je vous avoue que j’ai si peu fréquenté le monde que…

– Que tu as un peu peur? acheva-t-il en souriant. Ne crains rien; il n’y a là que la famille. Et surtout, du courage! n’aie pas peur, car, sans cela, je tremblerais pour toi. Tu veux savoir qui est chez nous?… D’abord, ma mère. Te la rappelles-tu? Une bo