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– Non, il l’a compris et le comprend encore, interrompit Dolly. D’ailleurs tu m’oublies, moi: le mal en est-il plus léger pour moi?
– Attends. Quand il m’a parlé, je t’avoue n’avoir pas mesuré toute l’étendue de votre malheur; je n’y voyais qu’une chose: la désunion de votre famille; il m’a fait peine. Après avoir causé avec toi, je vois, comme femme, autre chose encore: je vois ta souffrance et ne puis te dire combien je te plains! Mais, Dolly, ma chérie, tout en comprenant ton malheur, il est un côté de la question que j’ignore: je ne sais pas jusqu’à quel point tu l’aimes encore. Toi seule, tu peux savoir si tu l’aimes assez pour pardo
– Non, – commença Dolly, mais A
– Je co
– Mais songe donc qu’il l’embrassait.
– Écoute, Dolly, ma chérie. J’ai vu Stiva quand il était amoureux de toi; je me souviens du temps où il venait pleurer près de moi en me parlant de toi; je sais à quelle hauteur poétique il te plaçait, et je sais que plus il a vécu avec toi, plus tu as grandi dans son admiration. C’était devenu pour nous un sujet de plaisanterie que son habitude de dire à tout propos: «Dolly est une femme éto
– Mais si cet entraînement recommençait?
– C’est impossible.
– Aurais-tu pardo
– Je n’en sais rien, je ne puis dire… Oui, je le puis, reprit A
– Cela va sans dire, interrompit vivement Dolly, répondant à une pensée qui l’avait plus d’une fois occupée: sinon ce ne serait plus le pardon. – Viens maintenant, que je te conduise à ta chambre,» dit-elle en se levant. Chemin faisant, elle entoura de ses bras sa belle-sœur.
«Chère A
XX
A
Oblonsky dîna donc chez lui; la conversation fut générale, et sa femme le tutoya, ce qu’elle n’avait pas encore fait; leurs rapports restaient froids, mais il n’était plus question de séparation, et Stépane Arcadiévitch entrevoyait la possibilité d’un raccommodement.
Kitty vint après le dîner; elle co
Après le dîner, A
«Stiva, dit-elle en indiquant la porte de cette chambre d’un signe de tête, va, et que Dieu te vie
Il comprit et, jetant son cigare, disparut derrière la porte.
A
«Voyons, reprenons nos places,» dit A
Et Grisha, d’un air fier et heureux, plaça sa tête blonde sous la main de sa tante et l’appuya sur ses genoux.
«Et à quand le bal maintenant? dit-elle en s’adressant à Kitty.
– À la semaine prochaine; ce sera un bal superbe, un de ces bals auxquels on s’amuse toujours.
– Il y en a donc où l’on s’amuse toujours? dit A
– C’est bizarre, mais c’est ainsi. Chez les Bobristhchiff on s’amuse toujours; chez les Nikitine aussi; mais chez les Wéjekof on s’e
– Non, chère enfant; il n’y a plus pour moi de bal amusant, – et Kitty entrevit dans les yeux d’A
– Comment pouvez-vous vous e
– Pourquoi donc ne puis-je m’y e
Kitty pensait bien qu’A
«Parce que vous y êtes toujours la plus belle.»
A
«D’abord, reprit-elle, cela n’est pas, et d’ailleurs, si cela était, peu m’importerait!
– Irez-vous à ce bal? demanda Kitty.
– Je ne pourrai m’en dispenser, je crois. Prends celle-ci, dit-elle à Tania qui s’amusait à retirer les bagues de ses doigts blancs et effilés.
– Je voudrais tant vous voir au bal.
– Eh bien, si je dois y aller, je me consolerai par la pensée de vous faire plaisir. Grisha, ne me décoiffe pas davantage, dit-elle en rajustant une natte avec laquelle l’enfant jouait.
– Je vous vois au bal en toilette mauve.
– Pourquoi en mauve précisément? demanda A
– Comment le savez-vous? C’est vrai.