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– Oh! le bel âge que le vôtre! continua A
Kitty écoutait en souriant. «Comment a-t-elle passé par là? pensait-elle; que je voudrais co
«Je suis au courant, continua celle-ci; Stiva m’a parlé; j’ai rencontré Wronsky ce matin à la gare, il me plaît beaucoup.
– Ah! il était là? demanda Kitty en rougissant. Qu’est-ce que Stiva vous a raconté?
– Il a bavardé. Je serais enchantée si cela se faisait, j’ai voyagé hier avec la mère de Wronsky et elle n’a cessé de me parler de ce fils bien-aimé; je sais que les mères ne sont pas impartiales, mais…
– Que vous a dit sa mère?
– Bien des choses, c’est son favori; néanmoins on sent que ce doit être une nature chevaleresque; elle m’a raconté, par exemple, qu’il avait voulu abando
Elle ne rapporta pas ce dernier trait, qu’elle se rappelait avec un certain malaise; elle y sentait une intention qui la touchait de trop près.
«La comtesse m’a beaucoup priée d’aller chez elle, continua A
– C’est moi qui serai le premier! non, c’est moi, criaient les enfants qui venaient de finir leur thé, et qui rentraient dans le salon en courant vers leur tante A
– Tous ensemble!» dit-elle en allant au-devant d’eux. Elle les prit dans ses bras et les jeta tous sur un divan, en riant de leurs cris de joie.
XXI
Dolly sortit de sa chambre à l’heure du thé; Stépane Arcadiévitch était sorti par une autre porte.
«Je crains que tu n’aies froid en haut, dit Dolly en s’adressant à A
– Ne t’inquiète pas de moi, je t’en prie, répondit A
– Il fera peut-être trop clair ici, dit sa belle-sœur.
– Je t’assure que je dors partout, et toujours profondément.
– De quoi est-il question?» dit Stépane Arcadiévitch en rentrant dans le salon et en s’adressant à sa femme.
Rien qu’au son de sa voix, Kitty et A
«Je voudrais installer A
– Dieu sait si la réconciliation est bien complète! pensa A
– Ne complique donc pas les choses, Dolly, dit le mari; si tu veux, j’arrangerai cela.
– Oui, elle est faite, pensa A
– Je sais comment tu t’y prendras, répondit Dolly avec un sourire moqueur; tu do
– Dieu merci, pensa A
– Je ne sais pas pourquoi tu nous méprises tant, Matvei et moi?» dit Stépane Arcadiévitch à sa femme en souriant imperceptiblement.
Pendant toute cette soirée, Dolly fut légèrement ironique envers son mari, et celui-ci heureux et gai, mais dans une juste mesure, et comme s’il eût voulu montrer que le pardon ne lui faisait pas oublier ses torts.
Vers neuf heures et demie, une conversation vive et animée régnait autour de la table à thé, lorsque survint un incident, en apparence fort ordinaire, qui parut étrange à chacun.
On causait d’un de leurs amis communs de Pétersbourg, et A
«J’ai son portrait dans mon album, je vais le chercher, et vous montrerai par la même occasion mon petit Serge,» ajouta-t-elle avec un sourire de fierté maternelle.
C’était ordinairement vers dix heures qu’elle disait bonsoir à son fils; bien souvent elle le couchait elle-même avant d’aller au bal; elle se sentit tout à coup très triste d’être si loin de lui. Elle avait beau parler d’autre chose, sa pensée revenait toujours à son petit Serge aux cheveux frisés, et le désir la prit d’aller regarder son portrait et de lui dire un mot de loin.
Elle sortit aussitôt, avec la démarche légère et décidée qui lui était particulière. L’escalier par où l’on montait chez elle do
Comme elle quittait le salon, un coup de so
«Qui cela peut-il être? dit Dolly.
– C’est trop tôt pour venir me chercher, fit remarquer Kitty, et bien tard pour une visite.
– On apporte sans doute des papiers pour moi,» dit Stépane Arcadiévitch.
A
Elle se pencha sur la rampe pour regarder et reco
Elle le salua d’un léger signe de tête, et entendit Stépane Arcadiévitch appeler Wronsky bruyamment, tandis qu’il se défendait d’entrer.
Quand A
«Jamais il n’a voulu entrer. Quel original!»
Kitty rougit. Elle croyait être seule à comprendre pourquoi il était venu sans vouloir paraître au salon.
«Il aura été chez nous, pensa-t-elle, n’aura trouvé perso