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Environ trois mois après, le foin haussa si considérablement de prix, que le fermier jugea avantageux de vendre sa provision de fourrage. La meule où je me trouvais était la plus grande de toutes, et représentait au moins cinq cents quintaux. Ce fut donc par elle qu’on commença. Le bruit des gens qui y avaient appliqué leurs échelles pour l’escalader me réveilla enfin. Encore plongé dans un demi-sommeil, ne sachant pas où j’étais, je voulus m’enfuir et tombai juste sur le propriétaire du foin. Je ne me fis pas la plus légère égratignure dans cette chute, mais le fermier n’en fut que plus maltraité: il fut tué roide, car je lui avais, bien i
Mais quel fut mon éto
Maintenant, messieurs, buvons un coup, que je vous raconte encore un couple de mes aventures de mer.
CHAPITRE XIV Huitième aventure de mer.
Vous avez sans doute entendu parler du dernier voyage de découverte accompli au pôle Nord par le capitaine Phipps, aujourd’hui Lord Mulgrave. J’accompagnais le capitaine, non pas en qualité d’officier, mais à titre d’ami et d’amateur. Quand nous fûmes arrivés à un degré fort avancé de latitude nord, je pris mon télescope avec lequel vous avez fait co
À environ un demi-mille en avant de nous flottait un immense glaçon, aussi haut pour le moins que notre grand mât, et sur lequel je vis deux ours blancs qui, autant que j’en pus juger, étaient engagés dans un duel acharné. Je saisis mon fusil et descendis sur la glace. Mais lorsque j’en eus atteint le sommet, je m’aperçus que le chemin que je suivais était extrêmement dangereux et difficile. Par moments j’étais obligé de sauter par-dessus d’effroyables précipices; dans d’autres endroits la glace était polie et glissante comme un miroir, de sorte que je ne faisais que tomber et me relever. Je parvins cependant à atteindre les ours, mais en même temps je reco
Je calculais déjà la valeur de leur peau, car chacun d’eux était au moins aussi gros qu’un bœuf gras; par malheur, au moment où j’ajustai mon arme, le pied droit me glissa, je tombai en arrière, et perdis, par la violence de la chute, co
Il n’y avait pas de temps à perdre; c’en était fait de moi s’il ne m’arrivait pas une idée lumineuse et immédiate: elle arriva! En moins de temps qu’il ne faut à un chasseur habile pour dépiauter un lièvre, je déshabillai l’ours mort, m’enveloppai de sa robe et cachai ma tête sous la sie
J’avais entendu dire autrefois par un vieux chirurgien militaire qu’une incision faite à l’épine dorsale cause instantanément la mort. Je résolus d’en faire l’expérience. Je repris mon couteau, et en frappai le plus grand des ours près de l’épaule, à la nuque: convenez que le coup était hardi; et j’avais des raisons d’être inquiet. Si la bête survivait à la blessure, c’en était fait de moi, j’étais réduit en pièces. Heureusement ma tentative réussit, l’ours tomba mort à mes pieds, sans plus faire un mouvement. Je pris donc le parti d’expédier de cette façon tous les autres, et cela ne fut pas difficile: car, bien qu’ils vissent de droite et de gauche tomber leurs frères, ils ne se méfiaient de rien, ne songeant ni à la cause ni au résultat de la chute successive de ces infortunés: ce fut là ce qui me sauva. Quand je les vis tous étendus morts autour de moi, je me sentis aussi fier que Samson après la défaite des Philistins.
Bref, je retournai au navire, je demandai les trois quarts de l’équipage pour m’aider à retirer les peaux et à apporter les jambons à bord. Nous jetâmes le surplus à l’eau, bien que, convenablement salé, cela eût fait un aliment fort supportable.
Dès que nous fûmes de retour, j’envoyai, au nom du capitaine, quelques jambons aux lords de l’Amirauté, aux lords de l’Échiquier, au lord-maire et aux aldermen de Londres, aux clubs de commerce, et distribuai le surplus entre mes amis. Je reçus de tous côtés les remerciements les plus chaleureux; la Cité me rendit mon amabilité en m’invitant au dîner a
J’envoyai les peaux d’ours à l’impératrice de Russie pour servir de pelisse d’hiver à Sa Majesté et à sa cour. Elle m’en remercia par une lettre autographe que m’apporta un ambassadeur extraordinaire, et où elle me priait de venir partager sa couro