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La soirée commença tout pareille à la précédente; mais déjà je n’écoutais ni ne regardais plus perso

Sitôt après dîner, il s’éleva une espèce de rafale; à deux reprises Mademoiselle Verdure interrompit le bésigue pour aller voir dans les chambres d’en haut «si la pluie ne chassait pas». Nous dûmes prendre la revanche sans elle; le jeu manquait d’entrain. Au coin du feu, dans un fauteuil bas qu’on appelait communément «la berline», Monsieur Floche, bercé par le bruit de l’averse, s’était positivement endormi: dans la bergère, le baron qui lui faisait face se plaignait de ses rhumatismes et grogno

– La partie de jacquet vous distrairait, répétait vainement l’abbé qui, faute d’adversaire, finit par se retirer, emmenant coucher Casimir.

Quand, ce soir-là, je me retrouvai seul dans ma chambre, une angoisse intolérable m’étreignit l’âme et le corps; mon e

L’impatience empêcha longtemps mon sommeil.

Lorsque je m’éveillai le lendemain, ma décision n’était peut-être pas moins ferme, mais il ne me paraissait plus possible de fausser politesse à mes hôtes et de partir sans inventer quelque excuse à l’étranglement de mon séjour. N’avais-je pas imprudemment parlé de m’attarder une semaine au moins à la Quartfourche! Bah! de mauvaises nouvelles me rappelleront brusquement à Paris… Heureusement j’avais do

Au déjeuner je jouai donc la petite comédie que j’avais préméditée:

– Allons bon! Quel e

– Quelque fâcheuse nouvelle, cher Monsieur?

– Oh! rien de très grave, répondis-je aussitôt. Mais hélas! je vois qu’il va me falloir rentrer à Paris sans retard, et de là vient ma contrariété.

D’un bout à l’autre de la table la stupeur fut générale, dépassant mon attente au point que je me sentis rougir de confusion. Cette stupeur se traduisit d’abord par un morne silence, puis enfin Monsieur Floche, d’une voix un peu tremblante:

– Est-il vraiment possible, cher jeune ami? Mais votre travail! Mais notre…

Il ne put achever. Je ne trouvais rien à répondre, rien à dire et, ma foi, me sentais passablement ému moi-même. Mes yeux se fixaient sur le sommet de la tête de Casimir qui, le nez dans son assiette, coupait une pomme en petits morceaux. Mademoiselle Verdure était devenue pourpre d’indignation.

– Je croirais indiscret d’insister pour vous retenir, hasarda faiblement Madame Floche.

– Pour les distractions que peut offrir la Quartfourche! dit aigrement Madame de Saint-Auréol…

– Oh! Madame, croyez bien que rien ne… essayai-je de protester; mais, sans m’écouter, la baro

– C’est Monsieur Lacase qui veut déjà nous quitter.

– Charmant! Charmant! très sensible, fit le sourd en souriant vers moi.

Cependant Madame Floche, vers Mademoiselle Verdure:

– Mais comment allons-nous pouvoir faire…? la jument qui vient de partir avec l’abbé.

Ici je rompis d’une semelle:

– Pourvu que je sois à Paris demain matin à la première heure… Au besoin le train de cette nuit suffirait.

– Que Gratien aille tout de suite voir si le cheval de Bouligny peut servir. Dites qu’il faudrait mener quelqu’un pour le train de… et se tournant vers moi: – Vraiment le train de sept heures suffirait?

– Oh! Madame, je suis désolé de vous causer tant d’embarras…

Le déjeuner s’acheva dans le silence. Sitôt après, le petit père Floche m’entraîna, et, dès que nous fûmes seuls dans le couloir qui menait à la bibliothèque…:

– Mais cher Monsieur… cher ami… je ne puis croire encore… mais il vous reste à prendre co

Devant la déconvenue du vieillard je prenais honte de ma conduite. J’avais travaillé d’arrache-pied toute la journée de la veille et cette dernière matinée, de sorte qu’en réalité il ne me restait plus beaucoup à glaner sur les premiers papiers que m’avait confiés Monsieur Floche; mais sitôt que nous fûmes montés dans sa retraite, le voici qui, du fond d’un tiroir, sortit avec un geste mystérieux un paquet enveloppé de toiles et ficelé; une fiche passée sous la ficelle portait, en manière de table, la nomenclature des papiers, leur provenance.

– Emportez tout le paquet, dit-il; tout n’y est sans doute pas bien fameux; mais vous aurez plus vite fait que moi de démêler là-dedans ce qui vous intéresse.

Tandis qu’il ouvrait puis refermait d’autres tiroirs et s’affairait, je descendis dans la bibliothèque avec la liasse que je développai sur la grande table.

Certains papiers effectivement se rapportaient à mon travail, mais ils étaient en petit nombre et d’importance médiocre; la plupart, de la main même de Monsieur Floche, avaient trait à la vie de Massillon, et, partant, ne me touchaient guère.

En vérité le pauvre Floche comptait-il là-dessus pour me retenir? Je le regardai; il s’était à présent renfoncé dans sa chancelière et s’occupait à déboucher minutieusement avec une épingle chacun des trous d’un petit instrument qui versait de la sandaraque. L’opération finie, il leva la tête et rencontra mon regard. Un sourire si amical l’éclaira que je me dérangeai pour causer avec lui, et, appuyé sur le linteau, à l’entrée de sa portioncule: