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«Mon Dieu, mon Dieu, comme je bavarde! Qu’est-ce que vous allez dire, monseigneur? Mais bah! vous êtes si bon… Et puis, voyez-vous, c’est votre faute si je gazouille autant et aussi joyeusement que papa Crétu et Ramonette, qui n’osent plus lutter maintenant de chant avec moi. Allez, monsieur Rodolphe, je vous en réponds, je les mets sur les dents.

«Vous ne nous refuserez pas notre demande, n’est-ce pas, monseigneur? Si vous do

«Si je finis en vous disant, monsieur Rodolphe, que nous tâchons de secourir par-ci par-là de pauvres gens selon nos moyens, ce n’est pas pour nous vanter, mais pour que vous sachiez que nous ne gardons pas pour nous seuls tout le bonheur que vous nous avez do

«Adieu, monseigneur. Croyez que, lorsque notre petite fille commencera à épeler, le premier mot qu’elle lira sera votre nom, monsieur Rodolphe; et puis après, ceux-ci, que vous avez fait écrire sur ma corbeille de noces:

Travail et sagesse – Ho

«Grâce à ces quatre mots-là, à notre tendresse et à nos soins, nous espérons, monseigneur, que notre enfant sera toujours digne de prononcer le nom de celui qui a été notre providence et celle de tous les malheureux qu’il a co

«Pardon, monseigneur; c’est que j’ai, en finissant, comme de grosses larmes dans les yeux… mais c’est de bo

«J’ai l’ho

«RIGOLETTE, femme GERMAIN.

«P. S. Ah! mon Dieu! monseigneur, en relisant ma lettre, je m’aperçois que j’ai mis bien des fois monsieur Rodolphe. Vous me pardo

V Les souvenirs

– Chère petite Rigolette! dit Clémence attendrie par la lecture que venait de faire Rodolphe. Cette lettre naïve est remplie de sensibilité.

– Sans doute, reprit Rodolphe; on ne pouvait mieux placer un bienfait. Notre protégée est douée d’un excellent naturel; c’est un cœur d’or, et notre chère enfant l’apprécie comme nous, ajouta-t-il en s’adressant à sa fille.

Puis, frappé de sa pâleur et de son accablement, il s’écria:

– Mais qu’as-tu donc?

– Hélas!… quel douloureux contraste entre ma position et celle de Rigolette… «Travail et sagesse. Ho

– Grand dieu! Que dis-tu?

– Grâce… mon bon père; ne m’accusez pas d’ingratitude… mais, malgré votre ineffable tendresse, malgré celle de ma seconde mère, malgré les respects et les splendeurs dont je suis entourée… malgré votre puissance souveraine, ma honte est incurable… Rien ne peut anéantir le passé… Encore une fois, pardo

– Clémence, vous l’entendez!… s’écria Rodolphe avec désespoir.

– Mais, malheureuse enfant! dit Clémence en prenant affectueusement la main de Fleur-de-Marie dans les sie

– Oh! fatalité… fatalité! reprit Rodolphe. Maintenant je maudis mes craintes, mon silence: cette funeste idée, depuis longtemps enracinée dans son esprit, y a fait à notre insu d’affreux ravages, et il est trop tard pour combattre cette déplorable erreur… Ah! je suis bien malheureux!

– Courage, mon ami, dit Clémence à Rodolphe; vous le disiez tout à l’heure, il vaut mieux co

– Et puis enfin parce qu’elle verra que son affliction, si elle était incurable, rendrait la nôtre incurable aussi, reprit Rodolphe; car en vérité ce serait à désespérer de toute justice humaine et divine, si cette infortunée n’avait fait que changer de tourments.

Après un assez long silence, pendant lequel Fleur-de-Marie parut se recueillir, elle prit d’une main la main de Rodolphe, de l’autre celle de Clémence et leur dit d’une voix profondément altérée:

– Écoutez-moi, mon bon père… et vous aussi, ma tendre mère… ce jour est sole

– Ah!… je comprends tout, s’écria Rodolphe; il n’y a plus d’espoir pour elle.

– J’espère dans l’avenir, mon père, et cet espoir me do

– Et que peux-tu espérer de l’avenir… pauvre enfant, puisque ton sort présent ne te cause que chagrins et amertume?

– Je vais vous le dire, mon père… mais avant, permettez-moi de vous rappeler le passé… de vous avouer devant Dieu qui m’entend ce que j’ai ressenti jusqu’ici.

– Parle… parle, nous t’écoutons, dit Rodolphe, en s’asseyant avec Clémence auprès de Fleur-de-Marie.

– Tant que je suis restée à Paris… auprès de vous, mon père, dit Fleur-de-Marie, j’ai été si heureuse, oh! si complètement heureuse, que ces beaux jours ne seraient pas trop payés par des a

– Pendant quelques jours peut-être…

– Oui; mais quelle félicité pure et sans mélange! Vous m’entouriez, comme toujours, des soins les plus tendres! Je me livrais sans crainte aux élans de reco