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«Mais, au fait, monseigneur, pardon de vous entretenir de ces gentilles querelles de ménage qui finissent toujours par un baiser… Du reste les oreilles doivent joliment vous tinter, monseigneur, car il ne se passe pas de jour que nous ne disions, en nous regardant nous deux Germain: «Sommes-nous heureux, mon Dieu! sommes-nous heureux!…» et naturellement votre nom vient tout de suite après ces mots-là… Excusez ce griffo

– Je dois avouer, dit Rodolphe, en riant, que ma petite protégée se fait un peu illusion, et je suis sûr que Germain s’occupe plutôt de baiser la main de son élève que de la diriger.

– Allons, mon ami, vous êtes injuste, dit Clémence en regardant la lettre; c’est un peu gros, mais très-lisible.

– Le fait est qu’il y a progrès, reprit Rodolphe; autrefois il lui aurait fallu huit pages pour contenir ce qu’elle écrit maintenant en deux.

Et il continua:

«C’est pourtant vrai que vous m’avez taillé des plumes, monseigneur; quand nous y pensons, nous deux Germain, nous en sommes tout honteux, en nous rappelant que vous étiez si peu fiers… Ah! mon Dieu! voilà encore que je me surprends à vous parler d’autre chose que de ce que nous voulons vous demander, monseigneur; car mon mari se joint à moi et c’est bien important; nous y attachons une idée… vous allez voir.

«Nous vous supplions donc, monseigneur, d’avoir la bonté de nous choisir et de nous do

«Maintenant, monseigneur, il faut que vous sachiez pourquoi nous avons choisi M. Morel pour parrain et Jea

– Ah! mon père, ne trouvez-vous pas cette idée d’une délicatesse charmante? dit Fleur-de-Marie avec émotion. Prendre pour parrain et marraine de leur enfant des perso

– Vous avez raison, chère enfant, dit Clémence; je suis on ne peut plus touchée de ce souvenir.

– Et moi je suis très-heureux d’avoir si bien placé mes bienfaits, dit Rodolphe en continuant sa lecture:

«Du reste, au moyen de l’argent que vous lui avez fait do

– J’étais bien sûr, s’écria Rodolphe en s’adressant à sa fille, de trouver dans la lettre de cette chère petite Rigolette des armes contre notre e

Fleur-de-Marie, de plus en plus émue et attristée par la lecture de cette lettre, tressaillit du regard que son père attacha un moment sur elle en prononçant les derniers mots que nous avons soulignés.

Le prince continua:

«Je vous dirai encore, monseigneur, que Jea

«À propos de ça, Germain vous écrit comme d’ordinaire, monseigneur, à la fin du mois, au sujet de la Banque des travailleurs sans ouvrage et des prêts gratuits. Il n’y a presque jamais de remboursements en retard et on s’aperçoit déjà beaucoup du bien-être que cela répand dans le quartier. Au moins maintenant, de pauvres familles peuvent supporter la morte-saison du travail sans mettre leur linge et leurs matelas au mont-de-piété. Ainsi, quand l’ouvrage revient, faut voir avec quel cœur ils s’y mettent; ils sont si fiers qu’on ait eu confiance dans leur travail et dans leur probité!… Dame! ils n’ont que ça. Aussi comme ils vous bénissent de leur avoir fait prêter là-dessus! Oui, monseigneur, ils vous bénissent, vous; car, quoique vous disiez que vous n’êtes pour rien dans cette fondation, sauf la nomination de Germain comme caissier directeur, et que c’est un inco

«D’ailleurs il y a une fameuse trompette pour répéter à tout bout de champ que c’est vous qu’on doit bénir; cette trompette est Mme Pipelet, qui répète à chacun qu’il n’y a que son roi des locataires (excusez, monsieur Rodolphe, elle vous appelle toujours ainsi) qui puisse avoir fait cette œuvre charitable, et son vieux chéri d’Alfred est toujours de son avis. Quant à lui, il est si fier et si content de son poste de gardien de la banque qu’il dit que les poursuites de M. Cabrion lui seraient maintenant indifférentes. Pour en finir avec votre famille de reco

«Excusez de cette longue lettre, monseigneur; mais j’ai pensé que vous ne seriez pas fâché d’avoir par nous des nouvelles de tous ceux dont vous avez été la providence… Je vous écris de la ferme de Bouqueval, où nous sommes depuis le printemps avec notre bo