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– C’en est un qui se sauve, dit Maurevel.

– À vous, à vous! à vous qui avez des arquebuses, s’écria Coco

– Ma foi, non, dit Maurevel; je garde ma poudre pour meilleur gibier.

– À vous, La Hurière.

– Attendez, attendez, dit l’aubergiste en ajustant.

– Ah! oui, attendez, s’écria Coco

Et il s’élança à la poursuite du malheureux qu’il eut bientôt rejoint, car il était déjà blessé. Mais au moment où, pour ne pas le frapper par derrière, il lui criait: «Tourne, mais tourne donc!» un coup d’arquebuse retentit, une balle siffla aux oreilles de Coco

Un cri de triomphe se fit entendre derrière Coco

– Ah! cette fois, s’écria-t-il, j’ai étre

– Oui, mais vous avez manqué me percer d’outre en outre, moi.

– Prenez garde, mon gentilhomme, prenez garde, cria La Hurière.

Coco

– Ah! vipère! s’écria Coco

Et, se jetant sur le blessé, il lui enfonça trois fois son épée jusqu’à la garde dans la poitrine.

– Et maintenant, s’écria Coco

– Ah! ah! mon gentilhomme, dit Maurevel, il paraît que vous y mordez.

– Ma foi, oui, dit Coco

Et tous trois reprirent leur course.

VIII Les massacrés

L’hôtel qu’habitait l’amiral était, comme nous l’avons dit, situé rue de Béthisy. C’était une grande maison s’élevant au fond d’une cour avec deux ailes en retour sur la rue. Un mur ouvert par une grande porte et par deux petites grilles do

Lorsque nos trois guisards atteignirent l’extrémité de la rue de Béthisy, qui fait suite à la rue des Fossés-Saint-Germain-l’Auxerrois, ils virent l’hôtel entouré de Suisses, de soldats et de bourgeois en armes; tous tenaient à la main droite ou des épées, ou des piques, ou des arquebuses, et quelques-uns, à la main gauche, des flambeaux qui répandaient sur cette scène un jour funèbre et vacillant, lequel, suivant le mouvement imprimé, s’épandait sur le pavé, montait le long des murailles ou flamboyait sur cette mer vivante où chaque arme jetait son éclair. Tout autour de l’hôtel et dans les rues Tirechappe, Étie

En un instant, Coco

Au centre de cette cour, dont les trois portes étaient enfoncées, un homme, autour duquel les assassins laissaient un vide respectueux, se tenait debout, appuyé sur une rapière nue, et les yeux fixés sur un balcon élevé de quinze pieds à peu près et s’étendant devant la fenêtre principale de l’hôtel. Cet homme frappait du pied avec impatience, et de temps en temps se retournait pour interroger ceux qui se trouvaient les plus proches de lui.

– Rien encore, murmura-t-il. Perso

– Impossible, Monseigneur.

– Pourquoi pas? Ne m’avez-vous pas dit qu’un instant avant que nous arrivassions, un homme sans chapeau, l’épée nue à la main et courant comme s’il était poursuivi, était venu frapper à la porte, et qu’on lui avait ouvert?

– Oui, Monseigneur; mais presque aussitôt M. de Besme est arrivé, les portes ont été enfoncées, l’hôtel cerné. L’homme est bien entré, mais à coup sûr il n’a pu sortir.

– Eh! mais, dit Coco

– Lui-même, mon gentilhomme. Oui, c’est le grand Henri de Guise en perso

– Holà! Besme! holà! cria le duc de sa voix puissante, n’est-ce donc point encore fini? Et, de la pointe de son épée impatiente comme lui, il faisait jaillir des étincelles du pavé.

En ce moment, on entendit comme des cris dans l’hôtel, puis des coups de feu, puis un grand mouvement de pieds et un bruit d’armes heurtées, auquel succéda un nouveau silence.

Le duc fit un mouvement pour se précipiter dans la maison.

– Monseigneur, Monseigneur, lui dit Du Gast en se rapprochant de lui et en l’arrêtant, votre dignité vous commande de demeurer et d’attendre.

– Tu as raison, Du Gast; merci! j’attendrai. Mais, en vérité, je meurs d’impatience et d’inquiétude. Ah! s’il m’échappait!

Tout à coup le bruit des pas se rapprocha… les vitres du premier étage s’illuminèrent de reflets pareils à ceux d’un incendie.

La fenêtre, sur laquelle le duc avait tant de fois levé les yeux, s’ouvrit ou plutôt vola en éclats; et un homme, au visage pâle et au cou blanc tout souillé de sang, apparut sur le balcon.

– Besme! cria le duc; enfin c’est toi! Eh bien? eh bien?

– Foilà, foilà! répondit froidement l’Allemand, qui, se baissant, se releva presque aussitôt en paraissant soulever un poids considérable.

– Mais les autres, demanda impatiemment le duc, les autres, où sont-ils?

– Les autres, ils achèfent les autres.

– Et toi, toi! qu’as-tu fait?

– Moi, fous allez foir; regulez-vous un beu. Le duc fit un pas en arrière. En ce moment on put distinguer l’objet que Besme attirait à lui d’un si puissant effort.