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Je vous avouerai, ma chère cousine, que je n’aime pas le moins du monde mademoiselle d’Aubrion; mais, par son alliance, j’assure à mes enfants une situation sociale dont un jour les avantages seront incalculables: de jour en jour, les idées monarchiques repre

– Tan, ta, ta. – Tan, ta, ti. – Ti

«Votre dévoué cousin,

Charles.»

– To

«P.S. Je joins à ma lettre un mandat sur la maison des Grassins de huit mille francs à votre ordre, et payable en or, comprenant intérêts et capital de la somme que vous avez eu la bonté de me prêter. J’attends de Bordeaux une caisse où se trouvent quelques objets que vous me permettrez de vous offrir en témoignage de mon éternelle reco

– Par la diligence! dit Eugénie. Une chose pour laquelle j’aurais do

Epouvantable et complet désastre. Le vaisseau sombrait sans laisser ni un cordage, ni une planche sur le vaste océan des espérances. En se voyant abando

– Ma mère avait raison, dit-elle en pleurant. Souffrir et mourir.

Elle vint à pas lents de son jardin dans la salle. Contre son habitude, elle ne passa point par le couloir; mais elle retrouva le souvenir de son cousin dans ce vieux salon gris, sur la cheminée duquel était toujours une certaine soucoupe dont elle se servait tous les matins à son déjeuner, ainsi que du sucrier de vieux Sèvres. Cette matinée devait être sole

– Aujourd’hui, mademoiselle, je viens vous parler d’une pauvre fille à laquelle toute la ville de Saumur s’intéresse, et qui, faute de charité pour elle-même, ne vit pas chrétie

– Mon Dieu! monsieur le curé, vous me trouvez dans un moment où il m’est impossible de songer à mon prochain, je suis tout occupée de moi. Je suis bien malheureuse, je n’ai d’autre refuge que l’Eglise; elle a un sein assez large pour contenir toutes nos douleurs, et des sentiments assez féconds pour que nous puissions y puiser sans craindre de les tarir.

– Eh! bien, mademoiselle, en nous occupant de cette fille nous nous occuperons de vous. Ecoutez. Si vous voulez faire votre salut, vous n’avez que deux voies à suivre, ou quitter le monde ou en suivre les lois. Obéir à votre destinée terrestre ou à votre destinée céleste.

– Ah! votre voix me parle au moment où je voulais entendre une voix. Oui, Dieu vous adresse ici, monsieur. Je vais dire adieu au monde et vivre pour Dieu seul dans le silence et la retraite.

– Il est nécessaire, ma fille, de long-temps réfléchir à ce violent parti. Le mariage est une vie, le voile est une mort.

– Eh! bien, la mort, la mort promptement, monsieur le curé, dit-elle avec une effrayante vivacité.

– La mort! mais vous avez de grandes obligations à remplir envers la Société, mademoiselle. N’êtes-vous donc pas la mère des pauvres auxquels vous do

En ce moment, madame des Grassins se fit a

– Mademoiselle, dit-elle. Ah! voici monsieur le curé. Je me tais, je venais vous parler d’affaires, et je vois que vous êtes en grande conférence.

– Madame, dit le curé, je vous laisse le champ libre.

– Oh! monsieur le curé, dit Eugénie, revenez dans quelques instants, votre appui m’est en ce moment bien nécessaire.

– Oui, ma pauvre enfant, dit madame des Grassins.

– Que voulez-vous dire? demandèrent mademoiselle Grandet et le curé.

– Ne sais-je pas le retour de votre cousin, son mariage avec mademoiselle d’Aubrion?… Une femme n’a jamais son esprit dans sa poche.