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– Allons, la mère, tu peux passer la journée avec ta fille, je vas à Froidfond. Soyez gentilles toutes deux. C’est le jour de notre mariage, ma bo

– Bo

– Comment pouvez-vous penser à recevoir dans votre maison le Dieu qui pardo

– Ta, ta, ta, ta, ta, dit le père d’une voix caressante, nous verrons cela.

– Bonté du ciel! Eugénie, cria la mère en rougissant de joie, viens embrasser ton père? il te pardo

Mais le bonhomme avait disparu. Il se sauvait à toutes jambes vers ses closeries en tâchant de mettre en ordre ses idées renversées. Grandet commençait alors sa soixante-seizième a

– Ce serait à se couper la gorge, dit-il tout haut au milieu d’un clos en en examinant les ceps.

Enfin il prit son parti, revint à Saumur à l’heure du dîner, résolu de plier devant Eugénie, de la cajoler, de l’amadouer afin de pouvoir mourir royalement en tenant jusqu’au dernier soupir les rênes de ses millions. Au moment où le bonhomme, qui par hasard avait pris son passe-partout, montait l’escalier à pas de loup pour venir chez sa femme, Eugénie avait apporté sur le lit de sa mère le beau nécessaire. Toutes deux, en l’absence de Grandet, se do

– C’est tout à fait son front et sa bouche! disait Eugénie au moment où le vigneron ouvrit la porte. Au regard que jeta son mari sur l’or, madame Grandet cria:

– Mon Dieu, ayez pitié de nous!

Le bonhomme sauta sur le nécessaire comme un tigre fond sur un enfant endormi.

– Qu’est-ce que c’est que cela? dit-il en emportant le trésor et allant se placer à la fenêtre.

– Du bon or! de l’or! s’écria-t-il… Beaucoup d’or! ça pèse deux livres. Ah! ah! Charles t’a do

– N’est-ce pas, ceci est à Charles? reprit le bonhomme.

– Oui, mon père, ce n’est pas à moi. Ce meuble est un dépôt sacré.

– Ta! ta! ta! il a pris ta fortune, faut te rétablir ton petit trésor.

– Mon père?…

Le bonhomme voulut prendre son couteau pour faire sauter une plaque d’or, et fut obligé de poser le nécessaire sur une chaise. Eugénie s’élança pour le ressaisir; mais le to

– Monsieur, monsieur, cria la mère en se dressant sur son lit.

Grandet avait tiré son couteau et s’apprêtait à soulever l’or.

– Mon père, cria Eugénie en se jetant à genoux et marchant ainsi pour arriver plus près du bonhomme et lever les mains vers lui, mon père, au nom de tous les Saints et de la Vierge, au nom du Christ, qui est mort sur la croix; au nom de votre salut éternel, mon père, au nom de ma vie, ne touchez pas à ceci! Cette toilette n’est ni à vous ni à moi; elle est à un malheureux parent qui me l’a confiée, et je dois la lui rendre intacte.

– Pourquoi la regardais-tu, si c’est un dépôt? Voir, c’est pis que toucher.

– Mon père, ne la détruisez pas, ou vous me déshonorez. Mon père, entendez-vous?

– Monsieur, grâce! dit la mère.

– Mon père, cria Eugénie d’une voix si éclatante que Nanon effrayée monta. Eugénie sauta sur un couteau qui était à sa portée et s’en arma.

– Eh! bien? lui dit froidement Grandet en souriant à froid.

– Monsieur, monsieur, vous m’assassinez! dit la mère.

– Mon père, si votre couteau entame seulement une parcelle de cet or, je me perce de celui-ci. Vous avez déjà rendu ma mère mortellement malade, vous tuerez encore votre fille. Allez maintenant, blessure pour blessure?

Grandet tint son couteau sur le nécessaire, et regarda sa fille en hésitant.

– En serais-tu donc capable, Eugénie? dit-il.

– Oui, monsieur, dit la mère.

– Elle le ferait comme elle le dit, cria Nanon. Soyez donc raiso

– Là, voyez-vous, mon cher monsieur? madame se meurt, cria Nanon.

– Tiens, ma fille, ne nous brouillons pas pour un coffre. Prends donc! s’écria vivement le to

– Toi, Nanon, va chercher monsieur Bergerin.

– Allons, la mère, dit-il en baisant la main de sa femme, ce n’est rien; va: nous avons fait la paix. Pas vrai, fifille? Plus de pain sec, tu mangeras tout ce que tu voudras. Ah! elle ouvre les yeux. Eh! bien, la mère, mémère, timère, allons donc! Tiens, vois, j’embrasse Eugénie. Elle aime son cousin, elle l’épousera si elle veut, elle lui gardera le petit coffre. Mais vis long-temps, ma pauvre femme. Allons, remue donc! Ecoute, tu auras le plus beau reposoir qui ce soit jamais fait à Saumur.

– Mon Dieu, pouvez-vous traiter ainsi votre femme et votre enfant! dit d’une voix faible madame Grandet.

– Je ne le ferai plus, plus, cria le to

– Tiens, Eugénie, tiens, ma femme, voilà pour vous, dit-il en maniant les louis. Allons, égaie-toi, ma femme; porte-toi bien, tu ne manqueras de rien ni Eugénie non plus. Voilà cent louis d’or pour elle. Tu ne les do

Madame Grandet et sa fille se regardèrent éto