Добавить в цитаты Настройки чтения

Страница 12 из 20

«Comment va Raymond? demanda-t-elle. Sait-il que je suis venue?»

Elle avait le sourire heureux de celle qui a pardo

«J'ai eu beau chercher, je n'ai pas trouvé de solution, dit Elsa.

– Il n'y en a pas, dit Cyril. C'est un engouement, une influence, il n'y a rien à faire.

– Si, dis-je. Il y a un moyen. Vous n'avez aucune imagination.»

Cela me flattait de les voir attentifs à mes paroles: ils avaient dix ans de plus que moi et ils n'avaient pas d'idée! Je pris l'air dégagé:

«C'est une question de psychologie», dis-je.

Je parlai longtemps, je leur expliquai mon plan. Ils me présentaient les mêmes objections que je m'étais posées la veille et j'éprouvais à les détruire un plaisir aigu. C'était gratuit mais à force de vouloir les convaincre, je me passio

«Je n'aime pas ces combines, disait Cyril. Mais si c'est le seul moyen pour t'épouser, je les adopte.

– Ce n'est pas précisément la faute d'A

– Vous savez très bien que si elle reste, vous épouserez qui elle voudra», dit Elsa.

C'était peut-être vrai. Je voyais A

«Je t'en prie, ne ris pas, dit Cyril. Dis-moi que tu seras jalouse quand je ferai semblant d'aimer Elsa. Comment as-tu pu l'envisager, est-ce que tu m'aimes?»

II parlait à voix basse. Discrètement, Elsa s'était éloignée. Je regardais le visage brun, tendu, les yeux sombres de Cyril. Il m'aimait, cela me do

«Cécile, nous devons vivre ensemble. Je jouerai le petit jeu avec Elsa.»

Je me demandais si mes calculs étaient justes. J'étais l'âme, le metteur en scène de cette comédie. Je pourrais toujours l'arrêter.

«Tu as des drôles d'idées, dit Cyril avec son petit sourire de biais qui lui retroussait la lèvre et lui do

– Embrasse-moi, murmurai-je, embrasse-moi vite.»

C'est ainsi que je déclenchai la comédie. Malgré moi, par nonchalance et curiosité. Je préférerais par moments l'avoir fait volontairement avec haine et violence... Que je puisse au moins me mettre en accusation, moi, et non pas la paresse, le soleil et les baisers de Cyril.

Je quittai les conspirateurs au bout d'une heure, assez e

Et de plus, Cyril m'aimait, Cyril voulait m'épouser: cette pensée suffisait à mon euphorie. S'il pouvait m'attendre un an ou deux, le temps pour moi de devenir adulte, j'accepterais. Je me voyais déjà vivant avec Cyril, dormant contre lui, ne le quittant pas. Tous les dimanches, nous irions déjeuner avec A

Je retrouvai A

C'est alors que le bateau fit son apparition à l'extrémité de la crique, toutes voiles dehors. Mon père le vit le premier.

«Ce cher Cyril n'y tenait plus, dit-il en riant. A

Je relevai la tête, je sentais le danger.

«Mais qu'est-ce qu'il fait? dit mon père. Il double la crique. Ah! mais il n'est pas seul...»

A

L'exclamation de mon père me fit sursauter. Pourtant, depuis deux minutes déjà, je l'attendais:

«Mais... mais c'est Elsa! Qu'est-ce qu'elle fait là?»

II se tourna vers A

«Cette fille est extraordinaire! Elle a dû mettre le grappin sur ce pauvre garçon et se faire adopter par la vieille dame.»

Mais A

«Regardez-moi. M'en voulez-vous?»

J'ouvris les yeux: elle penchait sur moi un regard inquiet, presque suppliant. Pour la première fois, elle me regardait comme on regarde un être sensible et pensant, et cela le jour où... Je poussai un gémissement, je détournai violemment la tête vers mon père pour me libérer de cette main. Il regardait le bateau.

«Ma pauvre petite fille, reprit la voix d'A

Elle me caressait les cheveux, la nuque, tendrement. Je ne bougeais pas. J'avais la même impression que lorsque le sable s'enfuyait sous moi, au départ d'une vague: un désir clé défaite, de douceur m'avait envahie et aucun sentiment, ni la colère, ni le désir, ne m'avait entraînée comme celui-là. Abando

mon père n'avait pas témoigné d'autre sentiment que l'éto

Mon père et A