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Tout cela s'effondra – est-il utile de le dire? – à l'heure du bain. Je tremblais de remords devant A
«N'est-ce pas?»
Je parlais à A
«N'est-ce pas que c'est utile, le baccalauréat?»
Elle me regarda et éclata de rire. Je fis comme elle, heureuse de la voir si gaie.
«Vous êtes incroyable», dit-elle.
C'est vrai que j'étais incroyable, et encore si elle avait su ce que j'avais projeté de faire! Je mourais d'envie de le lui raconter pour qu'elle voie à quel point j'étais incroyable! «Figurez-vous que je lançais Elsa dans la comédie: elle faisait semblant d'être amoureuse de Cyril, elle habitait chez lui, nous les voyions passer en bateau, nous les rencontrions dans les bois, sur la côte. Elsa est redevenue belle. Oh! évidemment, elle n'a pas votre beauté, mais enfin ce côté belle créature resplendissante qui fait se retourner les hommes. Mon père ne l'aurait pas supporté longtemps: il n'a jamais admis qu'une femme belle qui lui a appartenu se console si vite et, en quelque sorte, sous ses yeux. Surtout avec un homme plus jeune que lui. Vous comprenez, A
– N'est-ce pas quoi? dit A
– Oui», dis-je.
Après tout, il valait mieux ne rien lui dire, elle n'aurait peut-être pas compris. Il y avait des choses qu'elle ne comprenait pas, A
Pour la première fois, j'avais co
le lendemain, en me dirigeant vers la villa de Cyril, je me sentais beaucoup moins sûre de moi, intellectuellement. Pour fêter ma guérison, j'avais beaucoup bu au dîner et j'étais plus que gaie. J'expliquais à mon père que j'allais faire une licence de lettres, que je fréquenterais des érudits, que je voulais devenir célèbre et assommante. Il lui faudrait déployer tous les trésors de la publicité et du scandale pour me lancer. Nous échangions des idées saugrenues, nous riions aux éclats. A
Je trouvai Cyril à l'entrée du jardin. Il bondit vers moi, me prit dans ses bras, me serra violemment contre lui en murmurant des paroles confuses:
«Mon chéri, j'étais tellement inquiet... Il y a si longtemps... Je ne savais pas ce que tu faisais, si cette femme te rendait malheureuse... Je ne savais pas que je pourrais être si malheureux moi-même... Je passais tous les après-midi devant la crique, une fois, deux fois... Je ne croyais pas que je t'aimais tant...
– Moi non plus», dis-je.
En fait, cela me surprenait et m'émouvait à la fois. Je regrettais d'avoir si mal au cœur, de ne pouvoir lui témoigner mon émotion.
«Que tu es pâle, dit-il. Maintenant, je vais m'occuper de toi, je ne te laisserai pas maltraiter plus longtemps.»
Je reco
«Je la lui ai présentée comme une amie, une orpheline, dit Cyril. Elle est gentille d'ailleurs, Elsa. Elle m'a tout raconté au sujet de cette femme. C'est curieux, avec un visage si fin, si racé, ces manœuvres d'intrigante.
– Elsa a beaucoup exagéré, dis-je faiblement. Je voulais lui dire justement que...
– Moi aussi, j'ai quelque chose à te dire, coupa Cyril. Cécile, je veux t'épouser.»
J'eus un moment de panique. Il fallait faire quelque chose, dire quelque chose. Si je n'avais pas eu ce mal de cœur épouvantable…
«Je t'aime, disait Cyril dans mes cheveux. Je lâche le droit, on m'offre une situation intéressante... un oncle... J'ai vingt-six ans, je ne suis plus un petit garçon, je parle sérieusement. Que dis-tu?»
Je cherchais désespérément quelque belle phrase équivoque. Je ne voulais pas l'épouser. Je l'aimais mais je ne voulais pas l'épouser. Je ne voulais épouser perso
«Ce n'est pas possible, balbutiai-je. Mon père...
– Ton père, je m'en charge, dit Cyril.
– A
Elle descendait en robe de chambre, fraîche et lumineuse. Je me sentis terne et maigre. Ils avaient tous les deux un air sain, florissant et excité qui me déprimait encore. Elle me fit asseoir avec mille ménagements, comme si je sortais de prison.