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En voyant cette femme Melchior poussa un grand cri: Il venait de reco
Le lendemain Melchior alla retirer son manuscrit de chez l’imprimeur…
– Comment, mon pauvre chéri, tu as écrit tout cela pour moi… pendant… que… Ah! ah! c’est bien drôle, fit la dame.
– Oui, dit Melchior, je t’ai aimée en vers pendant deux ans; maintenant je vais t’aimer en prose. Il l’aima ainsi pendant six semaines, après quoi il employa le reste de son argent à apprendre la tenue des livres, afin de pouvoir entrer comme commis chez un agent de change, où il est actuellement, aussi possédé de la fièvre des chiffres qu’il le fut jadis de la fièvre des rimes.
Le manchon de Francine
I
Parmi les vrais bohémiens de la vraie bohème, j’ai co
J’ai co
La sœur novice qui assistait à ce monstrueux débat jeta un regard sur le cadavre et laissa échapper cette tendre et naïve parole:
– Oh! monsieur, on ne peut pas l’enterrer comme cela, ce pauvre garçon: il fait si froid, do
Le père do
– Cela coûtera moins cher, ajouta-t-il. Cette cruauté du père de Jacques me fut expliquée plus tard; il était furieux que son fils eût embrassé la carrière des arts, et sa colère ne s’était pas apaisée, même devant un cercueil. Mais je suis bien loin de mademoiselle Francine et de son manchon. J’y reviens: mademoiselle Francine avait été la première et unique maîtresse de Jacques, qui n’était pourtant pas mort vieux, car il avait à peine vingt-trois ans à l’époque où son père voulait le laisser mettre tout nu dans la terre. Cet amour m’a été conté par Jacques lui-même, alors qu’il était le numéro 14 et moi le numéro 16 de la salle Sainte-Victoire, un vilain endroit pour mourir. Ah! tenez, lecteur, avant de commencer ce récit, qui serait une belle chose si je pouvais le raconter tel qu’il m’a été fait par mon ami Jacques, laissez-moi fumer une pipe dans la vieille pipe de terre qu’il m’a do
– Rien qu’une ou deux bouffées, me disait-il, et je le laissais faire, et la sœur Sainte-Geneviève n’avait point l’air de sentir la fumée lorsqu’elle passait faire sa ronde. Ah! bo
UN LECTEUR. Eh bien, et le manchon? je ne vois pas le manchon, moi.
AUTRE LECTEUR. Et mademoiselle Francine? où est-elle donc?
PREMIER LECTEUR. Ce n’est point très gai, cette histoire!
DEUXIÈME LECTEUR. Nous allons voir la fin.
– Je vous demande bien pardon, messieurs, c’est la pipe de mon ami Jacques qui m’a entraîné dans ces digressions. Mais d’ailleurs je n’ai point juré de vous faire rire absolument. Ce n’est point gai tous les jours, la bohème.
Jacques et Francine s’étaient rencontrés dans une maison de la rue de la Tour-d’Auvergne, où ils étaient emménagés en même temps au terme d’avril.
L’artiste et la jeune fille restèrent huit jours avant d’entamer ces relations de voisinage qui sont presque toujours forcées lorsqu’on habite sur le même carré; cependant, sans avoir échangé une seule parole, ils se co