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– Eh bien, dit M. de Puyrassieux, l’oncle fera une restitution d’héritage.
– Il ne le pourra plus, continua la blonde Fa
– Ah! la bo
– J’ai dit ce que j’ai dit, répéta Fa
– Ah çà! mais il avait donc un vice secret, ce vieillard? demanda Chaba
– Il était l’ami de madame de Villerey, répondit Fa
– Eh bien, la maison de banque de Villerey est une bo
– La maison de Villerey a perdu dix-sept millions à la bourse dans la quinzaine dernière, dit Fa
– Il emporte vos regrets, n’est-il pas vrai, ma chère? fit M. de Puyrassieux avec un sourire qui était une allusion.
– Il m’emporte aussi soixante-quinze mille francs, c’est ce qui me rend un peu maussade ce soir; mais c’est une leçon, cela m’apprendra à faire des économies, ajouta la jeune femme.
En ce moment un garçon du restaurant vint avertir Tristan qu’un monsieur le faisait demander.
– C’est Ulric sans doute, dit Tristan; et, se retournant vers Fa
– Ma chère enfant, vous vous êtes trompée, mon ami Ulric n’est pas ruiné.
– Eh bien, qu’est-ce que cela me fait, à moi? dit Fa
– Remettez votre masque un instant, continua Tristan.
– Mais… pourquoi? demanda la jeune femme, en rattachant néanmoins son loup de velours.
– Qui sait? dit Tristan, peut-être pour regagner les soixante-quinze mille francs que vous avez perdus.
II
Trois jours auparavant Ulric de Rouvres était à Plymouth, et, sous le nom d’Arthur Sydney, s’apprêtait à partir pour l’Inde anglaise, où il voulait aller faire la guerre sous les drapeaux de Sa Majesté brita
Voici quel était le contenu de la lettre qui avait motivé cette arrivée si prompte:
«Mon cher Ulric,
«Vous savez si je suis votre ami. Je crois vous en avoir do
«Ah! mon ami, si vous n’aviez pas eu d’aussi bo
«Vous avez eu l’obligeance de vous inquiéter de moi et de la façon dont je menais l’existence depuis que vous m’aviez quitté. Je suis resté le même, mon ami; ce qu’on appelle un excentrique, je crois. Mes goûts et mes habitudes n’ont aucunement varié: je dors le jour et je veille la nuit. À force de volonté et de persévérance, je suis parvenu à arrêter complètement le mouvement intellectuel de mon être, et je me trouve on ne peut mieux de cette inertie qui me permet d’entendre un sot parler trois heures, sans avoir comme autrefois le méchant désir de le jeter par la fenêtre. J’assiste avec indifférence au spectacle de la vie, qui a ses quarts d’heure d’agrément. J’ai été, il y a quelques jours, forcé de recourir à ma plume pour conserver mon cheval, attendu qu’une dépêche télégraphique, arrivée je ne sais d’où, avait ruiné mon banquier, qui m’avait fait collaborer à ses spéculations. Mais heureusement, le lendemain de ce désastre, un parent à moi mourut dans un duel sans témoins, avec un pâté de faisan; et comme, peu soigneux de son caractère, il avait oublié de me déshériter, la loi naturelle m’a forcé à recueillir son bien, qui égalait au moins la perte que m’avait causée la pantomime du télégraphe. Vous avez dû, au reste, rencontrer cet excellent homme, qui avait pour maxime que la vie est un festin.