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Ces maximes d’une philosophie avancée, inco
– Eh! là là, dit en souriant le bonhomme Jadis, n’ayez point peur, mon jeune ami, je ne suis point le diable, rassurez-vous. – Ah! dit le vieillard, voilà qui est certainement bien étrange. D’après ce que vous m’avez dit, vous vivez dans l’isolement, fuyant exprès toute société, dans la crainte qu’elle ne vous induise à mal. Je suis sans doute la seule perso
– Voyons, dit le bonhomme Jadis en frappant sur l’épaule d’Octave, avouez que je vous fais peur, que vous me prenez pour un libertin, pour un fou tout au moins. Ah! fit le vieillard avec un autre accent et en levant les yeux vers le ciel, fou… oui, je le suis peut-être, et Dieu me la conserve, cette chère et douce folie qui ne fait de mal à perso
Et débouchant un second flacon, il versa du vin dans les verres.
Octave avait d’abord eu l’idée de chercher une excuse pour se retirer; mais un vague instinct de curiosité le retint près de ce singulier vieillard: il but le verre que le bonhomme venait de remplir.
– Ah! bon vin de mon pays, disait celui-ci en buvant lentement, tu as baptisé mon premier amour; et quand tu coules dans ma poitrine, il me semble que mon cœur prend un bain de jeunesse, bon vin de mon pays! Comme ça, dit tout à coup le vieillard en regardant son convive dans les yeux, vous n’aurez rien à me conter? Au fait, qu’est-ce que vous me pourriez dire? vous ne savez rien, puisque vous vivez dans un trou.
– Ah! c’est bien triste, autant vaudrait avoir pour voisin un séminariste. Quel funèbre compagnon vous faites! Dieu vous punira, jeune homme.
Octave releva la tête et regarda son hôte, dont le visage s’animait de plus en plus.
– Dieu me punira! dit Octave, qu’est-ce que je fais donc de mal? pourquoi?
– À quoi bon vous le dire? reprit le vieillard, vous ne me comprendriez pas. Vous ne croyez pas à mon évangile; c’est pourtant un livre ho
En ce moment, le vent qui soufflait des hauteurs de Montmartre secouait à la fenêtre de la salle à manger les lambeaux d’une vieille ronde populaire nouvellement arrangée en quadrille; et un musicien d’alentour, qui faisait à sa croisée des exercices de hautbois, se mit à répéter comme un écho l’air exécuté par l’orchestre de la barrière.
Le bonhomme Jadis, qui s’était subitement tu quand il avait entendu les sons lointains de cette musique, tressaillit et se leva précipitamment lorsque le hautbois du voisinage répéta l’air, dont pas une note n’était perdue.
Comme Octave faisait quelque bruit en se remuant sur sa chaise, le vieillard, qui avait l’oreille tendue dans la direction où l’on entendait l’instrument, se retourna vers le jeune homme et lui dit presque brutalement:
– Chut! taisez-vous donc.
Mais le hautbois avait cessé. Il s’était mis à jouer des fragments de musique empruntés aux opéras nouveaux.
– Il faudra que je découvre ce musicien, dit le bonhomme Jadis; et il allait verser à boire, quand le hautbois capricieux laissa de côté la musique moderne et recommença le vieil air populaire.
– Ah! le bon musicien, fit le bonhomme Jadis en se levant tout à fait et en se mettant à danser dans la chambre; le bon musicien! comme c’est bien ça. – Ça vous éto
– Je vais vous dire, j’ai beaucoup aimé sur cet air-là autrefois, au temps où cette culotte, que vous me voyez, était neuve, l’habit aussi et mes mollets aussi, dit en riant le bonhomme en frappant sur ses jambes grêles. Ah! les pauvres quilles; elles se sont joliment trémoussées sur cet air-là. Et pourtant, si j’avais ma pauvre Jacqueline et que nous fussions sous le marro
Pour cette fois, Octave ne douta plus que son vieux voisin ne fût fou.
Une nouvelle bouffée de vent apporta les sons de l’orchestre de la guinguette, où l’on dansait encore le vieux quadrille dont le principal motif avait été répété par le hautbois.
Le bonhomme Jadis ne put pas y résister cette fois.
– Encore un coup, dit-il en vidant la bouteille, buvons et en route!
– En route! dit Octave, pendant que son voisin mettait son chapeau. Où allons-nous?
– Eh! parbleu, – nous allons à la danse. Ces diables de violons qui s’avisent de jouer cet air-là justement aujourd’hui, quand je suis dans mes idées. Il me semble que c’est Jacqueline qui m’appelle. Allons, jeune homme, en avant!
Octave hésitait, mais la curiosité l’emporta.
– Je vous accompagnerai, dit-il.