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VI.

Tamara triste, agitée par la fièvre, vient souvent s’asseoir auprès de la fenêtre. Là, seule, irrésolue, elle regarde au loin avec un œil attentif, soupire, et attend!… Une voix murmure à son oreille: «Il viendra.» Ce n’était pas en vain qu’il lui apparaissait avec des yeux pleins d’une tristesse douce et des paroles de sublime tendresse: Depuis longtemps déjà elle s’épuise sans savoir pourquoi. Veut-elle prier les saintes? c’est à lui que son cœur s’adresse; accablée par cette lutte incessante se penche-t-elle sur sa couche, son oreiller la brûle, elle suffoque horriblement, s’éveille en sursaut et frisso

VII.

Le brouillard du soir a déjà couvert de ses vapeurs légères les collines de la Géorgie, et fidèle à sa douce habitude, le démon a dirigé son vol vers le couvent. Mais bien longtemps il n’osa violer ce paisible asile de la vertu. Il y eut même un moment où il parut prêt à abando

On voit encore près de cette cellule une pierre que cette larme brûlante a traversée comme une flamme et ce n’était point une larme humaine!

Le démon entre, il est prêt à aimer, et son âme est tout ouverte au bien. Il croit que le moment désiré pour essayer d’une vie nouvelle est venu. Les palpitations de l’attente, les craintes de l’incertitude demeurent pour lui sans voix et sans puissance; elles ont reco

IX.

«Esprit turbulent, démon du vice, qui t’a appelé au milieu des ténèbres de la nuit? Tes adorateurs n’habitent point ces lieux et jusqu’à présent le souffle du mal n’a point pénétré ici; ne viens point souiller de ton pas impie cet asile de mon amour et de ma sainteté! qui t’a appelé?…

L’esprit méchant lui répond par un sourire perfide, son regard s’enflamme de jalousie et de nouveau le poison de la vieille haine a embrasé son âme: «Elle est à moi, dit-il d’une voix dure; laisse-la; elle est à moi; tu as paru trop tard pour la défendre, tu n’es ni mon juge ni le sien et, sur ce cœur plein d’élévation, j’ai posé mon empreinte; ici il ne reste plus rien de ta sainteté; ici je règne et j’aime.» L’ange alors abaissa ses yeux pleins de douleur sur la pauvre victime, et déployant lentement ses ailes, disparut dans les sphères célestes.

X.

TAMARA.

Qui es-tu? Tes paroles sont dangereuses! Qui t’envoie vers moi; le ciel ou l’enfer? Que me veux-tu?

LE DÉMON.

Que tu es belle!

TAMARA.

Mais parle; qui es-tu? Réponds?

LE DÉMON.

Je suis celui que tu écoutais dans le calme des nuits; celui dont la pensée parlait doucement à ton âme; celui dont tu voyais l’image dans tes songes et dont tu devinais la tristesse avec peine. Je suis celui qui tue l’espérance dès qu’elle naît dans un cœur. Je suis celui que perso

TAMARA.

Laisse-moi, esprit perfide! tais-toi, je ne crois point aux discours d’un e

LE DÉMON.

Pourquoi ma belle? hélas! je ne sais; plein d’une vie nouvelle, j’ai fièrement arraché de ma tête criminelle ma couro