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XV.
La colère divine a fondu comme la foudre au milieu de cette famille qui ne co
XVI.
La voix se tut; et dans le lointain les sons s’éteignirent doucement l’un après l’autre. Tamara se lève en sursaut et regarde autour d’elle. Une agitation indicible fait battre son cœur. C’est de la douleur, de l’effroi, un élan d’enthousiasme; – rien ne peut être comparé à cela. Tous les sentiments fermentent en elle, l’âme a brisé ses liens; le feu court dans ses veines. Cette voix nouvelle et admirable semble encore réso
Mais alors son esprit fut agité par un rêve étrange et prophétique: un nouveau venu sombre et silencieux, resplendissant d’une beauté immortelle, se penchait vers son chevet et son regard se fixait sur elle avec un tel amour, une telle tristesse, qu’il semblait avoir pitié d’elle. Ce n’était point un ange des cieux, ni son divin gardien; l’auréole aux rayons lumineux ne se mêlait point aux boucles de sa chevelure; ce n’était point l’esprit méchant de l’enfer ni un martyr du vice. Oh non! Il avait la douce clarté d’un beau soir, qui n’est ni le jour ni la nuit, ni les ténèbres ni la lumière!…
DEUXIÈME PARTIE
I.
«Ô Père! Ô Père! cesse tes reproches; ne gronde pas ta Tamara. Tu vois ses larmes? Hélas! ce ne sont pas les premières! Je ne serai la femme de perso
II.
Et sa famille l’a transportée dans un couvent solitaire, où ses jeunes épaules furent recouvertes d’un humble cilice. Mais sous la robe monastique comme sous la soie aux mille couleurs, son cœur luttait avec la vision impie. Au pieds des autels, sous l’éclat des lumières, aux heures du chant sole
III.
Le pieux couvent était caché entre deux collines et en lieu frais; des platanes d’Orient, des rangées de peupliers l’entouraient de tous côtés, et parfois, quand la nuit descendait dans les défilés de la montagne, la lumière de la lampe de la jeune religieuse, passant à travers les fenêtres de sa cellule, venait se jouer au milieu d’eux. Tout autour, à l’ombre des amandiers, auprès de la sombre rangée de croix qui protègent les tombes muettes, les chœurs des petits oiseaux ento
IV.
Vers le Nord se dressaient les montagnes. Lorsqu’aux lueurs de l’aurore matinale, une vapeur bleuâtre monte des profondeurs de la vallée; lorsque le muezzin tourné vers l’Orient invite à la prière, et que la voix sonore de la cloche réveille l’habitation; à cette heure calme et recueillie où les jeunes Géorgie
V.
Mais le cœur de Tamara, plein d’une pensée profane, est insensible aux extases pures. Pour elle tout l’univers est couvert d’une teinte sombre, et tout y est pour son âme une cause de souffrance, et la lumière du jour et les ténèbres de la nuit. Aussi, dès que la fraîcheur du soir vient endormir la terre, elle se prosterne devant l’image de son Dieu et fond en larmes. Ses sanglots déchirants au milieu du silence de la nuit troublent l’imagination du voyageur, qui, croyant entendre tes gémissements de quelque esprit de la montagne, enchaîné dans une de ses cavernes, prête à peine l’oreille et hâte sa monture épuisée.