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Sa figure était celle d’un brigand. Il était petit, sec et large d’épaules, aussi adroit, aussi leste qu’un diable. Ses vêtements étaient toujours en loques, mais ses armes étaient montées en argent. On vantait son cheval dans tout Kabarda et réellement il était impossible de trouver rien de meilleur que cet animal. Ce n’était pas sans raison que tous les cavaliers le lui enviaient et que, plusieurs fois, ils avaient essayé de le lui voler, sans pouvoir y réussir. Quand je songe encore maintenant à ce cheval! Il était noir comme du jais, des cordes pour jarrets, des yeux comme ceux de Béla, et quelle vigueur! on pouvait faire avec lui cinquante verstes sans s’arrêter; il était dressé comme un chien qui suit son maître, co

Ce soir là, Kazbitch était plus mélancolique qu’à l’ordinaire. Je remarquai qu’il avait sous son vêtement une cotte de mailles. Ce n’est pas sans motif, pensai-je, qu’il a revêtu cette cotte de mailles; il doit certainement méditer quelque coup.

La chaleur était étouffante dans la cabane et j’allai à l’air pour me rafraîchir. La nuit descendait déjà sur la montagne et l’ombre envahissait les défilés. Je songeai à revenir sous le hangar où étaient nos chevaux, afin de voir s’ils avaient du fourrage; et puis on n’est jamais trop prudent! J’avais un beau cheval et pas un Kabardien ne le regardait sans me jalouser.

Je me glissai le long de la cloison et j’entendis alors une voix que je reco

De quoi parlent-ils? ne serait-ce pas de mon cheval? Je m’accroupis contre la cloison et me mis à écouter; m’efforçant de ne pas perdre un mot. Parfois le bruit des chants et le murmure des voix étouffaient cette conversation curieuse:

«Tu as un bien beau cheval, disait Azamat; si j’étais le maître à la maison et si j’avais un troupeau de trois cents juments, je t’en do

Ah! c’est Kazbitch! pensai-je et je me souvins de la cotte de mailles.

– Oui! répondit celui-ci, après un instant de silence; dans tout Kabarda il n’a pas son pareil! Une fois, c’était au-delà du Terek, j’étais parti avec des Abreks pour enlever des troupeaux russes; nous ne réussîmes pas et nous nous dispersâmes dans tous les sens; j’avais à ma poursuite quatre Cosaques. Et déjà, j’entendais leurs cris et leurs jurements de très près, lorsque devant moi se présenta un bois épais. Couché sur ma selle, je me recommandai à Allah et pour la première fois de ma vie, j’offensai mon coursier en le frappant du fouet. Comme un oiseau, il plongea au milieu des branches; les épines tranchantes déchiraient mes vêtements; les branches sèches me battaient le visage; et mon cheval bondissait par-dessus les troncs d’arbres coupés et enfonçait les buissons avec sa poitrine. Il aurait mieux valu peut-être l’abando

– Si j’avais un haras de mille juments, dit. Azamat, je te le do

– Et je n’accepterais point, répondit avec indifférence Kazbitch.

– Écoute Kazbitch! dit Azamat en se rapprochant de lui avec un air câlin; tu es un homme! Tu es un brave guerrier! tandis que mon père a peur des Russes et ne me laisse pas aller dans les montagnes; do

Kazbitch se taisait.

– La première fois que je vis ton cheval, continua Azamat, il s’agitait sous toi, bondissait, soufflait avec ses naseaux et faisait jaillir une pluie d’étincelles sous ses sabots. Dans mon âme, j’éprouvai quelque chose d’inexplicable et depuis lors tout me parut e

On aurait dit qu’il pleurait et il faut vous dire qu’Azamat était un garçon très dur et qu’on ne pouvait faire pleurer, même lorsqu’il était plus jeune.

En réponse à ces larmes on n’entendit qu’une raillerie.

– Écoute! dit Azamat d’une voix ferme: Tu vois que je suis décidé à tout. Veux-tu que je ravisse pour toi ma sœur Béla? Comme elle danse! Comme elle chante et brode de l’or! C’est merveilleux et le grand Padischa n’a pas une pareille femme! Veux-tu? Attends-moi demain pendant la nuit dans le défilé où court le ruisseau! j’irai avec elle près du village voisin et elle sera à toi. Penses-tu que Béla ne vaille pas ton cheval?

Longtemps, longtemps Kazbitch se tut. Enfin au lieu de répondre, il ento

[4] Nom que l'on do