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– Paphnuce, tu es illustre par tes œuvres et puissant par la parole. Dieu t’a suscité pour sa gloire. Il t’a choisi pour opérer des miracles, guérir les malades, convertir les païens, éclairer les pécheurs, confondre les ariens et rétablir la paix de l’Église

Paphnuce répondit:

– Que la volonté de Dieu soit faite! La voix reprit:

– Lève-toi, Paphnuce, et va trouver dans son palais l’impie Constance, qui, loin d’imiter la sagesse de son frère Constant, favorise l’erreur d’Arius et de Marcus. Va! Les portes d’airain s’ouvriront devant toi et tes sandales réso

– Que la volonté de Dieu soit accomplie!

Et, faisant effort pour se mettre debout, il se préparait à descendre. Mais la voix, devinant sa pensée, lui dit:

– Surtout, ne descends point par cette échelle. Ce serait agir comme un homme ordinaire et méco

Paphnuce répondit:

– Que la volonté de Dieu règne sur la terre et dans les cieux!

Balançant ses longs bras étendus comme les ailes dépenaillées d’un grand oiseau malade, il allait s’élancer, quand tout à coup un ricanement hideux réso

– Qui donc rit ainsi?

– Ah! ah! glapit la voix, nous ne sommes encore qu’au début de notre amitié; tu feras un jour plus intime co

Paphnuce murmura d’une voix étranglée par la peur:

– Arrière, arrière! Je te reco

Il retomba consterné sur la pierre.

– Comment ne l’ai-je pas reco

Aussitôt il saisit l’échelle qui demeurait appuyée à la colo

Enfin, près d’expirer de faim, de soif et de fatigue, et ne sachant pas encore si Dieu était loin, il découvrit une ville muette qui s’étendait à droite et à gauche et s’allait perdre dans la pourpre de l’horizon. Les demeures, largement isolées et pareilles les unes aux autres, ressemblaient à des pyramides coupées à la moitié de leur hauteur. C’étaient des tombeaux. Les portes en étaient brisées et l’on voyait dans l’ombre des salles luire les yeux des hyènes et des loups qui nourrissaient leurs petits, tandis que les morts gisaient sur le seuil, dépouillés par les brigands et rongés par les bêtes. Ayant traversé cette ville funèbre, Paphnuce tomba exténué devant un tombeau qui s’élevait à l’écart près d’une source couro

– Voilà, soupira-t-il, ma demeure d’élection, le tabernacle de mon repentir et de ma pénitence.

Il s’y traîna, chassa du pied les reptiles et demeura prosterné sur la dalle pendant dix-huit heures, au bout desquelles il alla à la fontaine boire dans le creux de sa main. Puis il cueillit des dattes et quelques tiges de lotus dont il mangea les graines. Pensant que ce genre de vie était bon, il en fit la règle de son existence. Depuis le matin jusqu’au soir, il ne levait pas son front de dessus la pierre.

Or, un jour qu’il était ainsi prosterné, il entendit une voix qui disait:

– Regarde ces images afin de t’instruire.

Alors, levant la tête, il vit sur les parois de la chambre des peintures qui représentaient des scènes riantes et familières. C’était un ouvrage très ancien et d’une merveilleuse exactitude. On y remarquait des cuisiniers qui soufflaient le feu, en sorte que leurs joues étaient toutes gonflées; d’autres plumaient des oies ou faisaient cuire des quartiers de mouton dans des marmites. Plus loin un chasseur rapportait sur ses épaules une gazelle percée de flèches. Là, des paysans s’occupaient aux semailles, à la moisson, à la récolte. Ailleurs, des femmes dansaient au son des violes, des flûtes et de la harpe. Une jeune fille jouait du ci

– Pourquoi m’ordo

– Il est mort, mais il a vécu, reprit la voix, et toi, tu mourras, et tu n’auras pas vécu.

À compter de ce jour, Paphnuce n’eut plus un moment de repos. La voix lui parlait sans cesse. La joueuse de ci

– Vois: je suis mystérieuse et belle. Aime-moi; épuise dans mes bras l’amour qui te tourmente. Que te sert de me craindre? Tu ne peux m’échapper: je suis la beauté de la femme. Où penses-tu me fuir, insensé? Tu retrouveras mon image dans l’éclat des fleurs et dans la grâce des palmiers, dans le vol des colombes, dans les bonds des gazelles, dans la fuite onduleuse des ruisseaux, dans les molles clartés de la lune, et, si tu fermes les yeux, tu la trouveras en toi-même. Il y a mille ans que l’homme qui dort ici, entouré de bandelettes dans un lit de pierre noire, m’a pressée sur son cœur. Il y a mille ans qu’il a reçu le dernier baiser de ma bouche, et son sommeil en est encore parfumé. Tu me co

Il se frappait le front contre la dalle et criait d’épouvante. Et chaque nuit la joueuse de ci