Добавить в цитаты Настройки чтения

Страница 164 из 187

– Comte, dit-elle lorsque Marillac eut fini de parler, je vous chargerai de porter une réponse à là reine-mère. En même temps, vous serez porteur d’une lettre pour le roi Charles IX. Et enfin, je vous do

Marillac s’inclina profondément, admirant le calme impassible avec lequel la reine avait reçu ses propositions extraordinaires d’où dépendait le sort de son fils et de tous les protestants du royaume.

Jea

– Pour le moment, laissons de côté la politique et la guerre, et parlons de vous, mon cher comte… Ainsi, vous avez vu la reine Catherine?

Cette question, elle la fit presque à voix basse, avec une ardente curiosité que dominait, qu’inspirait une grande affection. Le comte l’attendait cette question! Il comprit le sens caché des paroles de la reine, car avec un soupir et un tremblement soudain, il répondit:

– Oui, madame, j’ai vu ma mère…

Jea

– J’ai vu ma mère, reprit Déodat, et ma mère a reco

– Êtes-vous bien sûr de cela? fit vivement Jea

– Votre Majesté va en juger. Ma mère n’a pas prononcé un mot d’affection; ma mère n’a pas eu un geste qui pût laisser supposer qu’elle me reco

Le comte s’arrêta frémissant.

– Courage, mon enfant, dit Jea

– C’est fini, madame. Je ne crois pas que la reine Catherine soit autre chose pour moi qu’une reine e

– À vous, comte, s’écria Jea

– La voici, madame: on offrirait à Sa Majesté Henri de Béarn le trône de Pologne, de façon que la Navarre se trouve sans roi…

– Et alors? dit Jea

– Alors, Majesté, si le roi votre fils acceptait de régner sur la Pologne, on mettrait un autre roi sur le trône de Navarre… et ce roi, madame… ah! c’est à peine si j’ose vous répéter ces étranges combinaisons… ce serait moi!…

Jea

Oui! comme l’avait dit le comte, c’était bien là une preuve absolue que Catherine de Médicis avait reco

Quant à l’éventualité qu’Henri de Béarn pût aller occuper le trône de Pologne, elle résolut de ne pas s’y arrêter un instant. Certes, la Pologne était un beau royaume. Mais Jea

Et quant à Henri lui-même, malgré son extrême jeunesse, elle lui soupço

Roi de France et de Navarre…

Mais ce qui la frappa le plus, ce qu’elle retint, c’est qu’une pareille combinaison eût pu être offerte par Catherine de Médicis elle-même. Elle en tira deux conclusions:

La première, c’est que Catherine de Médicis aimait assez le comte de Marillac, son fils, pour vouloir en faire un roi. La deuxième, c’est que nécessairement, elle était sincère dans ses propositions de paix aux huguenots, puisque l’avenir et le bonheur de ce fils dépendaient de cette paix.

Telles furent les pensées de la reine de Navarre en cette journée, pensées qui devaient avoir de formidables conséquences, puisqu’elles poussèrent Jea

– Que pensez-vous, comte, de cette royauté qu’on vous offre?

– Je pense, madame, répondit sans hésitation le comte de Marillac, que j’ai tourné ma vie d’un autre côté. Je ne parle pas des difficultés politiques qu’il y aurait à réaliser ce rêve de ma mère. Je dis simplement que je me sens inapte à régner. Je n’ai pas la taille d’un roi. Je cherche le bonheur dans la vie. Je ne l’ai pas trouvé encore, et je ne pense pas que je le trouverais sur un trône. Voilà pour ce qui me concerne. J’ajoute que je n’envisagerais pas sans une sorte d’horreur la nécessité de m’installer dans la maison de mon roi, de ma reine.

Le comte était violemment ému en prononçant ces paroles.

– Madame, ajouta-t-il, j’ai osé parler de bonheur, moi que jusqu’à ce jour vous avez vu désespéré… Y a-t-il donc un bonheur possible pour moi?… Puis-je donc trouver dans la vie un rêve auquel je me raccrocherais comme le noyé à sa branche?… Ah! madame, l’heure est venue de vous dire toute ma pensée, de vous parler à cœur ouvert, comme à la seule qui m’ait témoigné quelque intérêt.

– Parlez, mon enfant, dit Jea

– Je le sais, madame, et c’est ce qui me do

– Eh bien, comte?…

– Eh bien, madame, j’aime!…

Le visage de Jea

– Ah! mon enfant, s’écria-t-elle, je vous jure que si vous aimez profondément, loyalement, comme votre noble cœur est capable d’aimer, vous êtes sauvé!…

– Oui, madame, sauvé! fit Déodat d’une voix que l’émotion faisait trembler. Sauvé, car jadis, lorsque je songeais à mon malheur, la mort m’apparaissait comme la seule solution possible…

– Et maintenant? fit Jea

– Maintenant, madame, je sens le bonheur de vivre… car je vis et je veux vivre pour elle…

– Cher enfant! Si vous saviez comme je suis heureuse… Car si vous aimez, c’est que vous devez être aimé… comme vous le méritez…

– Je crois… Oui, je suis sûr qu’elle m’aime autant que je l’aime…

– En effet, dit doucement la reine, c’est un grand bonheur qui vous arrive, mon enfant. Être aimé d’une femme digne elle-même d’amour, qui sera la bo

Marillac frémit. Un malaise inexplicable s’empara de lui. Ces sourdes inquiétudes qui l’avaient poursuivi pendant la route revinrent l’assaillir.

– Vous la co

– Alice de Lux! murmura sourdement la reine de Navarre.

– Vous l’avez dit, madame! fit Marillac en jetant sur la reine un regard d’ardente curiosité pour surprendre sa pensée.