Добавить в цитаты Настройки чтения

Страница 58 из 97

– Putain, Koesler, vous le faites exprès, souffla Vondt, excédé, je ne suis pas d'humeur aux petites devinettes, alors crachez-moi le morceau…

– La fille…

La voix s’était faite moins forte, comme soufflée au micro..

– Hein? gueula Vondt à l'émetteur.

– La fille, Vondt, la fille Kristensen. Elle a déboulé à peine une demi-heure plus tard dans une bagnole noire, une BMW, conduite par un type qui correspond pas à la description qu'on a… mais bon, Travis il a p'têt' plusieurs gars lui aussi, voyez?

Nom de dieu, se dit Vondt. Koesler avait repéré la fille.

– Où ça vous dites? Évora?

Le nom ne lui disait rien et il ouvrit la boîte à gants pour s'emparer de la carte routière.

– Ouais, réso

– Combien de bornes environ?

– C'est compliqué, vous savez, le réseau routier portugais… Où vous êtes, là?

– Où voulez-vous que je sois? Je suis à Monchique évidemment!.

Il y eut un silence à l'autre bout des ondes, puis une interférence a

– Pas simple de là où vous êtes. Les routes les plus directes sont des saloperies en mauvais état. Faut que vous rejoigniez Beja, pour cela rejoignez la N2 au plus vite par la N124, au sud de Monchique et remontez comme pour aller chez le… Koesler s'interrompit à temps.

– Au nord de Beja, c'est ça? gueula Vondt.

– Ouais c'est ça, qu'est-ce que je fais?

– Rien. Surtout rien. Vous surveillez et vous me communiquez les informations importantes au fur et à mesure. Vous êtes absolument certain que c'est la fille Kristensen?

– Écoutez, j'ai pu m'approcher de l'entrée et je les ai vus à l’accueil. J'la co

– O.K., souffla Vondt, faites ce que je dis et tout se passera bien.

Il coupa la communication, réfléchit à peine une minute. Il fallait d'ùrgence contacter Eva Kristensen.

Ce qu'il fit dès son arrivée à la maison prêtée par cet ami d'Eva. Eva avait des amis partout.

Sorvan et ses types dormaient, ronflant dans le salon et les chambres, sauf deux qui montaient la garde dans la cuisine. Dans l'obscurité la plus totale.

Il réussit à avoir Messaoud, au Maroc, mais celui-ci lui a

Messaoud sembla réfléchir, puis laissa tomber:

– Pas cette nuit, votre téléphone n'est pas raccordé au système satellite qu'utilise madame Eva, malheureusement. Ce que j'ai déjà dit à Sorvan, c’est qu'elle se mettrait en contact avec vous dès son arrivée, demain.

Merde, pensa Vondt. Il fallait absolument parler à Eva. C'était vital.

– Écoutez-moi bien, lâcha Vondt froidement. Je sais que vous, vous êtes raccordé avec la liaison satellite du bateau, alors vous allez faire très exactement ce que je vais vous dire de faire, O.K.?

Vondt savait que Mme Kristensen avait dû être très claire au sujet de l'importance de ses ordres. Il entendit un vague borborygme d'assentiment.

– Appelez-la dans la minute. Dites-lui que la petite sirène est en vue, mais qu'il y a un problème. Que la petite sirène semble rejoindre la fliquesse d'Amsterdam. Et qu'elle est avec un homme de Travis. Dites-lui ça. Que la petite sirène est dans un hôtel avec ce type, la Hollandaise et un flic du coin. Dites-lui que quelle que soit sa décision nous partons tout de suite au cas où elle déciderait d'une intervention. On laissera un type ici qui recevra votre coup de fil. Vous aurez juste à lui dire OUI, ou NON. Si oui on agit, si non on revient. O.K.?

Il aurait pu entendre l'homme se remémorer toute la séquence derrière le barrage de parasites.

– O.K., monsieur Vondt, je joins Mme Kristensen et je vous rappelle au plus vite.

– Rappelez-vous, si nous sommes partis, dites juste oui ou non à notre gars, compris?

– Compris monsieur Vondt.

Il avait coupé la communication et avait réveillé la maiso

Une dizaine de kilomètres plus loin, leur homme resté à Monchique les joignit avec la C.B.

– C'est oui, laissa-t-il tomber laconiquement.

Le Beretta 32 se retrouva bien en mains. Croisées sur la crosse, tendues vers la porte. Elle alla se coller au pan de mur qui serait recouvert si la porte s'ouvrait.

La course des pas s'était éteinte brutalement au sommet de l'escalier et une voix à demi étouffée avait tenté de rétablir le calme.

– Vos gueules. Silence. On doit juste trouver la chambre quatorze.

Puis un chuchotement inaudible pour elle.

Bon dieu se demanda-t-elle, qu'est-ce qu'il y a dans la chambre quatorze pour valoir une telle expédition?

Elle se demanda si Oliveira dormait ou s'il avait entendu les bruits lui aussi.

Elle se traça de mémoire la disposition de l'étage. Elle était à la chambre dix-huit, et Oliveira à la dix-neuf, au fond du couloir. Si ses souvenirs étaient exacts la quatorze devait sûrement se trouver de l'autre côté de la cage d'escalier, son aile ayant commencé par le chiffre seize.

Il n'y avait aucun rai de lumière sous sa porte.

Les types étaient restés dans le noir.

Peut-être des flics venus procéder à une arrestation…

Elle glissa de l'autre côté de la porte et bénit les dieux du hasard qui avaient voulu qu'elle ne l'ait pas fermée à clé.

Elle tourna très doucement le loquet et tira d'un petit centimètre vers elle.

Un groupe de silhouettes faisaient face à l'autre porte du fond, de l'autre côté de l'escalier. Il y avait un type près de la dernière marche qui semblait scruter l'obscurité vers elle. Un type d'une stature imposante et qui semblait diriger le groupe. L’homme se retourna vers la cage et chuchota quelque chose à quelqu'un qui faisait du bruit dans l'escalier.

Cinq hommes au moins. Trois devant la porte. Un au sommet des marches et un dans l'escalier. Ah oui et les deux types dehors. Et peut-être bien un ou deux mecs en bas pour tenir en joue le gardien. Bon dieu, une véritable armée. Qu'est-ce que…

C'est à cet instant qu'elle entrevit un mouvement brusque dans le groupe posté près de la porte et qu'une explosion déchira le silence. Un éclair avait jailli avec la détonation et elle vit la porte du fond s'ouvrir d'un coup de pied violent. On avait tiré dans la serrure et…

C'est à cet instant que l'enfer se déchaîna dans le couloir.