Страница 45 из 56
Je me trouvais en effet dans une situation aussi odieuse que possible pour un homme animé de sentiments élevés et d'intentions héroïques, et sous le regard consterné d'une mère dont les sentiments et les intentions étaient encore plus élevés. Normalement, le bousbir fermait ses portes à deux heures du matin, les grilles des maisons étaient cadenassées, les filles envoyées au repos, en dehors de quelques «couchés» clandestins, tolérés mais non autorisés par le règlement militaire: à condition qu'ils eussent des permissions de nuit en règle, la police, par arrangement avec les «madames», consentait, moye
Parfois, j'allumais un cigare et je fixais le plafond avec incompréhension, me demandant comment j'en étais venu là, au lieu de décrire avec mon avion des arabesques héroïques en plein ciel de gloire. Les arabesques que j'étais obligé de décrire n'avaient rien d'héroïque et le genre de gloire que je m'étais acquis dans l'établissement à l'issue de mon marathon n'était pas de ceux qui vous font reposer au Panthéon, après votre mort. Oui, les dieux devaient jubiler. Leur côté moralisateur et didactique devait y trouver son compte. Un pied posé sur mon dos, ils devaient se pencher avec satisfaction sur cette main d'homme tendue vers la haute flamme qu'elle entendait leur dérober, mais qu'ils avaient forcée à se refermer sur la plus humble des mottes de boue terrestre. Un rire vulgaire me parvenait parfois aux oreilles et je ne sais si c'était leur hilarité qui se do
CHAPITRE XXXIV
Je fus providentiellement libéré de mes travaux forcés par la rencontre d'un camarade qui attendait son tour dans la permanence sanitaire attenante à l'établissement. Il m'apprit que je ne courais plus de danger sérieux, que le lieutenant-colonel Hamel, commandant de l'escadre, avait non seulement refusé de signaler ma disparition, mais qu'il avait encore soutenu obstinément et contre toute évidence que la tentative de vol d'avion ne pouvait m'être attribuée, pour l'excellente raison que je n'étais jamais venu en Afrique du Nord à bord d'un de ses appareils. Grâce à ce témoignage, pour lequel j'exprime ici à ce Français ma reco
Je ne pus cependant me résigner à quitter Meknès sans une visite furtive à la base d'aviation. On s'est aperçu sans doute déjà que je ne me sépare pas facilement de ce qui m'est cher, et l'idée d'abando
Je m'assis sur le lit et me mis à pleurer. Je ne sais combien de temps je pleurai ainsi, en regardant le clou vide. A présent, on m'avait vraiment tout pris.
Je m'endormis enfin, dans un tel état d'épuisement physique et nerveux que je dormis seize heures, me réveillant dans la même position dans laquelle j'étais tombé en travers du lit, la casquette sur les yeux. Je pris une douche glacée et sortis du camp à la recherche du car pour Casa. Une bo