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Pourquoi attester et jurer? Cela nous sauvera-t-il? Certes, j'admire qu'élevée par delà la mer, dans une ville étrangère, tu puisses parler comme si tu avais toujours été ici.
Le prophète Apollôn m'a fait ce don.
Le Dieu n'était-il point saisi d'amour?
Autrefois, la pudeur m'eût empêchée de l'avouer.
Certes, qui possède la puissance en abuse.
Ce fut un lutteur violent, car son cœur était plein d'amour pour moi.
Lui as-tu accordé de s'unir à toi, comme font ceux qui s'aiment?
Je promis, mais je trompai Loxias.
Étais-tu déjà douée de l'art de la divination?
Déjà je prophétisais tous leurs malheurs à nos concitoyens.
Mais la colère de Loxias t'a-t-elle épargnée?
Perso
Tu nous sembles, cependant, une divinatrice véridique.
Hélas, hélas! ô malheur! De nouveau le travail prophétique gonfle ma poitrine, prélude du chant terrible! Voyez-vous ces enfants assis dans les demeures, semblables aux apparitions des songes? Ce sont des enfants égorgés par leurs parents. Ils apparaissent, tenant à pleines mains leur chair dévorée, leurs intestins, leurs entrailles, misérable nourriture dont un père a pris sa part! C'est pourquoi je vous dis qu'un lion lâche médite, en se roulant sur le lit de l'époux, la vengeance de ce crime. Malheur à celui qui est revenu, à mon maître, puisqu'il me faut subir le joug de la servitude! Le chef des nefs, le destructeur d'Ilios, ne sait pas ce qu'il y a sous le visage souriant et les paroles sans nombre de l'odieuse chie
J'ai reco
Je te le dis, tu verras le meurtre d'Agamemnôn.
Ô malheureuse! contrains ta bouche de mieux parler.
Il n'y a aucun remède à ce que j'ai dit.
Non, certes, si cela doit arriver. Mais que cela n'arrive pas!
Toi, tu pries! Eux ne songent qu'à l'égorgement!
Par quel homme ce crime serait-il accompli?
Certes, tu n'as point compris mes oracles.
En effet, je ne comprends point l'embûche qui se prépare.
Pourtant, je ne sais que trop la langue des Hellènes.
Les Oracles de Pythô la savent aussi; cependant on les comprend peu aisément.
Dieux! quelle ardeur se rue en moi! Ah! hélas! Apollôn Lykien! hélas! à moi, à moi! Cette lio
Ô très malheureuse! Ô femme qui sais tant de choses, combien tu as parlé! Mais si tu sais aussi ta propre destinée, pourquoi, comme le bœuf voué aux dieux, courir si audacieusement à l'autel?
Je ne puis fuir. Ô étrangers, je suis étreinte par le temps.
Qui meurt le plus tard possible est plus fort que le temps.
Voici mon jour. Je ne gagnerais rien à fuir.
Sache que tu es malheureuse par trop de courage.
Mourir bravement est un grand ho
Nul, parmi les heureux, ne croit cela.
Hélas, ô père! Toi et tes nobles enfants!
Qu'est-ce? quelle terreur te fait reculer?
Hélas! hélas!
Pourquoi hélas? pourquoi crier hélas? Est-ce quelque nouvelle terreur?
Ces demeures sentent le meurtre et le sang répandu!
Comment n'auraient-elles point cette odeur, puisqu'on fait des sacrifices au foyer?
Non, c'est la vapeur qui monte de la tombe!
Certes, ce n'est point là un parfum syrien.
Allons! J'entrerai dans les demeures pour y gémir encore sur ma destinée et sur celle d'Agamemnôn. J'ai assez vécu. Salut, ô étrangers! Je ne suis pas épouvantée comme l'oiseau par le piége tendu. Soyez-en témoins puisque je vais mourir. Une femme sera tuée pour me venger, moi, femme; un homme sera égorgé pour venger un homme funestement marié. Étrangère, je n'ai trouvé que cette hospitalité, la mort!