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Elle t'a parlé clairement. Si tu étais prise dans les rets fatals, certes, tu obéirais. Obéis donc. Ne le veux-tu pas?

A moins que, semblable à l'hirondelle, elle ait un langage inco

Consens. Elle te conseille ce qu'il y a de mieux dans l'état des choses. Obéis. Ne reste pas assise dans ce char.

Je n'ai pas le loisir de l'attendre devant les portes, car les brebis qui vont être égorgées et brûlées sont rangées devant le foyer, au milieu de la demeure, puisque nous avons une joie que nous n'espérions plus jamais. Pour toi, si tu veux faire ce que j'ai dit, ne tarde pas; mais, si tu n'as point compris mes paroles, réponds-moi par gestes, comme les barbares.

Certes, l'étrangère a besoin d'un interprète. Elle a les façons d'une bête fauve récemment prise.

Certes, elle est en démence, elle obéit à un esprit insensé, cette femme qui, ayant quitté sa ville conquise d'hier, esclave, est venue ici. Elle ne s'accoutumera point au frein qu'elle ne l'ait souillé d'une écume sanglante. Mais je ne veux pas subir l'affront de lui parler encore.

Moi, la pitié me saisit, je ne m'irrite point. Va, ô malheureuse, quitte ce char, cède à la nécessité, fais l'apprentissage de la servitude.

Strophe I.

Ô dieux! dieux! ô terre! ô Apollôn! ô Apollôn!

Pourquoi cries-tu vers Loxias? Ce n'est point un dieu qu'on invoque par des lamentations.

Antistrophe I.

Ô dieux! dieux! ô terre! ô Apollôn! ô Apollôn!

Elle invoque de nouveau par des cris désespérés le dieu qui n'écoute point les lamentations.

Strophe II.

Apollôn! Apollôn! toi qui m'entraînes! vrai Apollôn pour moi! tu m'as perdue de nouveau!

Elle semble prédire ses propres maux. L'esprit des dieux est resté en elle, bien qu'elle soit esclave.

Antistrophe II.

Apollôn, Apollôn! toi qui m'entraînes! vrai Apollôn pour moi! où m'as-tu menée? vers quelle demeure?

Vers la demeure des Atréides. Si tu ne le sais pas, je te le dis, et c'est la vérité.

Strophe III.

Demeure détestée des dieux! Complice d'i

L'étrangère semble sagace comme un chien chasseur. Elle flaire les meurtres qu'elle doit découvrir.

Antistrophe III.

Certes, j'en crois ces témoins, ces enfants en pleurs, égorgés, et ces chairs rôties mangées par un père.

Certes, nous savions que tu étais divinatrice; mais nous n'avons nul besoin de divinateurs.

Strophe IV.

Hélas! dieux! Que se prépare-t-il? Quel grand et nouveau malheur médite-t-on dans ces demeures, affreux pour des proches, et sans remède? Le secours est trop loin!

Je ne comprends point ceci. Quant aux autres prophéties, je les co

Antistrophe IV.

Ah! misérable! Feras-tu cela? Tu vas laver dans le bain celui qui a partagé ton lit! Comment dirai-je le reste? La chose arrivera bientôt. Elle allonge le bras et saisit de la main!

Je n'ai pas encore compris. En vérité, ce sont autant d'énigmes sous d'obscurs oracles. Je ne sais qu'en penser.

Strophe V.

Ah! ah! dieux! dieux! qu'est-ce que ceci? serait-ce quelque filet de Aidès? C'est le voile qui enveloppe les époux, l'instrument du meurtre! Éri

A quelle Éri

Antistrophe V.

Hélas! hélas! voilà, voilà! Éloignez le taureau de la vache! Elle le frappe, ayant embarrassé ses cornes noires dans un voile. Il tombe dans l'eau de la baignoire, je vous le dis, dans la baignoire de la ruse et du meurtre.

Je ne me vante point d'être un habile interprète des oracles, mais je pense que ceci cache quelque malheur. Quelle prospérité les oracles ont-ils jamais prédite aux hommes? En effet, la science antique des divinateurs n'a

Strophe VI.

Ah! ah! malheureuse! ô mes misères lamentables! Certes, je pleure et je gémis aussi sur ma propre calamité. Pourquoi m'as-tu menée ici, moi, malheureuse! si ce n'est pour y mourir avec toi? Pourquoi, en effet?

Es-tu tellement saisie de la fureur du souffle divin, que tu te lamentes sur toi-même en cris discordants? Ainsi le fauve rossignol, insatiable de gémissements, hélas! et passant sa vie dans les douleurs, le cœur déchiré, va, gémissant: Itys! Itys!

Antistrophe VI.

Dieux! dieux! le destin du sonore rossignol! Les dieux lui ont do

D'où te vie

Strophe VII.

Ô noces, noces de Pâris, funestes aux siens! ô Skamandros, fleuve de la patrie! Alors, auprès de tes eaux, malheureuse! ma jeunesse a grandi. Maintenant, sur les bords du Kôkytos et du fleuve douloureux, je vais bientôt prophétiser!

Les paroles que tu as dites sont très claires; un enfant les comprendrait. Je suis déchiré au fond du cœur d'une morsure sanglante, quand je t'entends gémir et te lamenter sur ta malheureuse destinée.

Antistrophe VII.

Ô travaux! travaux d'une ville renversée à jamais! Fêtes sacrées de mon père au pied des tours! Immolation des i

Ces paroles ne démentent pas celles que tu as déjà dites; mais quel daimôn fatal s'agite en toi et te contraint de chanter la douleur, le deuil et la mort? Je ne comprends pas ce qui doit arriver.

Certes, l'oracle ne regardera plus à travers des voiles comme une jeune mariée, mais voici qu'il va éclater et resplendir au lever de Hèlios! Soufflant et grondant à la façon de la mer soulevée, un malheur bien plus terrible que celui-ci va écumer à la lumière! Et je ne parlerai plus par énigmes. Et vous, soyez témoins que ma course suit tout droit, à l'odorat, la piste des malheurs qui se sont accomplis ici autrefois. Il n'abando