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Elle lui a téléphoné cette fois-ci, elle l’a prévenu de sa visite, elle a envie de le voir mais elle voudrait qu’il ne soit pas en robe de chambre. Elle voudrait qu’il accepte ses pains au chocolat, qu’il boive un café avec elle. Elle refera le lit cette fois-ci, elle passera encore le balai dans la cuisine, il ira faire un tour dans le jardin, elle voudrait lui parler de ça, de toute cette histoire grotesque, de ce vieil homme, de cette productrice et de ce jeune acteur, de cette proposition et de cet échec. Elle ne sait pas s’il pourra comprendre. Ils ne se parlent pas beaucoup. Elle aimerait partager cela avec lui. Co
Elle s’arrête à l’abribus et traverse l’avenue. Elle marche jusqu’à la maison, ouvre le portail et so
Les pompiers sont là, Mme Taine est allée ouvrir. Oui, il est là. Ils vont le voir, ils s’en occupent. L’un d’entre eux lui demande qui elle est. Je suis sa fille. Mme Taine tend un dossier médical. Et là vous avez la liste des médicaments qu’il prenait. Mademoiselle, nous allons le transporter à l’hôpital, suivez-nous si vous voulez. Je n’ai pas de voiture. Alors nous vous tiendrons informée, appelez l’hôpital d’ici deux heures, il ira d’abord aux urgences, nous ne savons pas encore si c’est grave, il nous répond, c’est déjà ça. Elle le voit porté sur un brancard à roulettes dans le salon, puis dans le couloir, puis dans la cuisine, puis dehors jusqu’au camion. Les portes se referment. Je vais y aller, dit Mme Taine, j’ai un peu rangé en attendant, vous me direz dans quelle chambre il est, je vous appelle demain, au revoir. La maison est vide, les gyrophares et leurs so
Prendre un jour de congé, voilà ce qu’elle demande à ses patrons, un seul jour qu’elle voudrait passer aux côtés de son père. C’est-à-dire que d’autres membres de l’équipe du film vont arriver, il faut préparer les chambres et à nous deux on ne peut pas assurer les petits déjeuners et les repas et les lits et les chambres à faire, tu nous mets dans l’embarras tu sais. Comment il va ton père, tu pourras aller le voir l’après-midi, non ? Mais te do
En poussant la porte de son appartement, elle y pense encore et pose les clés dans la coupelle. Marc n’est pas rentré. Elle va téléphoner à l’hôpital, demander le numéro de la chambre de son père, s’il est sorti des urgences, s’il va bien. Elle s’assoit sur le canapé. Elle se dit que ce n’est pas lui qui devrait mourir, même s’ils ne se sont jamais vraiment parlé, même s’il l’a ignorée, même s’il n’était pas un bon père, au sens où on l’entend, aimant, attentif, complice et protecteur. Jamais il ne lui a parlé de sa mère. Elle a souvent voulu en discuter mais il n’y avait aucune photo pour se souvenir d’elle, et le jour de la fête des Mères, elle finissait par ne plus rien dire à l’école. Elle n’avait pas de mère, voilà tout. Elle ne faisait pas de cadeaux, elle ne confectio
Marc vient de rentrer. Elle lui dit que son père est à l’hôpital. Il l’embrasse et lui demande des détails. Il la serre dans ses bras. Elle n’a que ça et, à cet instant, cela lui plaît, elle a des bras pour la réconforter, elle s’en veut d’avoir pensé à les quitter, à ne plus les aimer, ils sont là, ces bras, ils ne sont pas parfaits mais ils sont là pour elle et pour perso