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Il hausse les épaules.

— Est-ce que tu imagines une seconde comme tu étais devenue chiante, Rachel ? et laide ? Trop triste pour te lever le matin, trop fatiguée pour prendre une douche ou te laver les cheveux, bordel ! Pas éto

Il passe du mépris à l’inquiétude lorsqu’il se tourne vers sa femme.

— A

— Tu…

A

— Quoi, mon amour ?

— Tu l’as embauchée pour garder Evie ! crache-t-elle. Est-ce que tu la sautais pendant qu’elle travaillait ici ? pendant qu’elle s’occupait de notre enfant ?

Il enlève sa main, et son visage est l’image même du repentir.

— C’était terrible. Je pensais… je pensais que ce serait… Très franchement, je ne sais pas ce que je pensais. Je ne suis pas sûr que je pensais à quoi que ce soit, en réalité. J’ai eu tort. J’ai eu terriblement tort.

Son masque change encore : le voilà maintenant qui ouvre les grands yeux de l’i

— Je ne savais pas, à ce moment-là, A

Sans prévenir, A

— Do

Tom recule légèrement.

— Tout de suite, Tom, do

Mais il n’obéit pas, il s’éloigne tout en berçant l’enfant, il recommence à lui murmurer à l’oreille pour l’aider à se rendormir, alors A

— Il faut que tu te calmes, A

Elle secoue la tête sans s’arrêter. Elle m’attrape les bras, et ses ongles s’enfoncent dans ma chair.

— Comment a-t-il pu faire ça ?

— A

Enfin, elle me regarde, elle me regarde vraiment, et hoche la tête.

— D’accord.

— Va… je ne sais pas. Va l’éloigner de la porte et gagne du temps.

Elle repart à l’intérieur. Je prends une grande inspiration, puis je me retourne et fais quelques pas dans le jardin. Je ne vais pas trop loin, juste sur la pelouse. Je jette un coup d’œil derrière moi. Ils sont toujours dans la cuisine. Je m’éloigne encore. Le vent s’est levé, il fait lourd et un orage ne va pas tarder à éclater. Les martinets volent bas dans le ciel, et je sens l’odeur de la pluie qui arrive. J’adore cette odeur.

Je glisse la main dans ma poche arrière et j’en sors mon téléphone. Mes mains tremblent, il me faut un, deux, trois essais pour parvenir à déverrouiller mon clavier. Je voudrais appeler l’inspectrice Riley, quelqu’un qui me co

— Allons, allons, Rachel, dit-il en me prenant par le bras pour me relever sans difficulté. Évitons de faire n’importe quoi.

Il me ramène dans la maison et je le laisse faire, parce que je sais que ce n’est pas le moment de me débattre, je n’ai aucune chance de m’échapper ainsi. Il me pousse par l’ouverture de la porte coulissante, la referme derrière lui, puis la verrouille. Il jette la clé sur la table de la cuisine. A

A

— Qu’est-ce que je vais faire de toi, Rachel ?

MEGAN

Samedi 13 juillet 2013

Soir

Ce n’est qu’une fois dans la voiture que je m’aperçois qu’il a du sang sur la main.

— Tu t’es coupé ?

Il ne répond pas. Sur le volant, ses jointures sont toutes blanches.

— Tom, j’avais besoin de te parler, dis-je.

J’essaie de prendre un ton conciliant, d’être adulte, mais j’imagine que c’est un peu tard.

— Je suis désolée de t’avoir harcelé comme ça mais, bon sang ! c’était le silence radio ! Tu…

—C’est rien, dit-il, radouci. Je ne suis pas… C’est autre chose qui m’a énervé. Ce n’est pas toi.

Il me regarde et tente de sourire, en vain.

— Des histoires avec mon ex, conclut-il. Tu sais ce que c’est.

— Qu’est-ce qui t’est arrivé à la main ? je demande.

— Des histoires avec mon ex, dit-il encore, la voix mauvaise.

Le reste du chemin jusqu’à la forêt de Corly se déroule en silence.

Nous allons nous garer sur le parking, tout au fond. Nous sommes déjà venus là. Il n’y a jamais grand monde le soir – parfois quelques ados avec des canettes de bière, mais c’est tout. Ce soir, nous sommes seuls.

Tom coupe le moteur et se tourne vers moi.

— Bon, de quoi tu voulais parler ?

Il y a encore des traces d’agressivité dans sa voix, mais elles sont plus diffuses, elles n’éclatent plus dans chaque syllabe. Cependant, après ce qui vient de se passer, je n’ai pas très envie de rester enfermée dans un espace clos avec un homme en colère, alors je lui propose qu’on aille marcher. Il lève les yeux au ciel avec un long soupir mais accepte.

Il fait encore bon ; des nuées de moucherons s’amassent sous les arbres, des rayons de soleil pénètrent à travers les feuilles et baignent le chemin d’une lumière qui paraît venir de sous nos pieds. Au-dessus de nous, des hirondelles bavardent avec frénésie.

Nous faisons quelques pas en silence, moi devant, Tom un peu en retrait. J’essaie de réfléchir à ce que je vais dire, à la façon dont je vais le formuler. Je ne veux pas empirer les choses. Je ne cesse de me répéter que j’essaie simplement de faire ce qu’il faut.

Je m’arrête et me retourne – il se tient tout près de moi.

Il pose les mains sur mes hanches.

— Là ? demande-t-il. C’est ça que tu veux ?

Il a l’air de s’e

— Non, dis-je en me dégageant pour repartir. Pas ça.

Le chemin descend légèrement, de ce côté. Je ralentis et il me rattrape.

— Quoi, alors ?

Grande inspiration. Ma gorge me fait encore mal.

— Je suis enceinte.

Il n’a pas la moindre réaction, son visage reste impassible. On croirait que je viens de le prévenir que je dois passer faire des courses en revenant ou que j’ai rendez-vous chez le dentiste.