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— Qu’est-ce qui se passe ici ? demande-t-il, un demi-sourire aux lèvres. Je dois dire que je ne m’attendais pas en rentrant à vous trouver toutes les deux en train de papoter dans le jardin.

Il parle d’un ton léger, mais je ne m’y laisse pas prendre. Je ne m’y laisserai plus prendre. J’ouvre la bouche, mais je m’aperçois que je ne sais pas quoi dire. Je ne sais pas par où commencer.

— Rachel ? tu comptes me dire ce qui se passe ?

Il libère A

— Qu’est-ce qui t’arrive, cette fois ? Tu es saoule ?

Malgré sa question, je vois dans ses yeux qu’il sait que je suis sobre et, pour une fois, je parie qu’il préférerait que ce ne soit pas le cas. Je glisse une main dans la poche arrière de mon jean pour toucher mon téléphone – il est là, compact et solide, réconfortant, mais je regrette de ne pas avoir eu le bon sens d’appeler à l’aide plus tôt. Qu’on me croie ou non n’a aucune importance : si j’avais dit à la police que j’étais avec A

Tom n’est plus qu’à quelques dizaines de centimètres de moi – nous sommes chacun d’un côté de la porte, lui dedans et moi dehors.

— Je t’ai vu, dis-je.

Prononcer ces mots à voix haute libère alors en moi une satisfaction éphémère mais réelle.

— Tu crois que je ne me souviens de rien, mais tu as tort. Je t’ai vu. Après que tu m’as frappée, tu m’as abando

Il commence à rire mais, désormais, je vois tout, et je me demande comment j’ai pu ne pas réussir à lire si clairement en lui auparavant. C’est de la panique qui est apparue dans ses yeux. Il se tourne vers A

— De quoi est-ce que tu parles ?

— Dans le passage souterrain. Le soir où Megan Hipwell a disparu…

— Oh, et puis quoi encore ? m’interrompt-il en agitant la main avec lassitude. Je ne t’ai pas frappée. Tu es tombée.

Il prend la main d’A

— Ma chérie, c’est pour ça que tu es fâchée ? Ne l’écoute pas, elle raconte n’importe quoi. Je ne l’ai pas frappée. Je n’ai jamais levé la main sur elle de toute ma vie.

Il passe un bras autour des épaules d’A

— Allons. Je t’ai prévenue qu’elle était comme ça. Elle ne sait pas ce qui se passe quand elle boit, alors elle invente la plupart de…

— Tu es monté dans la voiture avec elle. Je vous ai vus partir.

Il sourit toujours, mais sans la moindre conviction désormais, et je ne sais pas si c’est mon imagination, mais il me paraît plus pâle. Il serre A

Tom passe une main sur sa bouche et s’appuie contre le plan de travail de la cuisine, les bras croisés sur la poitrine.

— Tu m’as vu monter en voiture avec qui ?

— Avec Megan.

— Ah, d’accord !

Il recommence à rire, un rire sonore, forcé.

— La dernière fois qu’on en a discuté, tu m’as dit que tu m’avais vu monter en voiture avec A

A

— Tu n’en es pas sûre ? me demande-t-elle.

Tom se laisse tomber à genoux à côté d’elle.

— Mais évidemment qu’elle n’en est pas sûre ! Elle a tout inventé, c’est ce qu’elle fait en permanence. Ma chérie, s’il te plaît. Tu ne veux pas monter un moment à l’étage ? Je vais discuter avec Rachel. Et, cette fois…

Il me lance un regard avant de conclure :

— … je te promets que je vais faire en sorte qu’elle ne nous embête plus.

A

— A

L’espace d’une seconde, perso

— A

— J’ai trouvé le téléphone, Tom, dit-elle d’une voix si étouffée qu’elle en est presque inaudible. Alors arrête, s’il te plaît. Ne mens pas. Ne me mens pas.

La fillette se met à pleurnicher. Très délicatement, Tom la prend des bras d’A

— Où est-il ? demande Tom en se retournant vers nous, sans plus aucune trace d’amusement sur le visage. Le téléphone, A

Il se tourne vivement vers moi.

— C’est toi qui l’as ?

— Je ne sais pas de quel téléphone vous parlez, je réponds, tout en regrettant qu’A

Tom m’ignore.

— A

A

— Où est-il ?

— Je l’ai jeté. Par-dessus le grillage. Près de la voie ferrée.

— C’est bien, très bien, commente-t-il distraitement.

Il essaie de comprendre, de trouver le moyen de se sortir de là, et il me jette un regard. Un instant, il semble abattu.

Enfin, il se tourne vers A

— Tu étais tout le temps trop fatiguée, dit-il. Plus rien ne t’intéressait. Il n’y en avait que pour le bébé. Hein, c’est vrai ? Hein, qu’il n’y en avait que pour toi ? Que pour toi !

Et le revoilà maître de la situation, revigoré, qui fait des grimaces à sa fille en lui chatouillant le ventre pour la faire sourire.

— Quant à Megan, elle était tellement… Elle était disponible. Les premières fois, on est allés chez elle. Mais elle était parano, elle avait peur que Scott nous surpre

Par-dessus son épaule, il me fait un clin d’œil.

— C’est là qu’A

Il déplace sa fille sur son autre bras pour la laisser poser sa tête sur son épaule.

— Tu dois me trouver cruel, mais ce n’est pas ça. Je dis simplement la vérité. C’est ce que tu veux, non, A

A

— Pour être ho

C’est à moi qu’il parle, il me regarde droit dans les yeux.

— Vous n’avez pas la moindre idée d’à quel point c’est épuisant de devoir gérer des gens comme vous. Et, putain, c’est pas faute d’avoir essayé. J’ai tout fait pour vous aider, toutes les deux. Mais vous êtes… Je veux dire, je vous ai aimées toutes les deux, passio

— Va te faire foutre, Tom, s’écrie A

Je la dévisage, et je me rends compte qu’ils vont vraiment bien ensemble, finalement, A

Tom s’approche d’elle et lui murmure d’une voix apaisante :

— Je suis désolé, ma chérie, c’était malho

Elle l’ignore et il s’adresse à moi :

— J’ai fait de mon mieux, tu sais. J’ai été un bon mari pour toi, Rach. J’ai dû supporter beaucoup de choses, ton alcoolisme, ta dépression. J’ai supporté tout ça longtemps avant de jeter l’éponge.

— Tu m’as menti, dis-je, et il paraît surpris. Tu m’as répété que tout était ma faute. Tu m’as fait croire que je n’étais bo