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— Dites-moi, monsieur Juve, êtes-vous co

— J’en doute fort, monsieur, je ne suis en aucune façon ce qu’on appelle une perso

— En arrivant ici j’ai rencontré un tas de gens, des amis, des clients, des co

— Si cela vous gêne, monsieur, nous pourrions marcher à dix mètres l’un de l’autre.

— Ce que j’en dis, ce n’est pas tant pour moi que pour mon frère, je redoute à chaque instant de voir éclater à son sujet un scandale irréparable.

Une superbe limousine venait de s’arrêter non loin d’eux. Une femme, fort élégante, en descendit. Avec des précautions infinies, des soins touchants, elle aida le jeune homme qui l’accompagnait à descendre de voiture. C’étaient Rita d’Anrémont et Sébastien.

La rencontre n’était pas fortuite. Après d’interminables pourparlers, il avait été entendu que les deux frères se rencontreraient ce matin-là au bois de Boulogne, c’est-à-dire en terrain neutre, et qu’ils causeraient librement, seul à seul, en tête à tête.

Juve avait dû user de toute sa diplomatie pour obtenir ce résultat. Rita d’Anrémont ne tenait pas du tout à cette entrevue et Nathaniel Marquet-Mo

Mais Rita d’Anrémont, qui avait pris le bras de l’aveugle pour lui faire faire quelques pas sur le trottoir sablé de l’avenue, avait aperçu Nathaniel et Juve. Elle ne venait pas à leur rencontre. S’ils voulaient s’approcher, libre à eux. Elle semblait parfaitement décidée à les ignorer jusqu’à ce qu’ils fissent le premier pas. Le malheureux aveugle suivait, attaché à elle, errant dans cette foule comme une épave.

— Jamais, murmura le banquier, jamais nous n’arriverons à l’arracher à cette femme.

— Ayez du courage, voyons, monsieur Marquet-Mo

— Je ne peux pas aborder mon frère tant qu’il sera avec cette femme.

— Attendez-moi là, fit Juve.

Puis, se faufilant dans la foule, de plus en plus gaie, de plus en plus nombreuse, il aborda la belle Rita :

— Madame, dit-il, voulez-vous me permettre un instant de prendre le bras de votre ami pour le conduire à qui vous savez.

— Mon frère est là ? demanda Sébastien qui venait de reco

— Oui, monsieur, il vous attend.

Se forçant à sourire pour dissimuler une grimace de dépit, Rita d’Anrémont dut s’incliner :

— Qu’il soit fait comme vous le désirez, monsieur, répondit-elle à Juve. Mais elle ajouta, menaçante :

— Mais je vous en prie, que cela ne dure pas trop longtemps, nous déjeunons tout à l’heure, Sébastien et moi, chez des amis.

Comme il arrivait près de Nathaniel, Juve dit à Sébastien :

— Voici votre frère, causez avec lui.

Puis, par discrétion, Juve s’éloigna, mais sans perdre de vue les deux hommes. Le policier s’était dit que pendant leur conversation il irai parler à la demi-mondaine et tâcherait d’obtenir quelques renseignements. Mais, volontairement ou non, l’entretien paraissait impossible pour le moment. Rita d’Anrémont n’avait pas attendu le retour de Juve. Co

Pendant ce temps, Nathaniel et Sébastien étaient tombés dans les bras l’un de l’autre, et l’aveugle, la tête appuyée sur l’épaule de son aîné, avait sangloté doucement.

Nathaniel s’était mépris sur la nature de cette émotion. Il était convaincu que son frère revenait à de meilleurs sentiments :

— Mon pauvre Sébastien, avait-il déclaré, quel chagrin tu nous as fait et quel mal tu nous fais encore… mais hélas ! Le ciel s’est vengé terriblement, mon pauvre, pauvre enfant. Écoute, maintenant nous nous sommes retrouvés, il ne faut plus nous quitter.

Déjà Nathaniel reprenait le ton autoritaire et brutal qui était l’expression même de son caractère. Et malgré lui il ordo

— Tu vas revenir à Valmondois. Pendant quelque temps, nous ne recevrons perso

Mais à ces mots, Sébastien avait reculé, stupéfait :

— Il était convenu, dit-il, que lorsque nous nous verrions il ne serait pas question de ma vie privée. Je t’ai déjà dit là-dessus ma façon de penser. Tu m’as fait co

— Mon pauvre Sébastien, tu déraiso

— Ah, dit Sébastien, tais-toi, je t’interdis, entends-tu, de parler ainsi d’une femme que j’aime, qui s’est dévouée pour moi, qui se dévoue encore, qui est prête à tout rompre, à tout abando

— Imbécile, tu ne vois donc pas que c’est une coquine, qui te roule, qui te vole.

— Nathaniel, retire ce que tu viens de dire là, ou, de ma vie, je ne te reverrai.

— Elle te vole, te dis-je, elle te compromettra, elle te fera chanter comme une infâme qu’elle est. Je n’ignore pas ce que tu as fait, Sébastien, des emprunts à des usuriers, des traites, des faux.

— Comment sais-tu ?

— Je sais, poursuivit Nathaniel, que cette fille, ta maîtresse, a indignement abusé de ta confiance. Elle a sauvé du feu les documents que tu voulais faire disparaître. Elle les a do

— C’est trop facile d’affirmer. As-tu vu ces traites ?

— Je les ai vues, de mes yeux vues. Elles ont été en ma possession.

— Do

— Je te les do

— Do

Nathaniel fut bien obligé de reco

— Menteur, menteur, hurla Sébastien, lâche accusateur de femme, oui, je me rends compte maintenant de ton désir, de tes projets. Pour me faire abando