Добавить в цитаты Настройки чтения

Страница 40 из 59

— Venez, madame, il faut que nous causions.

Au nez des trois domestiques, Juve referma les portes derrière lui. Il était seul avec M me Marquet-Mo

— D’abord, commençait le policier, rassurez-vous, je vous en prie, dans tout ce qui paraît mystérieux croyez bien que le mystère n’est en réalité qu’apparent. Tout est toujours très simple au contraire.

— Très simple, monsieur ? Dieu vous entende. Mais enfin, l’homme qui marchait sur l’eau ?

— L’homme qui marchait sur l’eau, madame, marchait avec des échasses et c’était votre mari.

— Mon mari ?

— Écoutez, rien ne sert de vouloir nier l’évidence. L’homme qui marchait sur l’eau était votre mari, et ce ne pouvait être que lui. Il fuyait.

— Il fuyait ? de quel terme vous servez-vous ? il fuyait ? devant qui ? pourquoi ?

— Pas si vite. Vous songez bien, madame, à ce qui s’est passé, n’est-ce pas ? Votre mari est entré ici par cette porte, cette unique porte. Quand nous l’avons franchie nous-mêmes, nous n’avons plus trouvé perso

— Peut-être, monsieur. Admettons que c’était mon mari, mais pour qu’il eût agi ainsi, il faudrait évidemment un motif. Rappelez-vous les faits, vous aussi : Nathaniel est passé dans ce cabinet pour serrer dans ce coffre-fort les traites que vous veniez de lui restituer. Pourquoi voulez-vous qu’à ce moment il se soit, comme vous dites, enfui par la fenêtre ?

— Je n’en suis pas encore à vous do

— D’ordinaire je ne les ai pas, mais tout à l’heure, pendant que vous n’étiez pas là, j’ai retrouvé le trousseau de Nathaniel traînant sur le sol. Ouvrez ce coffre-fort vous-même, monsieur, si cela peut vous aider.

Juve n’avait pas attendu la permission. S’emparant du trousseau de clés que lui tendait M me Marquet-Mo

— Voulez-vous venir à côté de moi, madame ? je désire que vous m’assistiez dans la perquisition à laquelle je vais procéder.

Juve ouvrit le battant aux triples épaisseurs de tôle. À peine l’eut-il ouvert que M me Marquet-Mo

***

— Enfin, demandait Juve, que vous est-il donc arrivé ?

— C’est abominable, dit le banquier, tremblant. Au moment précis où j’entrais dans la pièce, vous laissant avec ma femme au salon, au moment où je me retournais pour fermer la porte, j’ai entendu un petit bruit. Surpris, j’ai posé ma lampe sur le bureau et je me suis dirigé vers la fenêtre qui était entr’ouverte, et j’ai regardé. Naturellement, monsieur Juve, j’ai cru m’être trompé. J’étais venu pour serrer ces traites, je continuais à vouloir les mettre en sûreté, vous causiez avec ma femme, je vous entendais. Je suis allé vers mon coffre-fort, je l’ai ouvert.

— Et alors ?

— Alors, tandis que j’étais penché vers le casier du bas, j’ai entendu quelque chose comme un glissement très léger. J’ai voulu me retourner. Trop tard. Un bâillon m’avait été jeté sur la bouche, des cordes me paralysaient les bras et les jambes.

— Mais qui vous a attaqué ?

— Un homme vêtu de noir, portant un maillot collant, un homme dont le visage était invisible à cause d’une longue cagoule noire : Fantômas.

M me Marquet-Mo

— Continuez, dit le policier.

— L’homme me tenait. J’étais d’ailleurs si surpris, que je n’ai guère pu faire la moindre résistance. Il m’a pris par les épaules, m’a enfourné de force dans le coffre-fort. Le bruit que vous avez entendu était évidemment causé par sa précipitation à rabattre la porte. L’homme qui a fui en marchant sur l’eau, c’était le bandit.

— Et les traites ?

— Il les a volées.

Juve, pendant toute la nuit, causa avec Nathaniel Marquet-Mo

Au petit jour, Juve reprit le train dans la direction de Paris. L’aube se dessinait, rougeâtre. Mais tandis que Juve fixait des yeux les nuages flamboyants, il croyait voir se profiler sur eux, dominant tout, commandant a tous, impérieuse et maléfique, une silhouette noire, la silhouette d’un homme au visage caché derrière une cagoule noire.

17 – FRÈRES ENNEMIS

Les équipages venant des quartiers élégants, de l’Étoile, du Parc Monceau affluaient autour des Acacias. C’étaient des automobiles somptueuses, quelques victorias aux modèles déjà sura

Sous les ombrages passaient des cavaliers, cependant que les hommes lorgnaient du coin de l’œil les formes des femmes moulées dans leur amazone. Les piétons étaient plus nombreux et c’est à peine, par moments, si l’on pouvait circuler sans encombre dans ces Acacias où des groupes se formaient, animés perpétuellement, en conversation joyeuse, alors que d’autres, réduits à deux : l’homme et la femme, échangeaient des propos, sans nul doute très tendres.

Un homme qui paraissait dépaysé au milieu de tous ces oisifs, c’était bien le policier Juve.

À onze heures précises, avec l’exactitude d’un être actif et qui a de nombreuses occupations, l’inspecteur de la Sûreté était arrivé à l’entrée du Bois, sortant modestement de la station de métro « Dauphine ». De son grand pas souple et cadencé, Juve était allé jusqu’aux Acacias et dès lors, arpentant l’avenue avec une impatience non dissimulée, il fouilla du regard les groupes des passants, interrogeait de l’œil le contenu des voitures. Visiblement, Juve attendait quelqu’un et ce quelqu’un était en retard.

Le policier ne négligeait pas sa surveillance et assurément, si la perso

Depuis quelques jours les événements s’étaient déroulés autour de lui, tragiques, nombreux, presque sans interruption. Ils affectaient tous un même caractère, celui du mystérieux, de l’incompréhensible.

Tandis que le policier arpentait l’avenue des Acacias, quelqu’un faisait le même chemin dans le sens inverse.

Les deux hommes n’allaient pas tarder à se rencontrer. Le retardataire n’était autre que Nathaniel Marquet-Mo