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— Mon pauvre Bec-de-Gaz, je suis bien désolé à l’idée que tu vas me quitter pour le champ de navet.

— Encore un saladier ? Œil-de-Bœuf.

— Encore un, Bec-de-Gaz.

Cependant que ce dialogue s’échangeait à une table, à l’autre, dans un groupe mystérieusement composé du Bedeau, de Mort-Subite et de Fleur-de-Rogue en pleine lune de miel avec le redoutable so

— Et ça n’est pas fini, avait-il déclaré au Bedeau qu’il avait pris à part, ça ne fait que commencer. D’ici quelques jours la bande des Ténébreux sera reconstituée et alors on verra ce qu’on verra.

Cependant, dans la rue sombre, sur le bord des terrains vagues, deux femmes discutaient mystérieusement. C’était Marie Bernard et la vendeuse de fleurs, que la pègre désignait sous le surnom de la Guêpe, en raison de la finesse de sa taille.

L’excellente mère de famille, la digne épouse du terrassier expliquait à la jolie fille :

— Crois-tu que ce n’est pas incompréhensible cette affaire-là ? Mon loyer n’est pas payé et ceux des locataires non plus, et pourtant, on a toutes do

— Cela m’éto

Mais, à ce moment même, un groupe de femmes et d’enfants s’ameutaient au coin du passage de la Renaissance sous l’inspiration du chemineau Bouzille :

— La voleuse, la voleuse, criait-on sur l’air des lampions, cependant que la voix du chemineau, dominant le tumulte, hurlait :

— Je co

La petite troupe tapageuse s’éloignant du terrain vague parvint au carrefour de la place du Danube, méditant de pénétrer dans le métro. La police veillait, son attention avait été attirée par les clameurs. Et, en dépit des protestations, des explications confuses qu’elles do

La Guêpe savait maintenant à quoi s’en tenir.

Et la jolie fleuriste considérait d’un air désolé la pauvre mère de famille qui pleurait toutes les larmes de son corps à l’idée qu’elle allait peut-être être expulsée le lendemain. La Guêpe, lentement, fouilla dans sa poche, en sortit une poignée de mo

— Prends, dit-elle, et ne dis rien.

— Mais, s’écria Marie Bernard, c’est de l’or, rien que des pièces d’or. Tu me do

— Prends, cet argent est pour toi.

Puis, la fleuriste, craignant sans doute d’en avoir trop dit, s’éloigna à grands pas, laissant Marie Bernard interdite derrière elle.

La Guêpe, toutefois, s’en allait le cœur plus léger ; l’or qu’elle venait de do

6 – UNE FILATURE

— Ouf, fit Juve.

Le policier, anéanti, se laissa tomber sur le grand fauteuil de cuir, seul meuble confortable qui se trouvât dans son bureau de travail. Il venait de remonter les quatre étages de son appartement de la rue Bonaparte et il s’apprêtait à goûter, avec une évidente satisfaction, le charme de quelques heures de repos.

Il était deux heures de l’après-midi. Depuis plusieurs jours, l’inspecteur de la Sûreté n’avait pas arrêté, multipliant ses enquêtes, organisant ses filatures, allant, venant interrogeant, s’efforçant de faire la lumière sur le mystérieux drame qui avait ému non seulement les habitants de la villa Saïd, mais encore tout l’élégant quartier de l’avenue du Bois-de-Boulogne et de l’Étoile.

La veille, alors qu’il était en pleine enquête, Juve avait été soudain appelé au dehors de l’hôtel habité par Rita d’Anrémont et l’infortuné Sébastien. Un de ses agents lui apportait une carte sous enveloppe fermée et Juve s’était précipité hors de l’hôtel, puis de la villa, pour se rendre au coin de la rue Pergolèse.

Là, un homme l’attendait à qui le policier serra chaleureusement la main :

— Fandor, mon bon Fandor, s’était écrié Juve, que deviens-tu ? que se passe-t-il ? As-tu donc quelque chose d’urgent à me dire ? Tu co

— Naturellement, répliqua le journaliste, et c’est pour cela que je viens, ou plutôt pour autre chose. Mais j’ai comme une vague idée qu’il y a un lien… Juve, je viens de voir lady Beltham et je sais où elle demeure.

— Lady Beltham, eh bien, en voilà une affaire.

Le journaliste, à mots rapides, lui dit la rencontre qu’il venait de faire, le matin même, la découverte que la trésorière de l’Œuvre des Loyers, la pieuse M me Gauthier, de la rue des Mathurins, n’était autre que lady Beltham.

Juve et Fandor en étaient arrivés à cette conclusion le soir même : sitôt que Juve aurait terminé ses interrogatoires à la villa Saïd, ils s’en iraient tous deux rue des Mathurins, se feraient recevoir de gré ou de force par la grande dame, et, tablant sur ce fait qu’elle devait être repentante et prête à s’amender, ils obtiendraient d’elle une alliance qui leur permettrait de rattraper plus facilement l’insaisissable Fantômas.

Quelques heures plus tard, Juve et Fandor s’étaient rendus rue des Mathurins. Mais lorsqu’ils parvinrent à l’appartement de M me Gauthier, encore une fois, il était trop tard.

Que s’était-il passé ? Oh, la chose était simple. On la racontait dans le quartier avec des commentaires peu flatteurs pour la locataire du 149. M me Gauthier était partie avec l’argent de l’Œuvre des Loyers.

La présidente, M me Marquet-Mo

— Que veux-tu, s’était écrié Juve, nous ne sommes pas plus avancés désormais que nous ne l’étions hier. Retourne surveiller les apaches. Moi je suis obligé de parer au plus pressé, il faut d’ailleurs que je retourne immédiatement à la villa Saïd où il va se passer quelque chose d’important.

Juve, en effet, savait qu’à dix heures du soir le frère de l’infortuné Sébastien, M. Nathaniel Marquet-Mo

M. Nathaniel Marquet-Mo

L’entrevue des deux frères n’avait duré que quelques minutes. Le docteur interdisait à Sébastien toute conversation. Il redoutait pour lui la moindre émotion. Et Nathaniel, sur les conseils même de Juve, s’était abstenu de paraître pendant deux jours. Or, ce soir-là, il était revenu à la Villa Saïd. Le banquier, ému, demeura longtemps devant l’hôtel, attendant qu’on vînt lui ouvrir. Enfin la porte s’entrebâilla, une femme apparu : Rita d’Anrémont. Elle considéra le visiteur d’un air glacial :