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Depuis quelques jours déjà son cœur d’épouse avait éprouvé quelques angoisses, car elle soupço

Avec un air courroucé, M meHéberlauf se retourna vers son mari.

— Restez ici, monsieur Héberlauf, ordo

M. Héberlauf haussa les épaules :

— Pure coïncidence sans doute, déclara-t-il, je vous assure, madame Héberlauf, que je ne m’étais même pas aperçu de la présence de cette… perso

— Ouais, fit M meHéberlauf, vous êtes bien trop hypocrite pour l’avouer…

Et comme son mari ne disait mot, elle ajouta :

— Je vous préviens, d’ailleurs, que si vous entretenez la moindre relation avec la danseuse d’en face, et cela je le saurai, car je ne suis pas pour rien un ancien chef de la police, vous aurez sur les doigts. D’abord, nous quitterons le pays immédiatement.

— Quitter le pays, s’écria M. Héberlauf, ce serait véritablement de la folie. Depuis que le sort aveugle nous a injustement frappés, nous n’avons jamais vécu d’heures aussi calmes et aussi fortunées qu’en ce moment présent.

M meHéberlauf, malgré son courroux et sa mauvaise humeur ne put s’empêcher d’approuver d’un léger hochement de tête.

… Qu’était-ce donc que les Héberlauf ?

C’était un couple étrange et quelque peu déplacé, semblait-il, dans ce milieu élégant, riche et aristocratique qui constitue la clientèle habituelle du pays avoisinant le rocher monégasque.

M. Héberlauf pouvait avoir une cinquantaine d’a

Curieuse destinée que celle des Héberlauf.

M. Héberlauf, il y avait quelque trente ans, avait débuté en qualité de pasteur. Il avait rencontré dans sa paroisse une fille de petits négociants qu’il avait épousée.

Grâce à l’ingénieuse activité de sa femme, le pasteur quitta rapidement le village où il exerçait son ministère et vint à Glotzbourg, à la Cour de Hesse-Weimar. Obtenant peu à peu les bo

M. Héberlauf portait le titre, mais c’était en réalité M meHéberlauf qui exerçait les fonctions. Un jour, ce mari voulut agir par lui-même, mais, malheureusement, il commit de telles erreurs qu’on lui imposa sa démission et qu’il dut quitter le pays en toute hâte.

Les Héberlauf, très désemparés, coururent alors le monde, errèrent de Berlin à Londres, de Londres à Paris.

Ils s’arrêtèrent à Monaco et, séduits par le charme de la Cote d’Azur, désireux de s’y fixer définitivement, ils y ouvrirent une pension de famille.

La pension était ouverte déjà depuis deux mois, et les Héberlauf avaient une pensio

C’était une jeune fille élégante, blonde, aux grands yeux mystérieux et rêveurs. Elle paraissait une vingtaine d’a

M lleDenise.

C’était tout ce que l’on savait d’elle. Elle écrivait peu, elle ne recevait jamais de lettres.

Néanmoins, la conduite, les apparences de la pensio

Elle était même hautaine et l’on sentait, rien qu’à son regard, rien qu’à son attitude, que quiconque lui aurait manqué de respect se serait fait mal recevoir.

M meHéberlauf, voyant que la menace avait porté sur son énigmatique et placide mari, persistait dans ses affirmations :

— Oui, monsieur Héberlauf, si vous voulez vous traîner dans la débauche, nous quitterons le pays en dépit des affaires brillantes que nous sommes sur le point de réaliser.

— Oui, madame Héberlauf, en effet, pour peu que cela continue, nous allons vite nous enrichir. Nous n’avons certes qu’une cliente pour le moment, mais elle paie largement et nous amènera certainement d’autres pensio

À cette éventualité, M meHéberlauf se rassérénait :

— M. Norbert du Rand, disait-elle, je l’espère bien aussi, il ne manque pas une seule des parties de te

Héberlauf se frottait les mains.

— S’ils ont envie de se marier, nous n’y verrons pas d’inconvénients, loin de là. Me souvenant de mon ancien ministère, j’aurai plaisir à bénir leur union.

— Héberlauf, grommela son épouse, vous ne faites pas la moindre attention à ce que vous dites, vous semblez tout prêt à accorder le saint sacrement du mariage à des gens dont vous ne co

— Peu importe, M meHéberlauf, peu importe, notre pensio

Puis le perso

— Madame Héberlauf, je descends à la cave pour compter les bouteilles de vin.

***

Il était trois heures de l’après-midi et le te

M lleDenise, la mystérieuse jeune fille, unique pensio

Elle était très simplement vêtue d’un complet de flanelle rayée et coiffée d’un béret blanc que maintenaient, à sa chevelure d’or, deux grosses épingles.

Avec animation, elle achevait une partie, ayant pour partenaire une autre jeune fille qui venait volontiers en voisine faire une heure de sport avec elle.

Cette jeune perso

Le cercle des joueurs se complétait d’ailleurs par quelques autres perso