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– Il faudra pourtant bien que j’arrive à m’en débarrasser, mâcho

Chose curieuse étant do

– Où est M. Buteau ?

– Dans le salon des Laques, je crois ? Il attend le dîner…

– Je vais l’emmener avec moi…

– Madame va dîner seule ?

– Madame fera ce qu’elle voudra : moi je sors ! Ah… j’allais oublier ! À l’avenir, Zaccaria, on ne mettra plus le couvert dans le salon des Laques mais dans celui des Tapisseries. Et que Madame n’essaie pas de modifier cet ordre sinon je ne prendrai plus un seul repas avec elle. Tu préviendras Cecina.

– Je me demande comment elle va prendre ça. Vous n’allez tout de même pas la priver de faire votre cuisine ? Elle aime tellement vous gâter !

– Tu crois que ça ne me priverait pas, moi ? fit Morosini avec un sourire. Fais en sorte que je sois obéi. Je crois d’ailleurs que ni Cecina ni toi n’aurez besoin de beaucoup d’explications.

Zaccaria s’inclina sans répondre.

Guy Buteau non plus n’avait pas besoin d’explication. Pourtant, Aldo ne put s’empêcher de la do

– Je ne supporte plus l’idée de la voir trôner dans cette pièce, à mi-chemin entre le portrait de ma mère et celui de tante Felicia. Depuis mon retour, j’ai l’impression que leurs regards se sont faits accusateurs !

– Ne vous mettez pas ce genre d’idée en tête, Aldo ! Vous êtes victime… et seulement victime d’un pénible enchaînement de circonstances, mais là où elles sont, ces hautes dames savent bien que vous n’y êtes pour rien.

– Croyez-vous ? Si je n’avais pas joué les paladins stupides dans les jardins de Wilanow et dans le Nord-Express, sans compter mes exploits à Paris et à Londres, je n’en serais pas là.

– Vous étiez amoureux : cela explique tout ! Et maintenant ? Comment comptez-vous vous en sortir ?

– Je ne sais pas trop. Je vais me contenter d’attendre les suites de mon procès devant Rome. À chaque jour suffit sa peine et je voudrais bien, à présent, m’occuper du rubis de Jea

– Avez-vous reçu des nouvelles de Simon Aronov ?

– C’est Adalbert qui devrait en recevoir et il ne m’a pas encore do

Comme si le fait de l’évoquer l’avait attiré, une lettre de l’archéologue attendait le lendemain sur le bureau de Morosini. Une lettre que le destinataire jugea inquiétante. Vidal-Pellicorne lui-même ne cachait pas son propre souci. Non sans raison : la correspondance avec le Boiteux s’effectuait toujours via une banque zurichoise, ce qui garantissait l’imperso

– Eh, bon sang, il n’a qu’à venir jusqu’ici ! roncho

Il en avait une, justement, qui l’occupait ce jour-là, et remettait à plus tard l’examen du problème. Il aurait bien téléphoné à Adalbert mais espio

Sans parvenir à se vider l’esprit de cette nouvelle inquiétude, Aldo gagna l’hôtel Danieli où il avait rendez-vous avec une grande dame russe, la princesse Lobanof, aux prises comme beaucoup de ses semblables avec des difficultés financières. Des difficultés qui pouvaient se multiplier à l’infini quand la dame en question aimait le jeu. Détestant profiter de la détresse des autres, surtout d’une femme, le prince-antiquaire s’attendait à payer un prix important pour des bijoux qu’il aurait peut-être le plus grand mal à revendre avec un bénéfice même modeste.

Cette fois, pourtant, il ne regretta pas sa visite : on lui offrit un nœud de corsage en diamants ayant appartenu à l’épouse de Pierre le Grand, l’impératrice Catherine Ire. C’était peut-être l’ancie

Sachant à qui elle avait affaire, la grande dame russe avança un prix, élevé mais assez raiso

Il n’aimait certes pas beaucoup le thé, mais celui-là « à la russe », il le détestait. Aussi songeait-il, en quittant l’hôtel, à se rendre sur la piazza San Marco voisine pour y boire au café Florian quelque chose de plus civilisé. Il descendait le grand escalier gothique et se dirigeait vers la sortie du palace lorsque quelqu’un le rattrapa :

– Veuillez me pardo

– En effet… mais quel plaisir inattendu de vous rencontrer à Venise, baron !

Il avait reco

– En fait, je croisais dans l’Adriatique et j’hésitais à venir vous voir quand mon yacht a tranché la question au moyen d’une pa

– Bien sûr. Voulez-vous venir chez moi… ou bien préférez-vous rester ici où je suppose que vous êtes descendu ?

– Si je ne vous avais rencontré je serais allé au palazzo Morosini, mais êtes-vous sûr de votre entourage ? J’ai à vous dire des choses assez graves.

– Non, répondit Aldo pensant à la curiosité sans cesse en éveil – voire à l’indiscrétion ! – d’Anielka. Il serait peut-être préférable de rester ici. Les endroits tranquilles n’y manquent pas.

– Je me méfie un peu de ces endroits-là où l’on est seuls dans une pièce vide, donc obligés de baisser la voix, et où, de ce fait, on attire l’attention. C’est encore au milieu d’une foule que l’on est le plus isolé.

– J’allais boire un café chez Florian. Là, vous aurez toute la foule désirable, fit Aldo avec son sourire en coin.

– Pourquoi pas ? …

Les deux hommes, salués par les grooms, gagnèrent l’établissement qui était à lui seul une véritable institution. L’après-midi tirait à sa fin et la terrasse était pleine, mais le directeur, qui co